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Communiqué de presse 00/49 Conjoint FAO/PAM LA MALNUTRITION INFANTILE A ATTEINT UN NIVEAU "INACCEPTABLE" EN IRAK, SELON LA FAO ET LE PAM LA SÉCHERESSE ET LE MANQUE D'INVESTISSEMENT AGGRAVENT LA SITUATION ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE
Rome, 13 septembre 2000.- De graves problèmes nutritionnels subsistent dans le sud et le centre de l'Irak malgré les progrès accomplis grâce au programme pétrole contre vivres, annonce un rapport conjoint de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM) publié aujourd'hui. La malnutrition infantile atteint désormais un niveau très préoccupant autour de Baghdad et dans les zones rurales, compte tenu de la sécheresse et de la pauvreté qui y règnent. En revanche, dans le nord du pays, la situation s'est bien améliorée: les taux de malnutrition aigus ont pratiquement disparu, la malnutrition chronique a été réduite de moitié. D'après le rapport FAO/PAM, "les taux de malnutrition infantile pour les régions centrale et méridionale du pays ne semblent pas avoir réellement diminué et les problèmes nutritionnels demeurent préoccupants". Les taux élevés de malnutrition expliquent le persistance de taux élevés de mortalité infantile qui, d'après le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), ont plus que doublé depuis la fin des années 1980. "La situation nutritionnelle des enfants d'âge scolaire est extrêmement préoccupante, notamment dans les zones rurales et chez les ménages pauvres. Les carences en micronutriments sont courantes et les cas d'anémie par manque de fer sont fréquents" indique le rapport. Le secteur agricole a beaucoup souffert ces dernières années, marquées par deux sécheresses consécutives, le manque d'investissement et la pénurie d'intrants agricoles. Le rapport indique que la production céréalière est tombée cette année à 794 000 tonnes, soit un niveau inférieur de 47 pour cent à celui de 1999, qui était déjà très bas, et inférieur de 64 pour cent à la moyenne des cinq dernières années. La sécheresse a également réduit l'alimentation des rivières, des barrages, des lacs et des canaux, dont certains sont complètement asséchés. Les perspectives sont donc défavorables pour les cultures d'été irriguées, ainsi que pour la prochaine récolte de légumes et de fruits d'été. La production totale de légumes devrait atteindre un million de tonnes, soit un niveau inférieur de 33 pour cent à celui de 1997. Toutefois, le rapport indique que les importations céréalières autorisées au titre du Programme pétrole contre vivres de l'ONU ont permis de redresser sensiblement la situation des approvisionnements alimentaires depuis l997/98. En 1995/96, la consommation de céréales par personne n'atteignait que 63 pour cent de la moyenne des années 1984/85-1988/89. En 2000/2001, elle pourrait atteindre 90 pour cent de ce niveau. Selon la FAO et le PAM, l'apport énergétique quotidien moyen disponible par personne est de quelque 2 500 kcal, soit un niveau supérieur à celui recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui est de 2 210 kcal. Toutefois, les rations alimentaires fournies au titre du Programme pétrole contre vivres et distribuées dans tout le pays "ne constituent pas un régime alimentaire approprié sur le plan nutritionnel, ni suffisamment varié", selon le rapport. Si les rations sont raisonnables sur le plan de l'apport énergétique et des protéines totales, elles manquent de légumes, de fruits et de produits d'origine animale. De nombreux ménages n'ont pas les moyens de compléter ces rations par un éventail d'aliments riches en micronutriments, comme la viande, le lait et les légumes. Plus de la moitié de la population irakienne adulte accuse un excès de poids. S'il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau dans la région, ce surpoids constitue néanmoins une source de préoccupations, "les maladies de cur, l'hypertension et le diabète étant les principales causes signalées de décès parmi les adultes". Dans le nord du pays, où le Programme pétrole contre vivres est exécuté par le Programme humanitaire interinstitutions des Nations Unies au nom du Gouvernement irakien avec la participation de la FAO et du PAM, la situation nutritionnelle s'est sensiblement améliorée. La malnutrition aiguë a presque disparu et les taux de mortalité infantile ont diminué, du fait essentiellement que la région est de plus en plus autosuffisante en matière d'alimentation et reçoit une assistance plus importante par personne. En outre, l'accent est mis sur des programmes nutritionnels ciblés, la production vivrière, la promotion de la croissance et la détection précoce de la malnutrition chez les enfants âgés de moins de cinq ans. Le rapport FAO/PAM signale que la malnutrition est souvent due à des facteurs autres que l'insuffisance de nourriture, notamment la mauvaise qualité ou la rareté de l'eau et l'absence d'assainissement, qui entraînent des infections répétées responsables de la malnutrition infantile. Les infections qui frappent les enfants sont liées au déclin de l'allaitement maternel, à l'introduction précoce d'aliments pour nourrissons et à l'augmentation de l'alimentation au biberon. Le rapport souligne qu'il importe avant tout d'entretenir et de remettre en état le système d'approvisionnement en eau et d'assainissement, comme condition préalable de la satisfaction des besoins les plus élémentaires, ainsi que d'informer la population, afin de promouvoir de meilleures pratiques sanitaires, alimentaires et nutritionnelles et en particulier l'allaitement maternel. Le rapport indique que l'offre de produits pharmaceutiques en Irak n'est pas suffisante pour répondre aux besoins de la population et que les services sanitaires sont tout à fait inadaptés. Les principales difficultés tiennent au mauvais état de l'infrastructure et à l'approvisionnement limité en électricité des hôpitaux et des dispensaires. L'impossibilité pour l'Irak d'importer le matériel nécessaire pour purifier l'eau a eu un impact très négatif sur les plans nutritionnel et sanitaire, notamment chez les jeunes enfants. Le rapport mentionne que les programmes d'intervention spécifique visant à améliorer la situation alimentaire, sanitaire et nutritionnelle au titre du Programme pétrole contre vivres « soit n'ont pas été exécutés, soit ont souffert d'un démarrage très lent ». Le Programme d'alimentation complémentaire recommandé par le Secrétaire général des Nations Unies en 1998 n'a jamais été exécuté, selon le rapport. « Bien que le plafond fixé pour les exportations de pétrole de l'Irak ait été supprimé et que le prix du pétrole ait augmenté, rien n'indique à ce jour que des mesures aient été prises pour mettre en uvre cette initiative indispensable au profit des enfants mal nourris." Le rapport invite instamment le gouvernement irakien à exécuter ce programme dans les meilleurs délais. Il existe d'autres programmes d'assistance extérieurs, en plus du Programme pétrole contre vivres, ciblés sur les populations malnourries et vulnérables de l'Irak. Mais le rapport note que la réaction des donateurs internationaux a été extrêmement réservée. Les dons ont à peine atteint un quart des ressources demandées par des institutions comme le Programme alimentaire mondial pour des opérations ciblées sur les enfants les plus défavorisés. Le rapport recommande d'accélérer le processus d'approbation des contrats pétrole contre vivres et d'assurer la livraison en temps opportun des importations humanitaires, notamment des denrées alimentaires et des médicaments. Il recommande également un soutien accru au redressement de l'agriculture, et en particulier la fourniture de semences et de matériel pour la conservation de l'eau et la gestion de l'irrigation. **************
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