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 Archives 2001

Communiqué de presse 01/26

Dans un discours au Conseil économique et social, à New York
APPEL DU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FAO A RENOUVELER L'ENGAGEMENT CONTRE LA FAIM ET LA PAUVRETÉ EN AFRIQUE


New York, 27 avril 2001. - M. Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a souligné aujourd'hui qu'une volonté politique pour combattre la faim sur une base durable et un engagement ferme pour investir dans l'agriculture et le développement rural sont des éléments essentiels de toute initiative visant à l'éradication de la faim et de la pauvreté en Afrique.

On sait que la pauvreté est à l'origine de la faim et de la malnutrition, mais on néglige souvent le fait que la faim et la malnutrition sont, elles-mêmes, deux causes principales de la pauvreté, a déclaré en substance M. Diouf.

Le chef de l'agence spécialisée des Nations Unies s'adressait à une commission de haut niveau sur l'agriculture et la sécurité alimentaire durable en Afrique, mise sur pied par la FAO dans le cadre des préparatifs de la prochaine session du Conseil économique et social de l'ONU, prévue pour juillet 2001 à Genève.

M. Diouf a souligné que la réduction de la pauvreté était cruciale pour un certain nombre de pays africains affligés d'une croissance économique fragile et lente. Même si la proportion de sous-alimentés en Afrique subsaharienne reculait de 22 pour cent d'ici à 2015, le nombre absolu de malnourris passerait de 180 millions en 1995/1997 à 184 millions en 2015, a indiqué le Directeur général de la FAO.

En 1996, les chefs d'Etat et de Gouvernement, réunis à Rome lors du Sommet mondial de l'alimentation, s'étaient engagés à réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre de malnourris de la planète. Ils se réuniront de nouveau à Rome en novembre prochain pour faire le point en ce qui concerne l'application du Plan d'action adopté en 1996.

Plus de 800 millions de personnes souffrent encore de faim et de malnutrition dans un monde d'abondance. Selon la FAO, à moins que des efforts supplémentaires ne soient déployés pour franchir des étapes décisives dans le combat contre la faim, l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation ne sera pas atteint avant 2030, soit 15 ans plus tard.

M. Diouf a souligné, dans son discours au Conseil économique et social, que toute initiative ou tout engagement visant à réduire la faim et la pauvreté doit nécessairement cibler l'Afrique et impliquer davantage ses leaders et ses populations.

En 1990, l'Afrique a reçu 30 pour cent de l'aide publique au développement consacrée à l'agriculture. En 1998, ce chiffre est tombé à 21 pour cent.

Evoquant la mondialisation qui, a-t-il dit, offre des possibilités de croissance et de développement dans toutes les parties du monde, le Directeur général de la FAO a estimé que les espoirs et les promesses liés à une libéralisation rapide du commerce ne se sont pas encore matérialisés dans beaucoup de pays africains.

Plusieurs facteurs empêchent les pays africains de profiter pleinement du commerce international, a indiqué M. Diouf. Parmi ces facteurs: des contraintes internes mais aussi les subventions élevées à l'agriculture et les mesures protectionnistes dans beaucoup de pays riches.

Selon M. Diouf, les pays africains devraient pouvoir accéder plus équitablement au marché mondial, notamment en ce qui concerne les produits ayant une forte valeur ajoutée. Quant aux contraintes internes, elles pourraient être levées par une assistance financière et technique substantielle.

La mobilisation des ressources - publiques, privées, internes, internationales - pour accroître la capacité productive de l'agriculture est un facteur essentiel de réduction de la pauvreté, de la sous-alimentation et de la malnutrition, a souligné le Directeur général de la FAO.

"Beaucoup de problèmes de santé affectant les populations africaines sont dus ou sont exacerbés par la faim et la malnutrition. Une mauvaise santé, à son tour, affecte la productivité et le développement économique et social. Il est essentiel de briser ce cercle vicieux en Afrique", a affirmé M. Diouf.

Pour se convaincre de la nécessité d'accorder la priorité au développement agricole, il convient de rappeler qu'en Afrique, on utilise quelque 19 kg d'engrais par hectare par an, contre 100 kg par hectare en Asie de l'est et 230 kg par hectare en Europe occidentale. En outre, en Afrique subsaharienne, 2,7 pour cent seulement des terres cultivables sont irriguées, contre 11,7 pour cent en Amérique latine et 42,6 pour cent en Asie du sud, a déclaré en substance M. Diouf.

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