Communiqués de presse 97/45

CommuniquÈs de presse

 Archives 1997


Communiqué de presse 97/45

LA JOURNEE MONDIALE DE L’ALIMENTATION
CELEBREE DANS PLUS DE 150 PAYS

ALLOCUTIONS, AU SIEGE DE LA FAO, DU ROI DU NEPAL, INVITE D’HONNEUR, DU MINISTRE ITALIEN DES A.E. ET DU DIRECTEUR GENERAL DE LA FAO


UN MESSAGE DE JEAN-PAUL II A ETE LU PAR Mgr WAGNER



Rome, 16 octobre 1997. - La Journée mondiale de l’alimentation (JMA) a été célébrée aujourd’hui dans plus de 150 pays sur le thème: “Investir dans la sécurité alimentaire”. Des manifestations diverses ont marqué cette journée qui vise à sensibiliser l’opinion mondiale au problème de la faim tout en soulignant la nécessité d’investir davantage dans le secteur agricole afin d’aider les communautés rurales du monde en développement à accroître leur production agricole et alimentaire.

Le Roi du Népal, Sa Majesté Birendra Bir Bikram Shah Dev, invité d’honneur de la cérémonie qui s’est tenue ce matin au Siège de la FAO, a prononcé une allocution remarquée sur le thème de la JMA. C’est la première fois qu’un Roi est invité à cette cérémonie. Des discours importants ont également été prononcés par M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, et M. Lamberto Dini, Ministre italien des affaires étrangères. Un message du Pape a été lu par Mgr Alois Wagner, Observateur permanent du Saint-Siège auprès de la FAO.

Sa Majesté Birendra Bir Bikram Shah Dev a souligné le paradoxe de la pénurie alimentaire persistante dans les villes et les campagnes du monde en développement où la faim tue, selon les estimations, 18 millions de personnes par an, cependant que la production céréalière mondiale est largement suffisante pour couvrir la consommation. Encore faut-il qu’elle soit équitablement distribuée.

Evoquant la situation en Asie du Sud, qui abrite “près de la moitié des pauvres de la planète”, le Roi du Népal a déclaré que les deux-tiers des enfants de cette région souffraient d’un poids insuffisant à la naissance, soit le taux le plus élevé du monde. Il a déploré le cercle vicieux de la sous-alimentation qui se transmet de génération à génération et dénoncé la discrimination alimentaire qui, au sein des familles, favorise les enfants de sexe masculin au détriment de leurs soeurs, les futures mères.

De son côté, le Directeur général de la FAO a rappelé que le Sommet mondial de l’alimentation (novembre 1996) avait mis l’accent sur le rôle que joue l’investissement pour assurer la sécurité alimentaire notamment en matière de production vivrière et d’accès à la nourriture.

Selon M. Diouf, il est probable que près des trois-quarts des investissements nécessaires dans l’agriculture des pays en développement dans les années à venir seront constitués par le travail et les fonds que les agriculteurs eux-mêmes consacreront à l’amélioration des ressources en terres, à l’acquisition de nouveaux équipements, ainsi qu’à l’accroissement et à l’amélioration des troupeaux et des plantations, et par l’investissement privé dans la chaîne alimentaire qui fait suite à la production.

Toutefois, a noté M. Diouf, des investissements publics s’élevant à environ 41 milliards de dollars par an seront nécessaires pour instaurer et maintenir les conditions requises pour des investissements rentables du secteur privé dans l’agriculture.

Tout en déplorant la baisse constante, au cours des dix dernières années, de l’aide extérieure à l’agriculture, M. Diouf a indiqué que si la part de l’aide bilatérale et multilatérale devait rester inchangée, environ 15 milliards de dollars par an seraient nécessaires pour soutenir les investissements publics dans les pays les plus pauvres.

Le ministre italien des AE, M. Dini, a souligné, pour sa part, l’aspect à la fois moral et politique du combat contre la faim et la pauvreté et lancé un appel en faveur de la rationalisation et du regroupement des efforts actuellement déployés au niveau bilatéral et par le truchement des organisations internationales.

Dans son message, le Pape Jean-Paul II met l’accent sur le partage effectif des ressources: -“Il faut des conditions politiques, économiques et environnementales appropriées pour assurer un niveau de sécurité alimentaire constant et adéquat. Traduit en termes de relations internationales, cela signifie porter l’attention sur l’engagement individuel et collectif à concevoir des moyens pratiques permettant d’assurer un partage effectif des ressources, afin que chacun se sente responsable de son prochain - qu’il s’agisse d’une personne, d’une communauté, d’une nation ou d’un Etat.”

Célébrée chaque année le 16 octobre, date anniversaire de la fondation de la FAO à Québec (Canada), la JMA a été instituée par la Conférence de la FAO en 1979 pour sensibiliser l’opinion mondiale au problème de la faim et de la malnutrition, encourager la recherche de solutions durables à ce problème et stimuler la production alimentaire.


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