Communiqués de presse 99/57
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 Archives 1999

Communiqué de presse 99/57

FEMMES RURALES: LES STATISTIQUES SONT NECESSAIRES MAIS PAS SUFFISANTES
La Consultation ministérielle à la FAO dévoile la nécessité d'agir sur plusieurs fronts


Rome, 6 octobre 1999.- Bien qu'indispensables pour évaluer leur apport à l'agriculture et à l'économie, les données-statistiques sur les femmes rurales doivent être accompagnées de mesures urgentes sur d'autres fronts afin que les femmes vivant et travaillant en milieu rural puissent faire entendre leurs voix, tel est le constat que l'on peut tirer de la Consultation de haut niveau sur les femmes rurales et l'information qui s'est tenue du 4 au 6 octobre au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) .

Nul ne conteste les longues heures de labeur des femmes rurales dans les pays en développement, partagées entre les travaux agricoles, les tâches domestiques, les soins à la progéniture, la collecte de l'eau et la préparation des repas. Leurs journées sont éprouvantes et sans commune mesure avec celles des hommes. Et pourtant, elles apparaissent peu ou pas du tout dans les statistiques officielles ou dans les informations qui sont habituellement transmises aux responsables des organisations et agences de développement, cependant que les politiques et les programmes de ces mêmes organisations ont une influence certaine sur leur sort, souligne-t-on à la FAO.

Alors que les statistiques par genre sont la règle dans les pays industriels, dans beaucoup de pays en développement ce sont les ménages qui sont toujours pris en compte lors de la collecte des données, sans aucune précision sur les activités respectives des hommes et des femmes.

"L'information est l'outil de base", a souligné Margareta Winberg, ministre suédois de l'agriculture et de l'égalité des chances, qui animait une table ronde sur l'égalité des genres en matière de politiques et de planification. "Les données ventilées par genre sont une étape indispensable pour rendre les femmes visibles en tant qu'êtres humains et acteurs sociaux et, en l'occurrence, également en tant qu'agricultrices", a-t-elle ajouté.

La FAO a mis l'accent, au cours de la Consultation ministérielle, sur le problème urgent de la sécurité alimentaire dans un monde dont la population s'accroît à un rythme rapide. Elle a rappelé les récentes projections de la Banque mondiale selon lesquelles les besoins alimentaires du monde en développement pourraient doubler au cours des trois prochaines décennies. Et comme la croissance économique des pays en développement dépend essentiellement de la croissance du secteur agricole, une forte pression s'exercera sur ce secteur dans les années à venir, selon la FAO.

"En planifiant pour le développement, il convient surtout de définir la population-cible, par genre, âge, secteur de production agricole et type d'activité. Il n'est pas possible d'accroître la productivité agricole, dans le cadre d'un développement rural durable, sans fournir aux planificateurs des données tenant également compte des ressources humaines", a déclaré Sissel Ekaas, Directrice de la Division des femmes et de la population de la FAO.

Les délégués ont expliqué, tout au long des travaux, que les statistiques sont nécessaires mais pas suffisantes et qu'il convient de les compléter par des initiatives en faveur des femmes rurales au niveau des ménages, au niveau des communautés et au niveau des administrations officielles. Des actions urgentes doivent être prises pour contrer la discrimination et la recrudescence de la violence dont sont victimes les femmes à l'échelle mondiale, ont-ils ajouté tout en insistant sur l'élimination des différents obstacles qui entravent l'accès des femmes à l'éducation, aux nouvelles technologies, au crédit et à la terre.

Laura Balbo, ministre italien de l'égalité des chances, a déclaré qu'il fallait investir davantage dans l'éducation, la formation et la vulgarisation en faveur des femmes. Elle a plaidé en faveur de l'amélioration du niveau d'éducation des femmes et des jeunes filles et souligné la nécessité de consolider les droits des femmes en tant qu'êtres humains tout en nommant davantage de femmes à des postes de responsabilité.

Le problème des femmes et des communautés rurales a également une dimension mondiale, a souligné Madame Elisabeth Diouf, Première Dame du Sénégal, qui s'adressait aux délégués. L'épouse du chef de l'Etat sénégalais a lancé un appel à l'Union européenne et aux autres pays industriels pour qu'ils emboîtent le pas au président américain Bill Clinton qui vient de proposer d'effacer la dette des pays pauvres.

Quelque 110 pays participaient à la Consultation ministérielle sur les femmes rurales et l'information, aux côtés d'observateurs d'agences des Nations unies, d'organisations intergouvernementales et d'organisations non gouvernementales.

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Pour des informations complémentaires, contacter le Bureau de presse de la FAO (Pierre Antonios, tél.: 0039.06.57053473; email: pierre.antonios@fao.org) ou bien, consulter le site internet: http://www.fao.org/Gender/highlcon/debut.htm


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