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Communiqué de presse 01/02

LA PÊCHE EN MER REVENDIQUE PLUS DE 70 VIES PAR JOUR


Rome, 25 janvier 2001. - Avec plus de 70 tués par jour, la pêche en mer serait le métier le plus dangereux au monde, selon un nouveau rapport publié aujourd'hui par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le bilan annuel des victimes de la pêche en mer, évalué à 24 000 dans le monde par l'Organisation internationale du travail, serait nettement inférieur au chiffre réel, car seul un nombre limité de pays maintiennent à jour des relevés sur les accidents professionnels ayant entraîné des pertes en vie humaine parmi les pêcheurs, indique le rapport.

Au niveau mondial, plus de 97 pour cent des 15 millions de pêcheurs employés dans la pêche de capture marine travaillent à bord de navires de moins de 24 mètres de long, échappant ainsi aux normes des conventions et directives internationales en matière de pêche, souligne "La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2000" qui sera présenté au Comité des pêches de la FAO lors de sa prochaine réunion à Rome (26 février-2 mars 2001).

Là où les ressources à proximité des côtes ont été surexploitées, les pêcheurs doivent s'éloigner considérablement du littoral, parfois pendant des périodes prolongées, et fréquemment sur des navires conçus pour la pêche côtière et ne respectant pas les normes de sécurité, indique la FAO.

Parmi les principales raisons expliquant la fréquence des accidents, le rapport cite le fait qu'un instrument légal international sur la sécurité en mer doit encore être ratifié. Il cite aussi le manque de règlements nationaux ou, là où ils existent, leur inexécution, le manque d'expérience en haute mer et le manque de connaissances ou l'ignorance en matière de navigation, de prévisions météorologiques et de sécurité en mer. "Il est possible de remédier à ces causes et la FAO s'y emploie dans plusieurs projets notamment dans les Caraïbes, en Asie et dans le Pacifique", indique l'expert de la FAO Jeremy Turner.

Dans les pays en voie de développement, des navires non conçus pour la haute mer, le manque d'équipements de sécurité et des règlements inadaptés, périmés ou mal appliqués sont les causes principales d'accidents mortels. En une nuit, en novembre 1996, pendant un violent cyclone, plus de 1 400 pêcheurs ont péri dans l'Etat d'Andhra Pradesh (Inde) en raison de chalutiers mal conçus ou de l'ignorance de l'intensité du danger.

Dans les pays développés, les progrès techniques rapides concernant les navires et la pêche et l'application de règlements plus stricts n'ont pas toujours entraîné une diminution significative des accidents mortels. "Il semblerait que lorsque la sécurité des navires est améliorée, les exploitants prennent des risques plus grands dans leur recherche toujours plus active de captures importantes", souligne le rapport.

Par exemple, aux Etats-Unis, le taux d'accidents mortels parmi les pêcheurs est de 25 à 30 fois supérieur à la moyenne nationale dans d'autres occupations. En Italie, il est 21 fois supérieur à la moyenne nationale et en Australie, il est de 143 pour 100 000, comparé à la moyenne nationale de 8,1 pour 100 000.

En 1981, la Norvège a été un des premiers pays à offrir des cours de formation à la sécurité des pêcheurs. Ces cours sont devenus obligatoires en 1989. Les autres pays nordiques ont suivi et lorsque la Finlande introduisit des cours de sécurité destinés aux pêcheurs en 1999, tous avaient mis en place un enseignement dans ce domaine.

Le rapport de la FAO aborde aussi la question de "la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui est pratiquée dans toutes les pêches de capture". Ce problème majeur d'aménagement des pêches a été examiné notamment au cours d'une réunion ministérielle de la FAO sur les pêches en mars 1999. A cet égard, le rapport lance un appel en faveur d'une "coopération internationale concertée, car dans certaines pêcheries importantes, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée peut atteindre trois fois le niveau des captures admissibles".

Les conséquences incluent l'impossibilité de réaliser les objectifs d'aménagement des pêches et la perte d'opportunités économiques et sociales. "Dans les cas extrêmes, la pêche illicite peut provoquer l'effondrement d'une pêcherie ou affecter gravement les efforts de reconstitution des stocks de poisson épuisés", souligne la FAO.

Passant en revue les tendances en matière de production, d'utilisation et de commerce, le rapport indique que la pêche et l'aquaculture restent très importantes comme sources d'alimentation, d'emploi et de revenus pour beaucoup de pays et de communautés.

La production mondiale des pêches de capture et de l'aquaculture est passée de 122 millions de tonnes en 1997 à 117 millions de tonnes en 1998. Une contraction due principalement aux effets du phénomène climatique El Niño sur certaines des principales pêches de capture marines. Toutefois, les niveaux de production ont à nouveau augmenté en 1999 et, d'après les estimations préliminaires, devraient atteindre125 millions de tonnes", selon le rapport.

"Au cours des dernières décennies, la consommation mondiale de poisson par habitant a augmenté parallèlement à la croissance économique et au bien-être. Toutefois, la croissance n'est pas éternelle et la consommation devrait atteindre des plafonds car il y a des limites à la quantité d'aliments - y compris le poisson - qu'un individu peut consommer. Alors que dans les pays de l'OCDE, la perception que le public a du poisson est en train de changer (d'aliment de base il devient une spécialité culinaire), dans les pays en développement, le poisson demeurera une source importante de protéines dans le régime alimentaire d'un grand nombre de personnes", indique le rapport.

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Pour toute information complémentaire, contacter à la FAO le service des relations avec les médias (tél.: 0039.06.57053625), ou les experts Jeremy Turner (tél.: 0039.06.57056446) et Ulf Wijkström (tël.: 0039.06.57053156). Le rapport est disponible pour l'instant en anglais seulement sur le site internet de la FAO: http://www.fao.org/DOCREP/003/X8002E/X8002E00.htm


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