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Communiqué de presse 00/25

FIDA ET FAO : LE MANIOC PEUT JOUER UN ROLE IMPORTANT DANS L'EFFORT D'ERADICATION DE LA FAIM ET DE PAUVRETE


Rome, 26 avril 2000 - Le manioc pourrait devenir un élément important dans la lutte contre la faim et la pauvreté dans les pays en développement si la production augmente et la commercialisation s'améliore. C'est ce qui ressort, aujourd'hui, de la déclaration conjointe de deux agences de développement basées à Rome, le Fonds International pour le Développement de l'Agriculture (FIDA) et l'Organisation des Nations-unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), co-organisatrices d'un Forum international sur la Stratégie pour le Développement du manioc qui se tient au siège de la FAO du 26 au 28 avril 2000. A l'issue de ses travaux, cette réunion devrait adopter une Stratégie pour le Développement du manioc et un Plan d'Action mondial.

"Le Forum de Validation de la Stratégie de développement pour le manioc" réunit des délégués de plus de 20 pays, représentant le secteur privé, les associations d'agriculteurs, les organisations non-gouvernementales, les chercheurs ainsi que les bailleurs de fonds.

La FAO et le FIDA s'accordent à dire que des millions d'agriculteurs, de producteurs et de commerçants à travers le monde assurent leur subsistance en partie avec le manioc. En effet, c'est un aliment de base important pour 500 millions de personnes qui vivent dans les régions tropicales et sous-tropicales du monde.

La FAO rapporte que le Ghana, en introduisant partiellement des variétés de manioc à haut rendement, a su réduire son taux de sous-alimentation plus rapidement que tout autre pays dans le monde, entre 1980 et 1996.

"Le manioc pourrait devenir un formidable moteur de croissance dans beaucoup de pays si sa production diversifiée et son utilisation commerciale étaient sensiblement améliorées", affirment la FAO et le FIDA. "La plante a été beaucoup trop longtemps négligée par les décideurs et les chercheurs, alors qu'elle constitue l'une des sources d'alimentation les plus fiables et les moins coûteuses."

Avec une population mondiale en augmentation, en particulier dans les pays en développement, le potentiel que représente le manioc est considérable. Si, par exemple, le blé était remplacé par le manioc, des pays pauvres pourraient épargner une masse monétaire importante en devises.

Ce tubercule a l'avantage de pousser dans des endroits peu favorables aux céréales et à d'autres plantes et peut s'accommoder de la sécheresse et des terres arides. Ses racines se conservent dans le sol pendant plusieurs mois. Les récoltes peuvent atteindre entre 10 et 40 tonnes par hectare mais le fruit, très périssable, doit être transformé après récolte et conservé dans de bonnes conditions de stockage.

Selon des estimations de la FAO, la production mondiale de manioc, évaluée à 167.7 millions de tonnes en 1999, devrait atteindre 208.8 millions de tonnes en 2005. Actuellement, l'homme consomme plus de 60 pour cent de la production de manioc et l'animal 25 pour cent.

Une multitude de produits proviennent du manioc : la farine ou les flocons de manioc préalablement séchés servent à préparer une pâte molle qui constitue le plat quotidien de beaucoup d'Africains et de Sud-américains : c'est le fou-fou ou le gari ou encore la farinha ; elle peut se manger avec les feuilles vertes cuites de la plante. On en fait aussi du pain à la Jamaïque. Le manioc sert également dans l'alimentation animale--les exportations thaïlandaises vers l'Union Européenne en témoignent--et son principal dérivé, l'amidon, est utilisé dans l'industrie alimentaire, pharmaceutique, textile, et dans la papeterie.

L'objectif majeur de la Stratégie mondiale pour le Développement du manioc est de promouvoir le produit et d'accroître en même temps son rôle commercial potentiel par l'ouverture de nouveaux marchés, par l'identification de sources d'investissements privés, et par le développement de la recherche scientifique et agronomique pour un meilleur rendement et une protection plus efficace de la plante.

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Vous pouvez écouter une interview de Liliane Kambirigi avec M. Lutaladio, Spécialiste des plantes et racines à tubercules, à la Direction de la Production et de la Protection des Plantes (FAO).

Durée: 2min 41sec.

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