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Communiqué de presse 98/02
INFESTATION DE LUCILIES BOUCHERES EN IRAK
Le danger menace les pays limitrophes, selon la FAO
Rome, 15 janvier.- Une infestation de lucilies
bouchères (Chrysomya bezziana) est signalée en
Irak et menace, si elle n'est pas éradiquée
à temps, de s'étendre aux pays limitrophes du
Moyen-Orient, met en garde l'Organisation des Nations unies
pour l'alimentation et l'agriculture dans un
communiqué diffusé aujourd'hui.
Quelque 50 000 cas ont été
enregistrés dans 12 provinces irakiennes sur les 18
que compte ce pays, contre 31 000 cas signalés au
cours des 15 mois précédents. L'infestation a
également été détectée en
Iran et des larves de lucilie bouchère ont même
été découvertes sur le cadavre d'un
animal au Koweit.
La lucilie bouchère représente une grave
menace pour le bétail, les animaux domestiques, la
faune sauvage et même pour l'homme. Elle s'attaque
principalement au bétail, entraînant des pertes
énormes pour les éleveurs et le secteur
agricole. Cette mouche pond ses oeufs dans les plaies et
piqures de tiques des animaux ou dans des orifices comme
ceux des oreilles ou du nez. Les oeufs éclosent pour
donner des larves qui dévorent la chair de l'animal
hôte, élargissant ainsi la plaie. D'autres
mouches et d'autres parasites viennent infester la plaie et
souvent, si la victime n'est pas soignée, elle meurt
au bout de quelques jours. Des bovins en pleine force de
l'âge peuvent succomber en une dizaine de jours.
En décembre dernier, la FAO et l'Organisation
de développement agricole arabe ont organisé
un séminaire à Damas en présence de
représentants des pays affectés ou
menacés par la lucilie bouchère. Les
participants ont recommandé un plan
d'éradication de deux ans d'un coût de 7,3
millions de dollars, incluant des contrôle sanitaires
et l'utilisation de pesticides. La FAO a déjà
alloué 400 000 dollars à cet effet et les
Pays-Bas ont accordé un don de 600 000 dollars. Des
discussions sont en cours avec des institutions
financières.
Le séminaire de Damas a souligné la
nécessité d'un effort concerté au
niveau régional notamment en ce qui concerne les
mouvements de troupeaux à travers les
frontières. Les pays les plus à risque sont
la Jordanie, l'Arabie saoudite et la Syrie alors que le
Liban, Bahrein, Qatar, les Emirats arabes unis et la Turquie
pourraient être également menacés si la
lucilie bouchère n'était pas rapidement
éradiquée.
Entre 1989 et 1992, la FAO avait mobilisé
l'aide internationale et lancé un programme
d'éradication de la lucilie bouchère en Libye,
qui avait été un succès.
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