Communiqués de presse

 Archives 2001

Communiqué de presse 01/100

RAPPORT DE LA FAO SUR LA SITUATION ALIMENTAIRE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE- MEILLEURE QUE L'AN DERNIER, MAIS 2,5 MILLIONS DE PERSONNES SONT AFFAMÉES DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS


Rome, .13 décembre 2001-De nombreux pays d'Afrique subsaharienne sont encore victimes de graves pénuries alimentaires dues aux catastrophes naturelles et technologiques, même si la situation globale des disponibilités alimentaires est généralement meilleure qu'il y a un an, selon le dernier numéro du rapport Situation des approvisionnements alimentaires et perspectives de récolte en Afrique subsaharienne de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié aujourd'hui.

La Somalie est particulièrement à risque: la situation alimentaire est en train de se détériorer à grande vitesse à la suite d'un forte diminution de la récolte de la campagne principale de 2001, la plus basse depuis 7 ans, due à la sécheresse, annonce le rapport. La population victime de difficultés alimentaires est estimée à 800 000 personnes, dont 300 000 essentiellement dans les régions du sud menacées par la famine et ayant un besoin pressant d'aide alimentaire. Les fortes pluies tombées récemment sur les hauts plateaux voisins d'Ethiopie ont provoqué un débordement des fleuves au Sud de la Somalie, contraignant de grands nombres à se déplacer et aggravant la situation des approvisionnements alimentaires déjà très précaire.

La poursuite de l'embargo sur les importations de bétail d'Afrique de l'Est par les pays longeant la Péninsule arabe, dû à la fièvre de la Vallée du Rift, est en train de causer de sensibles pertes de revenus, en particulier en Somalie du Nord. L'interdiction imposée en septembre 2000 devrait avoir coûté au pays une perte de recettes de 120 millions de dollars. En outre, les envois d'argent des Somalis à l'étranger ont été réduits par la fermeture récente de la société de transfert Al-Barakaat, qui acheminait des millions de dollars dans le pays.

Dans la Région des Grands Lacs, plus de 2,5 millions de personnes déplacées à l'intérieur de la République démocratique du Congo, en grande partie inaccessibles aux organismes d'aide humanitaire compte tenu de la situation d'insécurité, vivent dans la misère et la faim. Le conflit en cours continue à bouleverser les activités agricoles. Dans la province du Katanga au Sud-Est, le taux de malnutrition infantile serait alarmant avec 11 enfants mourant chaque jour. La situation nutritionnelle demeure grave dans tout le pays, y compris à Kinshasa et d'autres centres urbains. Dans le reste de la région, la situation des disponibilités alimentaires s'est considérablement améliorée au Burundi et au Rwanda.

En Afrique de l'Est, la situation alimentaire s'est sensiblement améliorée par rapport à l'an dernier. En Erythrée, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Soudan et Tanzanie, de bonnes récoltes ont été rentrées ou sont prévues, compte tenu des conditions météorologiques favorables. Toutefois, les populations pastorales en Ethiopie et au Kenya continuent à dépendre de l'aide alimentaire à cause de la sécheresse qui persiste depuis trois ans. En Erythrée, une aide alimentaire continue d'être nécessaire pour plus de 50 000 personnes déplacées. En Ethiopie, on signale de graves pénuries alimentaires et la migration des gens et du bétail dans les zones pastorales à cause de la sécheresse persistante.

En Afrique australe, la situation alimentaire est précaire et des pénuries sont signalées dans plusieurs pays. Au Zimbabwe, de graves difficultés d'approvisionnement sont signalées dans le sud, l'est et l'extrême nord où la production a été réduite par le temps sec ou les pluies excessives. Quelque 705 000 personnes des zones rurales risquent des pénuries alimentaires. En outre, 250 000 habitants des zones urbaines connaissent des difficultés dues à un fort renchérissement des denrées alimentaires, tandis que 30 000 travailleurs agricoles environ ont perdu leur emploi et se retrouvent sans moyens de subsistance.

A l'échelon national, les stocks sont en train de s'épuiser. Le Gouvernement a pris des dispositions pour importer 150 000 tonnes de maïs mais le grain n'est pas encore arrivé dans le pays. La situation des approvisionnements alimentaires pourrait se détériorer davantage l'an prochain car les semis du maïs de 2002, actuellement en cours, risquent d'être interrompus par un décret gouvernemental autorisant la saisie des exploitations commerciales devant être achetées. On prévoit également des pertes de recettes d'exportation et l'intensification des problèmes économiques à mesure que les agriculteurs de rente réduisent la production.

En Angola, il faut une aide alimentaire pour 1,34 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays et de gens vulnérables. Le Malawi et la Zambie ont annoncé de grosses commandes d'importations de maïs. Au Mozambique, en dépit d'une bonne récolte, une aide alimentaire sera nécessaire pour environ 100 000 personnes victimes du temps sec. Au Botswana, au Lesotho, en Namibie et au Swaziland, où la production céréalière a été médiocre, des difficultés alimentaires sont prévues pour de nombreux ménages. Au Madagascar, la situation générale des disponibilités alimentaires s'est améliorée compte tenu d'une récolte exceptionnelle et d'importants stocks de report.

Il faut accorder une plus grande attention aux urgences complexes de longue date en Angola et en République démocratique du Congo, afin de trouver des solutions qui apporteront des secours faisant cruellement défaut aux populations victimes de ces pays, a déclaré la FAO.

En Afrique de l'Ouest, des récoltes céréalières exceptionnelles ont été rentrées dans le Sahel. Ceci permettra de reconstituer les stocks des agriculteurs et des gouvernements. Des récoltes record sont estimées au Burkina Faso, en Gambie et au Niger, tandis que des récoltes supérieures à la moyenne sont prévues au Mali, au Sénégal et au Tchad. Toutefois, les perspectives sont moins favorables au Cap-Vert, en Mauritanie et en Guinée-Bissau par rapport à l'an dernier. Dans les pays côtiers, les approvisionnements alimentaires demeurent précaires en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone à cause de l'impact des conflits intérieurs récents.

15 pays sont confrontés à des situations d'urgence alimentaire exceptionnelles

Angola                    troubles intérieurs, déplacements de populations
Burundi                   troubles intérieurs et insécurité
Congo, Rép. Dém.  troubles intérieurs, personnes déplacées à l'intérieur du pays, réfugiés
Erythrée                  pers. déplacées à l'intérieur du pays, rapatriés et sécheresse
Ethiopie                  sécheresse, pers. déplacées à l'intérieur du pays
Guinée                    pers. déplacées à l'intérieur du pays et réfugiés
Kenya                     sécheresse
Liberia                    troubles intérieurs passés, déplacements de population
Sierra Leone           troubles intérieurs, déplacements de population
Somalie                   sécheresse, troubles intérieurs
Soudan                   troubles intérieurs au sud, sécheresse
Tanzanie                 déficits alimentaires dans certaines parties, réfugiés
Ouganda                  troubles intérieurs dans certaines parties, pers. déplacées à l'intérieur                                du pays
Zambie                    pluies excessives, inondations
Zimbabwe               sécheresse dans certaines parties du pays

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Pour tout complément d' information, veuillez contacter le Service des relations avec les médias, tel. 0039.06.57053625 ou consulter http://www.fao.org.

Le rapport de la FAO sur la situation alimentaire en Afrique subsaharienne est disponible en anglais sur le site web de la FAO: http://www.fao.org/giews/english/eaf/eaftoc.htm


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