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Communiqué de presse 98/16
LA FAO ANNONCE LE THEME DE LA JOURNEE MONDIALE DE
L'ALIMENTATION 1998:
"LES FEMMES NOURRISSENT LE MONDE"
Rome, 8 mars 1998.- "Les femmes nourrissent le monde" est
le thème de la 18ème édition de la
Journée mondiale de l'alimentation (JMA) qui sera
célébrée cette année le 16
octobre, a annoncé aujourd'hui l'Organisation des
Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
à l'occasion de la Journée internationale des
femmes.
Choisi pour souligner la contribution importante des
femmes à la sécurité alimentaire
à l'échelle des ménages et des pays, ce
thème sera également celui de
l'opération TELEFOOD 1998, qui permettra de
sensibiliser l'opinion mondiale au problème de la
faim et de mobiliser des ressources au profit des
communautés rurales des pays en développement.
"Lorsqu'elles en ont l'occasion et qu'elles disposent des
ressources nécessaires, les femmes sont, à
l'évidence, des partenaires actifs du
développement, à la fois efficaces, dynamiques
et ouverts aux innovations. Elles constituent un formidable
potentiel qui pourrait aider à relever le défi
alimentaire au XXIème siècle", a
déclaré M. Jacques Diouf, Directeur
général de la FAO.
Le rôle des femmes dans l'agriculture a
été souligné lors du Sommet mondial de
l'alimentation (novembre 1996). Les 186 pays signataires du
Plan d'action de ce Sommet s'étaient engagés
à "assurer un environnement politique, social et
économique propice, visant à instaurer les
meilleures conditions pour l'éradication de la
pauvreté et le maintien d'une paix durable,
fondé sur la pleine participation des hommes et des
femmes sur un pied d'égalité".
Selon la FAO, à l'échelle mondiale, plus de
la moitié des denrées cultivées sont le
fruit du travail des femmes. En Afrique, elles produisent
jusqu'à 80 pour cent des denrées alimentaires
de base. En Asie, entre 50 et 90 pour cent de la
main-d'oeuvre employée dans la riziculture est
féminine. Dans les zones rurales, les femmes ont la
responsabilité entière de la nutrition des
enfants. Elles sont également les principales
responsables de la production et de la préparation
des aliments destinés aux membres de leurs familles.
Les femmes consacrent également une partie importante
de leurs revenus - bien plus en proportion que les hommes -
à l'achat de produits alimentaires d'appoint pour
leurs familles.
Dans de nombreuses régions, les femmes consacrent
jusqu'à cinq heures par jour au ramassage du bois de
feu et à l'approvisionnement en eau et jusqu'à
quatre heures à la préparation des repas. De
plus, les femmes rurales fournissent le gros de la
main-d'oeuvre nécessaire pour les activités
agricoles, de la préparation du sol à la
récolte. Elles sont ensuite responsables des
opérations post-culturales: entreposage,
manipulation, conservation, commercialisation et traitement
des produits récoltés. Les hommes étant
de plus en plus nombreux à migrer vers les villes en
quête de travail, le fardeau des femmes s'alourdit.
Dans certaines régions en Afrique, 60 pour cent des
ménages ont désormais une femme à leur
tête.
Malgré leur contribution à la
sécurité alimentaire, les femmes tendent
à rester des acteurs "invisibles" du
développement. De ce fait, cette contribution est mal
comprise et souvent sous-estimée. Les travaux
domestiques sont souvent considérés comme
revenant à la femme, en tant qu'épouse et que
mère , et non pas comme une occupation ayant un poids
dans l'économie nationale. Hors du foyer, le travail
des femmes - qu'il soit régulier ou saisonnier - est
généralement non rémunéré
et apparaît donc rarement dans les statistiques
officielles. Dans la plupart des pays, les femmes ne sont
pas propriétaires de la terre qu'elles cultivent. Et
lorsqu'elles possèdent des terres, il s'agit en
général de parcelles plus restreintes, sans
grande valeur, et donc également ignorées dans
les statistiques officielles.
"L'invisibilité" des femmes est encore
accentuée par leur absence de la scène
politique et leur faible représentation sociale,
fruit de divers facteurs et notamment des attitudes
dominantes, de structures juridiques et sociales qui les
pénalisent et de leur analphabétisme. Depuis
les années 70, le nombre de femmes vivant au-dessous
du seuil de pauvreté a augmenté de 50 pour
cent, contre 30 pour cent pour les hommes.
La JMA et TELEFOOD s'insèrent dans le cadre du
suivi du Sommet mondial de l'alimentation qui a lancé
une vaste campagne de sensibilisation au problème de
la sécurité alimentaire mondiale.
La JMA, qui marque l'anniversaire de la fondation de la
FAO, le 16 octobre 1945 à Québec (Canada) est
célébrée chaque année dans
quelque 150 pays. Le programme télévisé
TELEFOOD, qui a été lancé
l'année dernière dans le prolongement du
Sommet mondial de l'alimentation, a été
récemment approuvé par la Conférence
générale de la FAO qui comprend 175 pays. Les
fonds collectés grâce à TELEFOOD servent
à financer des micro-projets de développement
dans les pays à faible revenu et à
déficit alimentaire, y compris le Programme
spécial de sécurité alimentaire de la
FAO.
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