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Communiqué de presse 00/47

UNE HAUTE FONCTIONNAIRE DE LA FAO DEMANDE AUX SCIENTIFIQUES DE PLAIDER EN FAVEUR DES PAUVRES ET DES FAIBLES


Hambourg, 17 août - Il appartient à la communauté scientifique de plaider pour les pauvres et les sous-alimentés, a déclaré aujourd'hui Louise O. Fresco, Sous-Directrice générale chargée du Département de l'agriculture à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.

«Dans une économie mondialisée, les petits pays, les petites entreprises et les petits agriculteurs ont du mal à se faire entendre. Les scientifiques sont moralement tenus de parler pour eux, parce qu'ils comprennent parfois mieux ce qu'il adviendrait s'ils ne le faisaient pas» a déclaré Mme Fresco dans son allocution d'ouverture au troisième Congrès international d'agronomie qui se déroule à Hambourg (Allemagne) du 17 au 22 août.

Dans un discours touchant à de nombreux sujets, Mme Fresco a examiné d'un point de vue éthique un certain nombre de tendances actuelles ou nouvelles de l'agriculture, parmi lesquelles la distribution inégale des denrées alimentaires, la mondialisation, l'utilisation responsable de la terre et de l'eau, l'exploitation de la diversité biologique et les techniques de modification génétique.

«Aux yeux du grand public, le monde des sciences agricoles s'est isolé de l'homme de la rue (ou de la femme travaillant au champ) et cherche à imposer ses idées à la planète plutôt qu'à comprendre les besoins des intéressés. Ce point de vue n'est pas nouveau, mais ne cesse de s'affirmer» a averti Mme Fresco.

«Les questions posées avec le plus d'insistance par le grand public concernent tant le partage des avantages que les effets sur la santé humaine et l'environnement de l'utilisation non contrôlée des cultures génétiquement modifiées perçus comme négatifs. La position de la FAO est que nous devons utiliser tous les moyens à notre disposition pour améliorer la sécurité alimentaire, à condition de les soumettre à des évaluations rigoureuses» a déclaré Mme Fresco.

Mme Fresco a déclaré au Congrès que la FAO était convaincue de la proximité d'un consensus sur la question des normes visant les aliments génétiquement modifiés et a affirmé: «Il ne fait pas de doute que les scientifiques sont moralement tenus de fournir au public des informations objectives, examinées par des pairs et de s'abstenir de publier trop vite des résultats insuffisamment vérifiés».

La FAO avait récemment créé un Comité international d'éthique afin d'ajouter la contribution de philosophes et de représentants des religions à celle des scientifiques pour l'étude des facteurs humains liés à l'agriculture, l'objectif étant de mettre les OGM au service de la lutte contre la faim et la malnutrition, tout en prenant toutes les précautions nécessaires pour protéger la santé humaine et l'environnement.

Passant à la question de la répartition des denrées alimentaires, Mme Fresco a déclaré que le déséquilibre des disponibilités alimentaires dans le monde correspondait à une application inégale des technologies de production améliorées. «Les scientifiques sont en partie responsables de l'applicabilité sélective des technologies aux circonstances écologiques les plus favorables et de ce fait de leur application inégale» a-t-elle déclaré.

À propos de la mondialisation, Mme Fresco a fait observer: «Quels que soient ses avantages potentiels, la mondialisation exacerbe les différences qui existent entre les pays et les régions et rend nécessaire l'élaboration de stratégies spécifiques en fonction des besoins».

En ce qui concerne l'utilisation responsable des ressources en terre et en eau, Mme Fresco a noté: «Dans le cadre d'une approche intégrée de la terre et de l'eau, le complément logique des efforts faits pour donner de l'eau à l'agriculture serait la mise au point de nouvelles lignées résistant à la sécheresse ou, à défaut, tolérant la sécheresse. La révolution de la génétique moléculaire permet aujourd'hui, au moins en théorie, d'accroître l'efficacité de la sélection et de résoudre des problèmes agronomiques traditionnellement insolubles, tels que la résistance à la sécheresse et l'amélioration des systèmes radiculaires».

À propos de l'exploitation de la diversité biologique, Mme Fresco a noté: «La FAO reconnaît que l'objectif de la sécurité alimentaire rend nécessaire la poursuite des travaux sur l'amélioration génétique des principales cultures, notamment afin d'accroître leur adaptabilité à la grande diversité des conditions agro-écologiques. Toutefois, j'insiste sur l'intérêt qu'il y aurait à étudier un plus large éventail d'espèces déjà adaptées à des écologies différentes et marginales».

Mme Fresco a poursuivi: «L'adaptation de nouvelles cultures exige sans doute du temps, mais il semble que l'amélioration de cultures mineures importantes sur le plan local, qui dans de nombreuses régions, contribuent largement au régime alimentaire, mais auxquelles la recherche-développement ne l'intéresse guère, offre d'immenses possibilités».

Mme Fresco a conclu: «Nous sommes tous responsables des faibles et des pauvres, même si dans notre monde en voie de mondialisation rapide et pourtant très inégal, il ne s'agit pas d'une évidence. Les agronomes doivent regarder bien au-delà de leur spécialité et appuyer l'adoption de mesures politiques et réglementaires visant à protéger le patrimoine international commun que constituent l'eau, les nutriments des sols et la diversité génétique».

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Pour toute demande de renseignements supplémentaires, prière de contacter M. Nick Parsons, Chef, Sous-division des relations avec les médias, Tél : 039-06-57053276, Mél. : Nick.Parsons@fao.org


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