Communiqués de presse

 Archives 2001

Communiqué de presse 01/28

PESTICIDES PERIMES: NOUVELLE MISE EN GARDE
DE LA FAO


Rome, 9 mai .- Plus de 500 000 tonnes de pesticides périmés, non utilisés ou interdits, représentent une menace pour la santé de millions de personnes et pour l'environnement de la quasi-totalité des pays en développement et des pays en transition, met une nouvelle fois en garde l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

L'agence spécialisée des Nations Unies tire la sonnette d'alarme dans un nouveau rapport publié aujourd'hui(*) et qui sera examiné lors d'une réunion internationale de donateurs à Rome (10-11 mai 2001). Il ressort de ce document que les chiffres sont considérablement plus élevés que les estimations précédentes d'environ 100 000 tonnes.

Selon la FAO, les quantités de pesticides périmés répertoriées en Afrique et au Proche-Orient sont estimées à plus de 100 000 tonnes, tandis que le chiffre grimpe à plus de 200 000 tonnes en Asie, et à 200 000 autres tonnes en Europe de l'Est et en ex-Union Soviétique. Pour l'Amérique latine, la FAO est encore en train de dresser l'inventaire.

"L'héritage mortel des pesticides périmés est alarmant, et des mesures doivent être prises urgemment pour nettoyer les dépôts de résidus," affirme Alemayehu Wodageneh, l'expert de la FAO. "Ces stocks 'oubliés' constituent un risque non seulement pour la santé publique, mais polluent aussi les ressources naturelles. Les pesticides qui s'infiltrent dans la nappe phréatique et le sol peuvent contaminer des zones très étendues et les rendre impropres à la production agricole."

Les résidus de pesticides continuent à s'accumuler depuis plus de trente ans, souligne la FAO. Les décharges contiennent certains des insecticides les plus dangereux, tels les polluants organiques persistants (aldrine, chlordane, DDT, dieldrine, endrine et heptachlore) qui ont été interdits dans la majorité des pays, et les organophosphorés. La décomposition des pesticides entraîne la formation de sous-produits, qui peuvent être plus toxiques encore que la substance originale. Les dépôts renferment aussi des pulvérisateurs contaminés, des fûts de pesticides vides et d'énormes quantités de sol fortement pollué.

De nombreux stocks se trouvent à proximité des champs cultivés et des puits dans les zones rurales pauvres, et près des maisons, des magasins d'alimentation et des marchés dans les zones urbaines. Les dépôts sont souvent abandonnés ou en très mauvais état, souligne le rapport. Souvent, les pesticides sont abandonnés à ciel ouvert; ou sont entreposés dans des structures de boue et de paille, avec des sols en terre; les barils métalliques se corrodent et laissent échapper leurs substances toxiques dans le sol.

Les dépôts de déchets toxiques sont souvent situés en plein cœur des villages, au mépris des mesures de sécurité. Les femmes préparent les repas et puisent l'eau, les enfants jouent et les animaux paissent à proximité de dépôts de pesticides abandonnés et non étanches. On ne dispose pas d'étude systématique sur les effets sur la santé, mais les autochtones se plaignent de maux de tête, de nausée et de toux.

L'accumulation de pesticides périmés est due au fait qu'un certain nombre de produits n'ont jamais été utilisés ou éliminés, après avoir été interdits pour des raisons liées à la santé ou à l'environnement, souligne la FAO. Dans de nombreux pays africains, par exemple, le dieldrine était utilisé dans la lutte antiacridienne jusqu'à la fin des années 80. A la suite de quoi, il a été interdit, mais aucune mesure n'a été prise pour éliminer ou épuiser les stocks existants.

Souvent, les formulations ne sont pas stables en milieu tropical et, par conséquent, le produit se dégrade rapidement. De nombreux pesticides ont une durée de vie qui ne dépasse pas deux ans, et qui est encore raccourcie par un mauvais stockage sous la chaleur tropicale et l'humidité. Dans certains cas, les pesticides n'ont pas été étiquetés ou l'ont été, mais dans une langue que l'utilisateur ne comprenait pas, ce qui veut dire que ces pesticides n'ont pu être utilisés.

Les pesticides avaient été livrés naguère par les organismes d'aide avec les meilleures intentions, mais un manque de coordination a été un des facteurs principaux de fournitures excessives, explique la FAO. Par ailleurs, les gouvernements des pays en développement, en particulier des pays à économie dirigée, ont acheté des pesticides qu'ils n'ont pas utilisé. Dans certaines régions d'Afrique, on voit encore s'accumuler des stocks de pesticides périmés.

