Communiqué de presse 99/22
LE BOGUE INFORMATIQUE
DE L'AN 2000 MENACE LA PRODUCTION AGRICOLE MONDIALE
LES PAYS EN DEVELOPPEMENT SONT EGALEMENT VULNERABLES, MET EN GARDE LA FAO
Rome, 19 avril 1999. - Le bogue informatique de l'an 2000 menace la production
agricole et les systèmes d'approvisionnement alimentaire au niveau
mondial, et pourrait avoir "des effets aussi dévastateurs que les
acridiens contre lesquels les agriculteurs se battent depuis des siècles",
met en garde l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et
l'agriculture (FAO).
Le bogue du millénaire créera des perturbations le 1er janvier
prochain, car tels qu'ils sont programmés actuellement, les ordinateurs,
au tournant du siècle, ne seront pas en mesure de "comprendre" le
changement puisqu'ils ne prennent en compte que les deux derniers chiffres
de l'année. Ainsi, au lieu de passer à l'an 2000, ils croiront
retourner à 1900.
Les gouvernements et les entreprises privées des pays en
développement dotés de syst`mes informatiques sophistiqués
s'emploient depuis quelques années à prévenir les
perturbations attendues du bogue 2000. Le coût total de la mise en
conformité des systèmes informatiques est estimé, selon
le groupe Gartner, à 600 milliards de dollars, rappelle la FAO qui
souligne que le problème se posera également dans les pays
en développement où la situation pourrait paraître moins
grave dans certains cas mais où la pénurie de ressources et
de capacités techniques la rendent tout aussi critique.
Quoi qu'il en soit, le bogue de l'an 2000 menace la chaîne alimentaire
dans son ensemble. Les perturbations devraient affecter les approvisionnements
en semences, les informations sur les marchés, les réseaux
de distribution et l'ensemble des services essentiels pour la production
agricole.
"Même les petits exploitants, qui labourent leurs champs à l'aide
de la traction animale, dépendent de produits fabriqués dans
des usines à haute technologie et transportés à des
milliers de kilomètres de distance par des réseaux
informatisés. Côté production, cela signifie que des
intrants de base comme les semences et les engrais pourraient être
affectés, tout comme l'alimentation en électricité et
eau d'irrigation. La sécurité alimentaire serait compromise,
car la transformation, la commercialisation et la distribution des produits
alimentaires seraient perturbées", souligne la FAO.
Les pays vulnérables, qui comptent essentiellement sur les exportations
de produits de base, pourraient subir les plus graves conséquences.
Ce sont, explique la FAO, "les pays fortement tributaires des exportations
en tant que source principale de revenus et qui dépendent des importations
et de l'aide alimentaire pour nourrir leurs populations".
Dans un grand nombre de pays, les réseaux téléphoniques
informatisés sont également menacés: leur interruption
compromettrait les échanges d'information sur la météo,
les prix et les expéditions de denrées alimentaires, indique
l'agence spécialisée des Nations unies.
Toujours selon la FAO, les pays en développement devront mobiliser
les - rares - ressources et le temps encore disponible pour trouver des solutions
de dépannage. Les mesures d'urgence recommandées par la FAO
pourraient inclure "la diversification des sources d'approvisionnement
alimentaire et des services, l'identification rapide des problèmes
et la mise en place de formules de rechange pour prendre le relais des
systèmes informatisés défaillants en ce qui concerne
les services essentiels".
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Pour des informations complémentaires, consulter le site web de la
FAO http://www.fao.org/news/1999/990302-e.htm ou contacter le service de
presse de la FAO, John Riddle, tél.: 0039.06.57053259 ou 0039.(0)
34823 41 145 (email: john.riddle@fao.org).
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