Communiqués de presse


 Archives 1998


Communiqué de presse 98/04

EPIZOOTIE DE PESTE PORCINE AFRICAINE AU CAP-VERT

La FAO recommande des mesures sanitaires d'urgence et met en garde contre l'extension de la maladie


Rome, 16 février 1998 -- Une grave épizootie de peste porcine africaine (PPA) s'est déclarée au Cap-Vert, nécessitant des interventions sanitaires d'urgence, annonce aujourd'hui l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui met en garde contre l'extension de la maladie à d'autres pays de l'Afrique de l'Ouest.

Selon l'expert de la FAO Kris Wojciechowski, de retour à Rome au terme d'une mission d'évaluation sur place, l'épizootie a été constatée dans la plupart des régions rurales de l'archipel. Sur les neuf îles habitées de l'archipel, qui en compte dix, des taux de mortalité élevés de la population porcine ont été signalés. Les îles les plus touchées sont Maio et Fogo où les taux de mortalité avoisinent 80-90 pour cent et 70-80 pour cent respectivement ainsi que l'île de São Tiago.

La PPA est une maladie virale des porcs extrêmement contagieuse et qui se caractérise, en situation épidémique, par des taux de mortalité élevés. Elle se transmet d'un animal malade ou guéri, mais resté porteur du virus, à un animal sain par contact direct et par ingestion d'ordures infectées, de carcasses d'animaux infectés et d'excrétions d'animaux (urine, fèces, sang...).

Les porcs atteints de PPA ont de la fièvre et présentent des tâches de couleur rouge sur la partie ventrale du corps et l'extrémité des oreilles. Ils titubent et ont parfois des diarrhées sanglantes. La maladie, une fois déclarée, dure de 6 à 12 jours et se termine presque toujours par la mort.

La PPA n'infecte pas les humains mais la consommation de viande et de charcuterie de porcins infectés peut provoquer des problèmes majeurs de santé (salmonelloses...).

Il n'existe pas de vaccin contre la PPA. Le seul moyen de lutte est l'éradication par l'abattage et la destruction de tous les porcs de la zone infectée. Les élevages des régions voisines doivent être mis en quarantaine et le déplacement ou le transport des porcs doit être interdit.

La FAO vient de lancer, dans le cadre de son Système de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontalières des animaux et des plantes (EMPRES), une série d'initiatives non seulement pour aider le gouvernement du Cap-Vert à éradiquer l'épizootie mais aussi pour renforcer les mesures préventives contre la PPA dans neuf autres pays de l'Afrique de l'Ouest: Burkina Faso, Cameroun, Côte-d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia et Sénégal. Ces actions nécessitent toutefois le soutien des donateurs et l'appui de la comunauté internationale.

"Etant donné qu'il n'existe pas de vaccin contre la peste porcine africaine, les mesures préconisées par la FAO sont essentiellement d'ordre sanitaire", a déclaré M. Yves Cheneau, Chef du service de la santé animale à la FAO.

"Il convient d'abattre tous les animaux porteurs du virus de la PPA et d'instaurer une surveillance clinique et épidémiologique de la maladie aussi étroite que possible. Mais pour réussir, le programme de lutte doit être assorti d'une bonne campagne médiatique de sensibilisation de toutes les parties concernées, notamment les éleveurs. A cet égard, l'action des mass médias sera déterminante", a souligné M. Cheneau.

Il convient, en outre, de prohiber les mouvements et le commerce des porcs malades ainsi que la consommation des produits dérivés (viande et abats). Les services de contrôle dans les ports et aéroports doivent rester vigilants et empêcher la circulation des porcs. Ceux-ci doivent être rassemblés dans des enclos pour prévenir la dissémination de la maladie. De telles mesures sont difficiles à mettre en oeuvre sans la coopération des éleveurs et des communautés rurales.

"Si la maladie devait se propager dans tout le pays, la quasi totalité de la population porcine pourrait disparaître; une véritable catastrophe quand on sait que le porc fournit, à lui seul, la moitié de la viande produite par le pays et qu'il est un élément de base de la sécurité alimentaire des populations défavorisées, la viande porcine étant encore meilleur marché que celle de poulet", a déclaré M. Wojciechowski.

Le montant des indemnités compensatoires à payer aux éleveurs en cas d'abattage sanitaire généralisé pourrait atteindre, selon certaines estimations, quelque 3,5 millions de dollars, a indiqué M. Wojceichowski précisant que ce chiffre n'incluait pas les coûts socio-économiques liés à la chute brutale de la production.

Enfin, M. Wojciechowski a souligné les risques liés à l'extension de la PPA, à travers le continent africain mais aussi à d'autres continents. Déjà anciennement présente en Angola, au Cameroun, Kenya, Malawi, Mozambique, en Ouganda et au Congo (D.R.), la maladie s'est étendue à la Côte d'Ivoire en 1996 puis au Bénin, au Nigéria et au Togo en 1997.

Il convient cependant d'éviter la confusion entre la Peste Porcine Africaine, dont il est question ci-dessus, et la Peste Porcine Classique, dont l'épidémiologie et l'emprise géographique sont différentes (l'Allemagne, la Belgique, l'Italie (Sardaigne) les Pays Bas) et plusieurs pays d'Europe centrale sont infectés.

 

 


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