Communiqués de presse

 Archives 2001

Communiqué de presse 01/15

LES RECENTS CAS DE FIEVRE APHTEUSE NECESSITENT UNE ACTION INTERNATIONALE D'URGENCE, SOULIGNE LA FAO


Rome, 14 mars 2001 .- "La propagation rapide d'une souche pandémique de fièvre aphteuse illustre clairement la capacité du virus à diffuser dans de vastes zones géographiques provoquant des épizooties dans des pays qui étaient libres de la maladie durant plusieurs années", souligne l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans une déclaration diffusée aujourd'hui.

Dans certaines parties du monde, la situation de la FA s'est considérablement améliorée au cours des deux ou trois dernières décennies; l'Amérique du Nord, l'Amérique centrale, les pays du Pacifique et des Caraïbes sont libres de la maladie tout comme l'étaient jusqu'à récemment de grandes parties de l'Afrique australe et de l'Europe.

"Toutefois,la fièvre aphteuse demeure endémique et à haute prévalence dans beaucoup de pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie et d'Amérique du Sud. L'état de préparation aux situations d' l'urgence, les plans d'intervention et les campagnes de sensibilisation sont d'une importance capitale pour lutter contre la fièvre aphteuse. Aucun pays ne saurait se considérer à l'abri du risque de contracter la maladie du fait de l'accroissement du commerce international, du tourisme, du mouvement des animaux, des produits d'origine animale et des produits alimentaires."

La Commission européenne de la FAO pour la lutte contre la fièvre aphteuse discutera du 21 au 23 mars 2001, au siège de la FAO, à Rome, des foyers actuels et prodiguera des conseils aux pays concernés. Créée en 1954 sous les auspices de la FAO, cette Commission, qui compte 33 pays membres, coordonne les programmes nationaux relatifs à la fièvre aphteuse au niveau continental.

Le virus de la fièvre aphteuse est l'un des virus le plus virulent, indique la FAO. La fièvre aphteuse est une maladie virale extrêmement contagieuse qui atteint les animaux fissipèdes (à pied fourchu ou fendu). Elle est caractérisée par la formation de vésicules (cloques ou boursouflures remplies de liquide) et d'érosions dans la bouche, le naseau, les tétines et sur les pieds. Bien qu'elle ne soit pas habituellement mortelle, la maladie peut tuer les jeunes animaux ( porcelets, agneaux, chevreaux, veaux) et provoquer des pertes importantes de production ainsi que des souffrances aux animaux. Les pays affectés par la fièvre aphteuse ne peuvent plus exporter d' animaux et de produits d'origine animale . La fièvre aphteuse n'affecte que très rarement l'espèce humaine provoquant des signes bénins.

Plusieurs types distincts de virus provoquent la fièvre aphteuse. Le virus récemment découvert au Royaume Uni est du sérotype 0 et appartient au topotype panasiatique. Il a d'abord été identifié au nord de l'Inde en 1990 et s'est répandu vers l'ouest en direction de l'Arabie saoudite en 1994, puis à travers le Proche-Orient il est arrivé en Europe. En 1993, il a été identifié au Népal et, plus tard, au Bangladesh et au Bhoutan. Fin 1999 et en 2000, il a atteint la majeure partie de l'Asie du sud-est.

La capacité des épizooties de fièvre aphteuse à diffuser rapidement en parcourant de grandes distances a été constatée en septembre dernier lorsque le sérotype O panasiatique est arrivé en Afrique du sud. C'était la première fois que cette souche de virus était identifiée sur le continent africain.

Un risque particulier d'introduction du virus est associé à l'alimentation des porcs avec des eaux grasses, indique la FAO. Des suspicions laissent à penser que c'est probablement de cette manière que le virus a été introduit en Afrique du sud et au Royaume Uni.

En raison de la menace de propagation de la fièvre aphteuse à l'échelle mondiale, la FAO recommande aux pays les plus exposés au risque d'introduction de:

  • renforcer les mesures de surveillance par des campagnes de sensibilisation ciblant les vétérinaires et les industries de l'élevage et des transports;
  • renforcer les mesures de contrôle aux frontières et plus particulièrement veiller à empêcher d'éventuelles introductions de la fièvre aphteuse par des touristes ou à bord de véhicules, notamment les poids-lourds en provenance de zones infectées. Des affiches informant les voyageurs et les compagnies de transport sont disponibles dans la plupart des langues européennes auprès de la Commission européenne de lutte contre la fièvre aphteuse.
  • développer des plans pour faire face aux situations d'urgence, y compris des mesures pour la destruction des carcasses d'animaux et des dispositions pour la vaccination d'urgence en dernier recours.

La FAO a, d'autre part, lancé un appel pour "des contrôles plus stricts sur les importations de produits alimentaires en tous genres, y compris ceux qui sont transportés par les voyageurs et les déchets des navires et des avions".

Pour éradiquer la maladie, une politique d'abattage systématique est la méthode idéale, selon la FAO. La vaccination en anneau (autour des foyers) peut être entreprise pour faciliter le processus là où le nombre de foyers et d'animaux atteints est tellement grand qu'une approche d'abattage systématique pourrait poser des problèmes opérationnels ou d'acceptation du public. L'éradication de la maladie est l'objectif à ne pas perdre de vue. La vaccination ne saurait être un substitut à l'éradication, a souligné la FAO. "Bien que protégés contre la fièvre aphteuse, les animaux vaccinés ne sont pas totalement résistants et peuvent être infectés par le virus et rester porteurs. Pour maintenir l'immunité des animaux il convient de les revacciner régulièrement", selon la FAO.

"Pour combattre et éradiquer au bout du compte la fièvre aphteuse, davantage d'aide doit être accordée aux pays en développement pour lutter contre la maladie dans les régions endémiques", a souligné la FAO.

L'agence spécialisée des Nations Unies a développé un nouveau programme multimedia pour aider les pays à élaborer des procédures pour les situations d'urgence résultant d'épizooties. Ce programme appelé "Bonnes pratiques de gestion des situations d'urgence" (Good Emergency Management Practices-GEMP) vise à aider les pays à développer des plans pour parer aux situations d'urgences et s'appuyant sur l'alerte rapide, la réaction immédiate et des mesures de lutte adaptés à chaque maladie animale. (http://www.fao.org/WAICENT/FAOINFO/AGRICULT/AGA/EMPRES/GEMP.htm, en anglais, le français n'étant pas disponible pour l'instant) .

Le programme GEMP, qui fait partie du système de prévention des maladies transfrontalières des plantes et des animaux de la FAO (Emergency Prevention System-EMPRES), propose des mesures de lutte standard à mettre en application dans les situations d'urgence allant de la suspicion jusqu'à l'éradication de la maladie.

Il fournit également des informations sur les techniques de laboratoire pour l'identification des maladies et inclut une large photothèque illustrant les symptômes et facilitant ainsi le diagnostic. Il inclut également du matériel de formation, des vidéoclips et des liens avec les laboratoires du monde entier ainsi qu'avec lesorganisations concernées par la gestion des situations d'urgences.

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Pour toute information, contacter Erwin Northoff, Tel .00390657053105, Email: Erwin.Northoff@fao.org

ou consulter le site internet: http://www.fao.org/ag/AGA/AGAH/EUFMD/news/2001ukho.htm

Interview with the Director of the FAO/OIE World Reference Laboratory for Foot-and-Mouth disease (en anglais, le français n'étant pas disponible pour l'instant)


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