Communiqués de presse 99/31
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 Archives 1999

Communiqué de presse 99/31

NOUVELLE MISE EN GARDE DE LA FAO CONTRE LES PESTICIDES PÉRIMÉS


Rome, 24 mai 1999. - Véritables bombes à retardement, des stocks importants de pesticides périmés ou obsolètes continueront de menacer la santé et l'environnement au cours des trente prochaines années si les fonds alloués pour leur élimination restent à leur niveau actuel, souligne aujourd'hui l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à l'occasion de la tenue les 24 et 25 mai d'une réunion de donateurs axée sur ce problème.

Les stocks de pesticides périmés ou obsolètes dans le monde sont estimés à plusieurs centaines de milliers de tonnes, dont plus de 100 000 tonnes dans les pays en développement. Selon la FAO, quelque 20 000 tonnes se trouvent en Afrique. Mais la situation est particulièrement dangereuse en Pologne (65 000 tonnes) et en Ukraine (plus de 23 000 tonnes).

"Dans plusieurs pays africains où la FAO est à pied d'oeuvre pour éliminer ce problème, des barils métalliques remplis de produits hautement toxiques perdent leur contenu, polluent l'environnement et posent un grave problème de santé publique", indique l'expert de la FAO Alemayehu Wodageneh.

"De nombreux accidents sont dus aux pesticides aussi bien en zones urbaines que rurales. Souvent, les barils sont abandonnés en plein air, à proximité de points de stockage ou de vente de produits alimentaires ou, pire, à la portée des enfants. Hautement toxiques, ces produits chimiques contaminent notamment l'eau potable, les eaux d'irrigation et les nappes phréatiques. La quasi-totalité des pays en développement est affectée", souligne l'expert de la FAO.

Une grande variété de pesticides dangereux se trouve en Afrique. Ces produits ont été soit importés par les pays, soit livrés au titre de l'assistance technique par des agences d'aide ou des gouvernements. Certains stocks datent d'une trentaine d'années et ne peuvent plus être utilisés par suite de l'introduction de lois les interdisant ou parce qu'ils se sont détériorés. L'accumulation des pesticides est souvent la conséquence d'une mauvaise gestion des stocks ou de donations excessives. Elle peut également résulter de mauvaises prévisions, de formulations erronnées ou de politiques commerciales agressives.

Aldrine, DDT, Dieldrine, Endrine, HCH, Lindane, Malathion et Parathion figurent parmi les produits périmés, obsolètes et hautement toxiques.

Depuis 1994, quelque 3 000 tonnes ont été déposées dans 14 pays d'Afrique et deux pays du Moyen-Orient. "La destruction des stocks de pesticides obsolètes dans ces deux régions nécessitera au moins une trentaine d'années à moins que le processus d'élimination actuel ne s'accélère. Mais il faudra beaucoup plus de temps pour régénérer les sols contaminés", affirme l'expert de la FAO.

Jusqu'ici, environ 24,4 millions de dollars ont été dépensés pour l'élimination des pesticides périmés ou obsolètes en Afrique et au Moyen-Orient et ce, grâce principalement au financement de la Hollande, du Danemark, de la Suède, de l'Allemagne, de l'Afrique du Sud, de l'Agence américaine pour le développement international (US-AID) et de la FAO. Or, l'élimination de tous les stocks en Afrique nécessite entre 80 et 100 millions de dollars, le coût de la destruction d'une tonne variant entre 3 500 et 4 000 dollars.

La contribution de l'industrie agrochimique a jusqu'ici été très limitée. Seule la compagnie Shell International a contribué à hauteur de 300 000 dollars pour éliminer des stocks de Dieldrine en Mauritanie, "soit un pour cent du montant total dépensé jusqu'ici pour "nettoyer" l'Afrique et le Moyen-Orient", précise l'expert de la FAO qui rappelle que les entreprises agrochimiques s'étaient pourtant engagées à verser un dollar/kg pour l'élimination des stocks de pesticides obsolètes dans ces deux régions.

"L'appui du secteur agrochimique est crucial, car les agences de coopération des pays donateurs ne peuvent pas couvrir tous les coûts à elles seules", souligne-t-on à la FAO où les préparatifs se poursuivent pour l'élimination des pesticides obsolètes en Ethiopie et en Tanzanie.

La meilleure manière d'éliminer les pesticides est de les incinérer à haute température. Les pays en développement n'ont pas, pour la plupart, les installations adéquates pour éliminer les pesticides sans danger pour les humains et l'environnement.

Enfin, la FAO, tout en déplorant l'accroissement persistant des ventes de pesticides, notamment dans les pays en développement, invite ses pays membres à protéger l'environnement en substituant à l'utilisation intensive des pesticides des méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs des plantes.

Pour plus d'information, contacter: Erwin Northoff, tel: 0039-06-5705 3105, e-mail: Erwin.Northoff@fao.org

Internet: http://www.fao.org/WAICENT/FAOINFO/Agricult/AGP/AGPP/Pesticid/Disposal/default.htm

http://www.fao.org/NEWS/1998/img/pestbroc.pdf


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