Communiqué de presse 99/68 C/3
S'adressant aujourd'hui à la 30ème session de la
Conférence
LE DIRECTEUR GENERAL DE LA FAO QUALIFIE D'"ENCOURAGEANTE" LA DIMINUTION DU
NOMBRE DES MALNOURRIS DANS LES PAYS EN DEVELOPPEMENT
Rome, 13 novembre 1999.- S'adressant aux ministres et responsables de
l'agriculture des 180 Etats membres de l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO), réunis à Rome, dans
le cadre de la 30ème session de la Conférence, M. Jacques Diouf,
Directeur général de cette agence spécialisée
des Nations Unies a qualifé d'"encourageante" la diminution de 40
millions du nombre total des malnourris dans les pays en développement
entre 1990-92 et 1995-97, comme l'a montré un récent rapport
(*).
"Cette diminution de l'ordre de 8 millions de personnes par an en moyenne
est encourageante, mais elle reste largement insuffisante par rapport au
chiffre de 20 millions nécessaire pour atteindre l'objectif du Sommet
mondial de l'alimentation", a fait observer le Directeur général
de la FAO.
Lors du Sommet mondial de l'alimentation (novembre 1996), les chefs d'Etat
et de gouvernement de 186 pays avaient proclamé leur engagement de
parvenir à la sécurité alimentaire pour tous et, dans
l'immédiat, de réduire de moitié le nombre des malnourris
d'ici à 2015.
"Beaucoup de zones d'ombres" persistent dans une conjoncture marquée
par une production céréalière mondiale en baisse et
nécessitant, pour la première fois depuis quatre ans, un recours
aux stocks disponibles, a fait remarquer le Directeur général
de la FAO. "Trente-cinq pays font actuellement face à des pénuries
alimentaires graves. Elles ont leur origine principalement dans les
intempéries et dans l'émergence ou la persistance de conflits
internes ou de situations de guerre, mais peuvent aussi être dues à
de sérieux problèmes économiques", a-t-il
précisé.
Evoquant le rôle accru de la FAO dans les situations d'urgence, M.
Diouf a indiqué que le Service spécial des opérations
de secours de l'Organisation était intervenu dans 64 pays au cours
des deux dernières années. "La valeur des interventions a
doublé entre 1997 et 1998 passant de 43 à 86 millions de dollars
et pourrait atteindre 100 millions de dollars en 1999". Il a cité
à cet égard la crise du Kosovo et l'ouragan Mitch qui avait
dévasté en 1998 plusieurs pays d'Amérique centrale.
Commentant des événements récents comme la crise de
la vache folle ou la présence de dioxine dans la chaîne alimentaire,
liés à certaines techniques de production agricole ou aux
progrès rapides de la biotechnologie, M. Diouf a indiqué notamment
que les organes compétents de la FAO, comme la Commission pour les
ressources génétiques, s'occupaient activement de développer
des codes de conduite alors que les questions d'éthique étaient
examinées par un comité interne appuyé par un groupe
d'experts. "Le Codex Alimentarius reste l'instrument majeur pour la
détermination de normes internationales - une activité essentielle
dans le contexte du commerce qui se développe et se globalise", a-t-il
précisé à cet égard.
Le Codex Alimentarius ou "Code alimentaire" est l'ensemble des normes, codes
d'usages, directives et recommandations de la Commission du Codex Alimentarius
qui est la référence internationale en matière de normes
alimentaires. La Commission est un organisme subsidiaire de la FAO et de
l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Evoquant les différentes réalisations de la FAO, M. Diouf a
annoncé que le Programme spécial pour la sécurité
alimentaire, lancé juste après son élection à
la tête de la FAO il y a six ans et dont l'objectif est d'augmenter
durablement la production agricole dans les pays qui connaissent un déficit
alimentaire, est opérationnel dans 50 pays et en cours de formulation
dans 25 autres. "L'autre programme spécial lancé en 1994, EMPRES,
le Système de prévention et de réponse rapide contre
les ravageurs et les maladies transfrontalières des animaux et des
plantes, a également bien progressé, ici aussi grâce
à l'appui des donateurs", a-t-il affirmé.
M. Diouf s'est félicité du fait que l'événement
médiatique TELEFOOD, organisé chaque année par la FAO
depuis 1997, ait grandement sensibilisé l'opinion aux causes profondes
de l'insécurité alimentaire et mobilisé le public en
faveur de la lutte contre la faim et la malnutrition dans le monde. "En 1997
et 1998, plus de 60 pays y ont directement participé d'une façon
ou d'une autre, ce qui a permis de toucher près de 500 millions de
personnes et de collecter quatre millions de dollars de dons", a-t-il
précisé.
Le Directeur général de la FAO a également
déclaré que l'Organisation continuera d'être ouverte
sur l'extérieur et restera proche de ses Etats membres et de leur
population rurale, mais il a souligné que "le futur de la FAO
dépendra aussi des ressources mises à sa disposition".
"Je ne peux que formuler le voeu que la période des restrictions finisse
bientôt pour cette Organisation, comme pour toutes celles de la famille
des Nations Unies qui partagent ses objectifs et ses combats", a souligné
M. Diouf
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Pour des informations complémentaires sur la Conférence de
la FAO ou sur l'opération TELEFOOD, consulter le site internet de
l'Organisation (http://www.fao.org) ou contacter
le Bureau de presse (Pierre Antonios, tél.: 0039.06. 57053473). Les
documents de la Conférence sont disponibles sur le même site
Internet.
(*) Le rapport en question, intitulé "L'état de
l'insécurité alimentaire dans le monde" est également
disponible sur le site Internet
http://www.fao.org/nouvelle/1999/IMG/SOFIsu-f.pdf
ou, sur demande, au Bureau de presse de la FAO.
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