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Communiqué de presse 98/08 M. DIOUF SOULIGNE QUE L'AGRICULTURE IRRIGUÉE EST LA CLÉ DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE EN AFRIQUE
Addis-Abeba, 19 février 1998 -- M. Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a souligné aujourd'hui, dans un discours à la vingtième Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique (16-20 février), que l'agriculture irriguée était la clé de la sécurité alimentaire du continent africain. "Il ne peut y avoir de sécurité alimentaire en Afrique sans maîtrise de l'utilisation et de la conservation des ressources en eaux et sans intensification des systèmes de production. L'irrigation est un facteur important de sécurisation face à l'amplitude des variations pluviométriques", a déclaré notamment M. Diouf. "C'est aussi un facteur d'intensification, car les terres irriguées ont une productivité deux fois plus forte que celle des terres sous cultures pluviales", a indiqué le Directeur général de la FAO, précisant que "les résultats enregistrés au Sahel montrent que la collecte des eaux de pluie sur un hectare pour en irriguer un autre pourrait tripler ou quadrupler la production". D'autre part, M. Diouf a attiré l'attention sur la croissance démographique de l'Afrique - près de 3% par an- qui reste l'une des plus élevées du monde. "A ce rythme, les projections récentes des Nations Unies indiquent que la population africaine va pratiquement tripler en 2050, passant de 758 millions actuellement à environ 2 milliards", a-t-il fait observer. "Avec une population en si forte croissance, la sécurité alimentaire continuera d'être à la fois un impératif et un défi. Impératif au regard du droit fondamental de chaque individu à une nourriture saine et équilibrée, et défi au regard de la nécessité d'accroître la production alimentaire de façon durable." Le Directeur général de la FAO a ajouté: "La sécurité alimentaire reste la priorité des priorités, car l'Afrique demeure le continent qui enregistre le pourcentage le plus élevé de personnes mal nourries de la planète. Et si des mesures correctives ne sont pas prises, en l'an 2010 le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique en Afrique risque d'atteindre le seuil des 300 millions. "Par ailleurs, il faut rappeler que sur les 86 nations considérées comme pays à faible revenu et à déficit alimentaire, 43 se trouvent en Afrique et principalement en Afrique subsaharienne où deux personnes sur cinq ne disposent pas d'une ration alimentaire adéquate." Tout en mettant en garde contre "la dégradation accélérée des ressources naturelles, bases de la production agricole", M. Diouf a déploré "le lourd tribut" payé par les forêts de l'Afrique "à la pauvreté, à l'insécurité alimentaire et au faible niveau de développement technologique". Selon la FAO, quelque 6 millions d'hectares de forêts ont disparu au cours de la période 1990-1995, portant le taux annuel de déboisement à 0,8% contre 0,7% pendant la période 1980-1990. La promotion de l'investissement dans le secteur agricole est un objectif permanent de la FAO. En 1995 et 1996, le Centre d'investissement de l'Organisation a préparé 31 projets d'investissement en Afrique d'une valeur totale de 1,25 milliard de dollars dont 762 millions de crédits externes. En 1997, 18 projets ont été approuvés pour un total de 478 millions de dollars dont 328 millions de prêts. Dans le cadre de son Programme de coopération technique, la FAO a lancé 168 nouveaux projets en Afrique en 1996 et 1997 alors que le Programme spécial pour la sécurité alimentaire est opérationnel dans 17 pays africains et en cours de formulation dans 19 autres.//
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