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Communiqué de presse 00/43

Un rapport de la FAO présente "l'avenir le plus vraisemblable"
LE NOMBRE DE SOUS-ALIMENTÉS RESTERA ÉLEVÉ EN 2030 MALGRÉ L'ABONDANCE DE NOURRITURE


Rome, 24 juillet 2000. - Les 8 milliards d'individus qui peupleront le monde en 2030 seront mieux nourris, l'accès aux produits alimentaires sera meilleur, mais le nombre de personnes souffrant de faim et de sous-alimentation demeurera élevé, selon "Agriculture: Horizons 2015/30", un rapport technique provisoire publié aujourd'hui par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). "En 2015, quelque 580 millions de personnes devraient souffrir encore de sous-alimentation chronique," indique la FAO.

La croissance démographique devrait fléchir alors que la consommation de denrées alimentaires devrait augmenter dans un nombre croissant de pays. "De ce fait, l'agriculture mondiale progressera à un rythme moins soutenu: 1,6 pour cent jusqu'en 2015 puis 1,3 pour cent jusqu'en 2030, contre un taux annuel de 2,1 pour cent au cours des vingt dernières années. Toutefois le taux de croissance de l'agriculture continuera de dépasser celui de la démographie durant la période sous revue, selon la FAO.

Les céréales resteront la denrée alimentaire de base, fournissant la moitié de l'apport calorifique journalier. La production mondiale de céréales, qui atteint actuellement 1,84 milliard de tonnes, devrait augmenter de près d'un milliard de tonnes d'ici à 2030 dont la moitié environ pour l'alimentation humaine et 44 pour cent en fourrage.

Les pays en développement dépendront encore davantage des importations céréalières. Celles-ci devraient passer de 107 millions de tonnes en 1995/97 à 270 millions de tonnes en 2030. Les exportateurs traditionnels comme l'Amérique du nord, l'Europe et l'Australie devraient exporter 280 millions de tonnes en 2030 contre 142 millions de tonnes en 1995/97.

Dans les pays en développement, la production agricole en 2030 devrait être supérieure de 70 pour cent par rapport à celle de 1995/97. Environ 80 pour cent de cette augmentation proviendra de l'intensification des cultures et le reste, de l'expansion des terres arables. Celles-ci devraient augmenter de 12 pour cent (120 millions d'hectares) dans les pays en développement d'ici à 2030. La majeure partie de cette augmentation aura lieu en Amérique du sud et en Afrique.

L'irrigation jouera un rôle de plus en plus important dans les pays en développement. Actuellement, elle contribue à hauteur de 40 à la production agricole (près de 60 pour cent pour la production de céréales). Cette proportion devrait passer à 47 pour cent en 2030. Les zones irriguées devraient passer, dans les pays en développement toujours, à 242 millions d'hectares en 2030, contre 197 millions en 1995/97.

La pression sur l'environnement se poursuivra mais à un rythme moins soutenu du fait du ralentissement de la production agricole. En conséquence, la déforestation sera moins forte. On utilisera moins de pesticides du fait à la fois des progrès scientifiques, du renforcement des lois et du développement de l'agriculture biologique.

Ralentissement également en ce qui concerne la demande et la production de viande, qui devrait croître de 1,9 pour cent par an au cours des vingt prochaines années, contre 2,8 pour cent durant les deux décennies écoulées. Dans les pays en développement, la consommation de viande par personne est passée de 11 kg par an vers le milieu des années 1970 à 23 kg aujourd'hui. Elle pourrait atteindre 35 kg en 2030. La consommation est très faible en Afrique subsaharienne.

Le rapport exprime d'autre part la préoccupation de la FAO à l'égard de l'élevage intensif du fait des maladies du bétail qui prennent parfois des proportions dramatiques, ce qui doit inciter à plus de prudence, d'autant que certaines maladies peuvent être transmises à l'homme.

En ce qui concerne les forêts, l'accent sera mis sur la conservation et la protection de l'environnement. Les plantations devraient fournir le tiers des besoins en bois en 2015. L'utilisation du bois comme combustible devrait se stabiliser et même baisser légèrement au cours des vingt prochaines années. En 1995, plus de 60 pour cent du bois servait de combustible.

Enfin, la consommation moyenne mondiale de poisson par personne devrait passer de 16 kg par an en 1997 à 19-20 kg en 2030 (soit 150 à 160 millions de tonnes de poisson). Pour sauvegarder la faune marine, les captures en mer ne doivent pas dépasser 100 millions de tonnes. Le reste devra provenir de l'aquaculture.

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Le rapport final sera publié début 2000. Le rapport technique provisoire est sur le réseau Internet: http://www.fao.org/es/ESD/gstudy-f.htm. Pour des informations complémentaires, contacter Erwin Northoff, Media Officer, tel: 0039-06-5705 3105, e-mail: Erwin.Northoff@fao.org


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