Communiqué de presse 99/33
APPEL DE LA FAO POUR ELIMINER LES POCHES RESIDUELLES DE PESTE
BOVINE
L'agence spécialisée des Nations unies met en garde contre
les pertes économiques considérables que provoquerait une
résurgence du fléau
Rome, 2 juin 1999.- En dépit de progrès notables
réalisés au cours des dernières années pour
éradiquer la peste bovine, il convient d'éliminer au plus vite
les poches résiduelles de cette maladie contagieuse des ruminants,
car sa résurgence provoquerait des pertes économiques
considérables, met en garde l'Organisation des Nations unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un communiqué diffusé
aujourd'hui.
Tout en invitant les donateurs à apporter leur "soutien immédiat"
aux programmes d'éradication et empêcher ainsi le retour de
la peste bovine dans les pays ayant récemment réussi à
s'en débarrasser, la FAO souligne qu'une élimination totale
de cette maladie mortelle de la surface du globe serait "la plus grande victoire
jamais enregistrée" par la médecine vétérinaire
Selon les experts en santé animale, la peste bovine persiste dans
trois zones isolées de la planète: le sud du Soudan, le sud
de la Somalie et certaines parties du Pakistan. Dans trois autres régions,
des cas de peste bovine ont été signalés au cours des
cinq dernières années sans qu'aucune preuve tangible n'ait
été apportée quant à l'élimination de
la maladie dans ces zones. Il s'agit de la partie extrême-orientale
de la Fédération de Russie, la partie méridionale de
la péninsule arabique et la zone kurde le long de la frontière
entre la Turquie et l'Irak.
Selon les mêmes experts, le coût de l'éradication de la
peste bovine dans chacune de ces poches résiduelles ne dépasserait
pas 3 millions de dollars, l'éradication impliquant des campagnes
de vaccination et des mesures de lutte et de surveillance ciblées.
Maladie hautement contagieuse des ruminants, la peste bovine est provoquée
par un virus (genus Morbillivirus). Elle se manifeste par de la fièvre,
des lésions à la bouche et à l'appareil alimentaire,
de fortes diarrhées et un taux de mortalité très
élevé.
Pendant des siècles, la peste bovine a provoqué des
épizooties qui ont tué des millions de bovidés domestiques
et sauvages dans plusieurs régions du monde. Dans les années
1970 et 1980, des épizooties dévastatrices ont éclaté
en Asie du sud, au Moyen-Orient et en Afrique. En 1994, la peste bovine s'est
propagée au nord du Pakistan tuant plus de 50 000 têtes de
bétail avant d'être maîtrisée.
La peste bovine ne tue pas seulement les bovidés, elle a des effets
catastrophiques sur les économies rurales, la production de bétail
et la sécurité alimentaire. La faune sauvage, autre source
de revenus pour les économies rurales (tourisme, etc.), est
également dévastée. En outre, les pays affectés
se voient exclus du marché mondial en raison des restrictions de
santé animale sur les importations.
Le coût de la lutte contre la peste bovine est très
élevé aussi bien pour les pays en développement que
pour la communauté des donateurs. La Commission européenne
a investi, au cours des dix dernières années, environ 200 millions
de dollars pour soutenir des programmes de lutte contre cette maladie contagieuse
en Asie et en Afrique.
Selon les experts, le coût de l'éradication pour la plupart
des pays serait de loin inférieur au coût des programmes de
vaccination, de lutte et de surveillance. Une fois qu'un pays
déterminé a réussi à éliminer la peste
bovine de son territoire, il peut alors remplacer avantageusement les campagnes
de vaccination massive par des réseaux ou des systèmes
d'information et d'alerte rapides capable de détecter différentes
maladies et prévenir ainsi les épizooties.
"Alors que le monde est en passe de se libérer de la peste bovine,
une action urgente s'impose au niveau mondial pour éliminer cette
maladie dans les dernières régions infectées. Il convient
d'écarter tout risque de résurgence, car le prix à payer
sera très lourd à l'avenir. A titre d'exemple, les pertes dues
à la peste bovine au début des années 1980 au Nigeria
ont été évaluées à 2 milliards de dollars",
a déclaré l'expert de la FAO Mark Rweyemamu.
Une consultation d'experts internationaux, qui s'est récemment tenue
à la FAO dans le cadre du Système de prévention et de
réponse rapide contre les ravageurs et les maladies
transfrontalières des animaux et des plantes (EMPRES), a souligné
l'impact grandissant des maladies transfrontalières des animaux sur
les économies nationales et la sécurité alimentaire,
aussi bien dans les pays développés que dans les pays en
développement. A titre d'exemple, les experts ont cité les
épizooties catastrophiques de peste bovine en Asie, au Moyen-Orient
et en Afrique dans les années 1980, les épizooties de peste
porcine classique en Hollande et en Allemagne en 1996-97 et les ravages dus
à la peste porcine africaine en Afrique de l'Ouest et à Madagascar
en 1995-99.
Au cours de cette consultation, les experts ont adopté un plan de
la FAO visant à aider les pays membres de l'Organisation à
mettre en place leur propre système d'alerte rapide contre la peste
bovine et les autres maladies transfrontalières. A cet égard,
l'assistance technique de la FAO comprendra la formation et la fourniture
de programmes informatiques pour le contrôle et la surveillance à
l'échelle nationale, régionale et mondiale.
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Pour toute information complémentaire, consulter le site internet
de la FAO
http://www.fao.org/WAICENT/FAOINFO/AGRICULT/AGA/AGAH/EMPRES/EMPRES.HTM
ou bien contacter le Service de presse de la FAO (Pierre Antonios, tél.:
0039.06.57053473; email: pierre.antonios@fao.org).
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