Communiqué de presse 00/07
Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique, Yaoundé
(21-25 février 2000)
L'AFRIQUE DOIT INVESTIR DAVANTAGE
DANS L'AGRICULTURE, SELON LA FAO
Rome, 21 février 2000 .- Les pays africains devraient accroître
les investissements publics dans l'agriculture en vue d'améliorer
les performances du secteur tout en encourageant la participation privée,
souligne l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO) dans un rapport préparé pour sa 21ème Conférence
régionale pour l'Afrique qui se tient du 21 au 25 février à
Yaoundé (Cameroun).
Selon la FAO, les pays africains devraient allouer 25 pour cent au moins
de leurs budgets nationaux aux programmes de développement agricole
et rural. Cela permettrait d'atténuer les problèmes qui se
posent aux petits agriculteurs tout en renforçant le flux des
investissements privés dans un secteur "qui restera, dans un avenir
prévisible, primordial pour la sécurité alimentaire
et la lutte contre la pauvreté".
L'agriculture est le premier moteur de la croissance économique dans
la plupart des pays africains. Elle produit l'essentiel des denrées
alimentaires consommées en Afrique subsaharienne et représente
70 pour cent de la totalité des emplois.
Entre 1961 et 1997, l'agriculture a reçu moins de 10 pour cent du
budget national de la plupart des pays, alors que sa contribution au produit
intérieur brut s'est située entre 30 et 80 pour cent. "Cette
situation est d'autant plus préoccupante que les transferts directs
et indirects de revenus de l'agriculture à l'Etat et au reste de
l'économie continuent de dépasser largement le montant des
ressources publiques affectées au secteur", précise la FAO.
"Même dans les pays où des investissements considérables
ont été réalisés pour la création de biens
d'équipements publics pour l'agriculture, les gouvernements n'ont
pas toujours réussi à libérer les ressources
nécessaires pour en assurer l'entretien et la gestion adéquates,
notamment en ce qui concerne les routes et les infrastructures d'irrigation",
indique la FAO. Les ressources publiques ont souvent été
affectées à une seule céréale au détriment
des racines et tubercules, des légumineuses et des graines
oléagineuses.
Le rapport déplore les "mauvais résultats" enregistrés
en Afrique subsaharienne par les sous-secteurs des cultures vivrières
et des cultures d'exportation durant la période 1961-97.
"En ce qui concerne les produits traditionnels, les parts de production et
de marché de l'Afrique ne cessent de se rétrécir depuis
les années 60", selon la FAO. A titre d'exemple, pour le cacao, la
part de production est passée de 71,6 pour cent dans les années
60 à 58,7 pour cent dans les années 90, tandis que la part
de marché a baissé de 78,9 à 64,7 pour cent. Pour le
café, les parts de productrion et de marché sont passées
respectivement de 25,9 et 28,8 pour cent à 18,6 et 18,5 pour cent.
Pour améliorer la situation, le rapport souligne la nécessité
de réformer les politiques en matière de prix et d'investissements
publics et préconise notamment le maintien de taux d'imposition faibles,
la disponibilité et l'accessibilité des crédits, la
liberté des taux de change et la mise en place de mécanismes
qui laissent les forces du marché déterminer les prix des produits
et intrants agricoles.
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Le rapport "Aide publique et développement agricole en Afrique" est
disponible sur le site Internet:
http://www.fao.org (FAO Conférences
régionales 2000); pour toute information complémentaire, contacter:
Erwin Northoff à Rome, tél.: 0039-06-5705 3105, e-mail:
Erwin.Northoff@FAO.Org ou Paul Fouda (sur les lieux de la Conférence
à Yaoundé). |