Dans de nombreux cas, les produits se sont avérés inefficaces contre les nuisibles et les plantes adventices qu'ils étaient censés détruire, et ils n'ont donc jamais servi. Par ailleurs, il est difficile de prévoir une infestation de ravageurs ou son entité, ce qui veut dit qu'on se retrouve parfois avec des stocks de pesticides non utilisés.

Les principaux producteurs de pesticides se trouvent en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en Chine et en Inde. "La fourniture de pesticides implique de grosses sommes d'argent," selon le rapport de la FAO. "En conséquence, toute une série d'intérêts cachés peuvent intervenir dans les décisions concernant l'achat ou les dons de pesticides. Et souvent, ces intérêts ne tiennent pas compte de la meilleure solution technique aux problèmes de ravageurs."

Les pesticides périmés sont considérés comme des déchets dangereux, affirme la FAO. Leur élimination et destruction sont coûteuses, environ 3 dollars E.-U. le kilo ou le litre. Des fonds pour l'élimination de ces pesticides ont été octroyés presque exclusivement par les gouvernements et les organismes d'aide. Jusqu'à présent, moins de 3 000 tonnes ont été éliminées en Afrique et au Proche-Orient. L'opération de nettoyage a été essentiellement financée par l'Allemagne, les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Suède et la FAO.

La FAO aide le gouvernement d'Ethiopie à mettre en œuvre le plus grand projet de nettoyage de pesticides dangereux en Afrique. Quelque 3 000 tonnes de pesticides, plus du sol hautement contaminé, doivent être prélevées de 900 sites pour être envoyés en Finlande où ces quantités seront incinérées, seule méthode d'élimination sans risques et acceptable d'un point de vue écologique. Les coûts totaux d'élimination sont estimés à environ 8 millions de dollars, dont, à ce jour, quelque 4 millions de dollars ont été fournis par les Etats-Unis, les Pays-Bas et la Suède.

Dans son rapport, la FAO exhorte les grands groupes chimiques représentés par la Fédération mondiale de protection des cultures à contribuer urgemment à l'élimination à l'échelle mondiale des pesticides produits par les sociétés affiliées à la Fédération. L'industrie s'est engagée à financer l'incinération des pesticides périmés, mais jusqu'à présent, sa contribution a été minime, selon la FAO.

"Le soutien de l'industrie est crucial pour l'élimination future des pesticides car les organismes d'aide des pays donateurs ne peuvent prendre tous les coûts à leur charge,"affirme Wodageneh.

La FAO a invité ses membres à appliquer les méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs, respectueuses de l'environnement, et à réduire considérablement - dans la mesure du possible -- le recours aux pesticides.

***

(*) Le rapport a été publié conjointement par l'Organisation pour la Coopération et le développement économiques (OCDE) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). Pour des informations complémentaires, contacter Erwin Northoff (chargé d'information FAO), tél.: 0039.0657053105. Du matériel vidéo est disponible (prière contacter Enrique Yeves, tél.:  0039.06.57052518).

******

Pour de plus amples renseignements sur les pesticides périmés, veuillez consulter le site web de la FAO:  http://www.fao.org ou contacter Erwin Northoff, Chargé des médias, Tel: 0039-06-5705 3105.

Pour du matériel vidéo sur les pesticides périmés en Ethiopie, contacter Enrique Yeves, Chargé de la réalisation des vidéos, Tel: 0039-06-5705 2518.


Clip-audio

M. Modibo Sacko est Chef du Service de Contrôle des Pollutions et des Nuisances, au Ministère malien de l' Environnement.

Au micro de Liliane Kambirigi (FAO), il déclare que les efforts pour éliminer les pesticides périmés au Mali sont encore insuffisants.

Durée : 2minutes
En Realaudio (713KB)

ftp://ext-ftp.fao.org/Radio/RealAudio/2001/Obsolete-Pesticides-fr.rm
En mp3 ( 938KB, qualité Broadcast)

ftp://ext-ftp.fao.org/Radio/MP3/2001/Obsolete-Pesticides-fr.mp3
Modalités d'écoute des fichiers audio

Les fichiers RealAudio requièrent le logiciel RealPlayer, voir
http://www.real.com. (RealPlayer 8 Basic is free)

Il faut un logiciel mp3 pour écouter les fichiers mp3:Winamp, Windows Media
player, Quicktime 4.0, RealplayerG2, etc...que vous pouvez obtenir
gratuitement sur le Web: http://www.winamp.com; http://quicktime.com;
http://www.microsoft.com/downloads/


>
Page d' accueil de la FAO 
>
 Rechercher notre site 

Suggestions?: Webmaster@fao.org

©FAO, 2001