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Communiqué de presse 97/66
NOURRIR LES VILLES DE DEMAIN
La FAO invite les bailleurs de fonds à soutenir son action en matière
d’approvisionnement alimentaire des villes et de distribution des aliments en milieu
urbain
Rome, 13 novembre.- L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
(FAO) a annoncé, aujourd’hui, le prochain lancement de la phase II d’un programme
d’action en faveur de la sécurité alimentaire des villes et invité
les bailleurs de fonds à lui manifester leur soutien.
La phase I (1995-1997), appelée “Approvisionnement et distribution alimentaires
des villes de l’Afrique francophone”, a été financée par la France,
l’Italie et la FAO. Plusieurs institutions internationales et nationales de développement
et de recherche y ont également contribué. A présent, la FAO souhaite
étendre son action au reste de l’Afrique subsaharienne, à l’Afrique du
Nord et au Proche-Orient, à la région Asie-Pacifique, à l’Amérique
latine et aux Caraïbes ainsi qu’à l’Europe centrale et orientale.
Cette initiative s’insère dans le cadre du suivi du Sommet mondial de l’alimentation
(novembre 1996) qui a considéré prioritaire l’amélioration de l’efficacité
des systèmes de commercialisation et d’échanges entre les zones de production
et de consommation, en vue d’améliorer l’accès aux aliments et, par voie
de conséquence, la sécurité alimentaire dans les pays en développement
et en transition.
La croissance urbaine s’accélère. On estime que 61 pour cent de la population
mondiale habitera dans les villes d’ici à 2025. En Afrique, les villes abriteront
près de 60 pour cent de la population totale, contre 20 pour cent seulement
dans les années 60. En Amérique latine, le problème se pose moins
en terme de croissance rapide des centres urbains qu’en terme d’alimentation d’une
ù„† 0û»¿en 2025, serô¢`85 pour cent urbaine.
Dans les pays en transition économique de l’Europe centrale et orientale, les
niveaux d’urbanisation pourraient atteindre 75-80 pour cent en l’an 2025 malgré
des taux de croissance urbaine souvent inférieurs à 1 pour cent.
L’annonce de la prochaine extension de l’action de la FAO en matière d’approvisionnement
alimentaire des villes et de distribution des aliments en zone urbaine a été
faite au cours d’un séminaire organisé en marge de la tenue à Rome
de la 29ème session de la Conférence de la FAO.
M. Olivio Argenti, expert en systèmes d’approvisionnement et de distribution
alimentaires (SADA), a indiqué que plusieurs institutions et pays donateurs
avaient applaudi à l’initiative de la FAO dans les villes d’Afrique de l’Ouest
et exprimé leur appui à son extension à d’autres zones géographiques.
Il a précisé que “le nombre des pays qui bénéficieront des
activités et de l’assistance de la phase II dépendra
de l’intérêt de chaque pays et du niveau de l’appui financier des bailleurs
de fonds”.
“Approvisionnement et distribution alimentaires des villes” s’adresse directement
aux institutions suivantes: collectivités locales, administrations publiques,
chambres consulaires, associations de consommateurs, commerçants, producteurs,
transporteurs, ONG, instituts de recherche, marchés de gros et de détail
et organismes financiers. Les principaux bénéficiaires sont les consommateurs
urbains les moins aisés, les petits et moyens commerçants et entrepreneurs
ainsi que les producteurs de denrées alimentaires.
Le rôle du secteur privé sera essentiel. “L’action directe des administrations
publiques n’ayant pas été probante, il est urgent de mettre à la disposition
du commerce alimentaire privé des services et des infrastructures efficaces
et bien gérées, d’établir un cadre juridique et réglementaire
approprié, de stimuler les investissements privés et d’offrir l’appui nécessaire
à la satisfaction, au moindre coût, d’une demande alimentaire croissante”,
indique-t-on à la FAO.
L’objectif à court terme est la prise en compte adéquate de l’approvisionnement
et de la distribution alimentaires dans la formulation de politiques, stratégies
et programmes-cadre d’investissement et de développement des SADA. A moyen et
long terme, les objectifs sont notamment une meilleure disponibilité des denrées
alimentaires en matière de prix, volume, variété et qualité,
une meilleure connaissance des opportunités de marché, une meilleure capacité
de gestion, un accès plus facile aux aliments pour les populations urbaines
les moins aisées, un rôle plus important pour la production alimentaire
nationale dans la consommation urbaine. En outre, une meilleure intégration
des producteurs de denrées alimentaires au marché est de nature à
stimuler la production nationale grâce à des prix de revient plus rémunérateurs
et de faibles prix au consommateur.
La stratégie d’un tel programme s’appuie à la fois sur l’information et
la documentation, les compétences locales, la collaboration entre secteurs public
et privé aux niveaux national, régional et interrégional et une approche
interdisciplinaire et intersectorielle. Parallèlement, il convient de promouvoir
la recherche et la réflexion ainsi que les échanges d’expériences
entre décideurs, planificateurs et spécialistes d’une même région.
Selon M. Argenti, coordonnateur de ce programme, “les principaux défis des
décennies à venir seront de répondre efficacement à la demande
d’aliments croissante dans les villes, de réduire la dépendance des importations
et de distribuer efficacement des produits alimentaires nutritifs et peu coûteux
aux populations urbaines tout en créant des emplois dans les secteurs de la
commercialisation et de la distribution; en somme, des SADA à la fois dynamiques
et efficaces sont indispensables pour améliorer la sécurité alimentaire
des consommateurs urbains, notamment les plus démunis”.
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