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 Archives 1998


Communiqué de presse 98/05

L'EUROPE TOUJOURS MENACEE PAR LES EPIZOOTIES, SELON LA FAO
Des mesures de prévention plus efficaces sont nécessaires


Bruxelles, 17 février 1998 -- Le transport des animaux sur de longues distances et la densité croissante des populations animales pourraient provoquer, à tout moment, de nouvelles épizooties dévastatrices en Europe, met en garde l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un communiqué diffusé aujourd'hui.

Sur les quinze maladies animales majeures, neuf se sont produites en Europe au cours des dernières années, rappelle la FAO qui souligne la menace liée au transport sur de longues distances d'animaux et de produits alimentaires qui en sont dérivés et cite, à titre d'exemple, la pratique de plus en plus courante du transport de porcelets d'un pays à l'autre à des fins d'engraissement.

"La transition des économies d'Europe centrale et orientale, qui a entraîné des fluctuations sur les marchés du bétail, a conduit à une augmentation considérable des exportations vers l'Union européenne. Les routes commerciales entre l'Europe, le Moyen-Orient et les pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) ont été rouvertes et il est donc possible qu'un bovin infecté par la fièvre aphteuse puisse entrer en Europe centrale ou même occidentale pour peu que ses propriétaires réussissent à échapper aux contrôles frontaliers", a souligné M. Yves Leforban du Service de santé animale de la FAO.

"En outre, les troubles civils ou l'instabilité politique dans certaines régions, comme les Balkans et le Caucase, entraînent inévitablement des migrations de personnes et d'animaux et aggravent la menace de maladies telles que la fièvre aphteuse", a ajouté M. Leforban.

D'autre part, la forte densité de certaines populations animales peut favoriser la propagation rapide des maladies. Dans plusieurs régions d'Europe, les unités de production abritent des milliers d'animaux destinés soit à la reproduction soit, ce qui est plus fréquent, à l'engraissement. La densité des porcs est extrêmement élevée et peut atteindre 9 000 au km2 de terres agricoles dans certaines parties de la Belgique, des Pays-Bas et du nord de l'Allemagne. "Cette concentration d'élevages favorisant la propagation des maladies et source de pollution croissante de l'environnement ne sera, sans doute, plus tolérée dans l'avenir", a déclaré M. Leforban.

Les services chargés de la planification devraient encourager les initiatives visant à la réduction des densités des populations porcines dans le nord de l'Europe. Des pays comme le Danemark ont déjà pris des mesures dans ce sens et les autorités concernées des Pays-Bas planchent sur le problème depuis la grave épizootie de peste porcine classique de 1997.

L'identification et la certification adéquates des animaux vivants et des produits animaux importés ainsi que l'inspection appropriée aux frontières internationales sont indispensables pour prévenir l'entrée et la circulation des maladies. A l'intérieur de l'Union européenne, toutes les fermes d'élevage sont enregistrées et les bovins identifiés par une marque à l'oreille. Toutefois, l'identification des autres espèces, notamment les porcs, est complexe et cela n'est pas sans poser des problèmes durant les épidémies. Dans les autres pays européens, l'identification des bovins s'effectue selon des procédures diverses.

Aussi, la FAO invite-t-elle les pays européens à harmoniser le plus tôt possible les systèmes d'identification des troupeaux et des animaux et mettre au point des systèmes d'intervention rapide en cas de crises causées par les maladies.

Les services vétérinaires devraient être dotés des moyens leur permettant de réagir rapidement dans les situations d'urgence, souligne la FAO qui déplore à la fois la tendance à réduire la taille du secteur public et la fragmentation de ces services du fait de la délégation des pouvoirs du niveau national au niveau régional.

La FAO s'interroge, d'autre part, sur la validité de la pratique selon laquelle le secteur public doit supporter seul les coûts de lutte contre les épizooties tout en indemnisant le secteur privé pour les pertes causées par les maladies. Selon l'Organisation, des systèmes d'assurance basés sur le risque pourraient représenter une alternative.

A signaler enfin que la FAO a mis sur pied un réseau d'information en biotechnologie vétérinaire couvrant la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Pologne et d'autres pays de la région et ce, en vue d'aider ces pays à diagnostiquer rapidement les maladies et à lutter efficacement contre les épizooties grâce aux nouvelles technologies. En outre, le Bureau régional de la FAO pour l'Europe a développé un système de coopération en matière de recherche qui permet d'améliorer la lutte contre les maladies des animaux.

 

 


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