Communiqués de presse

 Archives 2001

Communiqué de presse 01/31

LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FAO SOULIGNE LES AVANTAGES DES BIOTECHNOLOGIES DANS LA LUTTE CONTRE LA FAIM ET LA MALNUTRITION ET PRÉCONISE UN DÉBAT OUVERT SUR LEURS RISQUES POTENTIELS


Stockholm, 14 mai- Les biotechnologies et les organismes génétiquement modifiés (OGM) peuvent contribuer à accroître les disponibilités, la diversité et la qualité des produits alimentaires et à réduire les coûts de production et la dégradation de l'environnement, alors que le monde se débat encore avec le fléau de la faim et de la malnutrition, a déclaré Dr. Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans une allocution aujourd'hui à Stockholm. Les risques écologiques des biotechnologies devraient, toutefois, être affrontés ouvertement et les nouvelles technologies ne devraient pas venir creuser l'écart entre nations riches et pauvres, a-t-il dit.

Dr. Diouf s'adressait à la Conférence internationale sur « Cultures génétiquement modifiées, Pourquoi? Pourquoi pas? » organisée par l'Académie Royale suédoise de l'agriculture et des forêts (Stockholm, 14-15 mai).

"Tous nos efforts doivent viser à garantir que les avantages potentiels des biotechnologies, moyennant les mesures de protection nécessaires pour la santé et l'environnement, soient à la portée de tous, y compris des populations pauvres et des catégories les plus défavorisées," Dr. Diouf a souligné. "Nous ne pouvons feindre d'ignorer que la salubrité des aliments fait partie intégrante de ce processus de recherche-développement.."

Dr. Diouf a déclaré que toute application d'OGM doit être analysée avec attention au cas par cas. "En évaluant de façon complète et transparente les applications des OGM, et en reconnaissant leurs incidences à court et à long terme, on peut rendre le débat moins houleux et plus constructif. Le scientifique a une responsabilité éthique fondamentale à cet égard,"a-t-il ajouté. "Toutes les parties prenantes doivent avoir accès à des évaluations rigoureuses et objectives des avantages et des risques liées à l'utilisation des technologies génétiques."

"A condition d'être correctement exploitées, les biotechnologies et le génie génétique peuvent contribuer à atténuer l'insécurité alimentaire et la malnutrition," a déclaré Dr. Diouf. "Plus de 800 millions de personnes dans le monde vont se coucher le ventre vide ou ne ferment pas l'œil de la nuit à cause des atroces souffrances de la famine. En outre, des milliers d'enfants victimes de malnutrition ne verront pas le lendemain."

Dr. Diouf a fait remarquer que "nous ne pouvons plus dépendre, pour accroître la production, de nouvelles étendues de terres vierges. L'essor de la production vivrière doit venir d'un rendement accru des terres déjà cultivées aussi bien par les petits agriculteurs les plus démunis que par les grandes exploitations. Ceci soulève un enjeu binaire: accroître la productivité sur les terres les plus fertiles exploitées par les agriculteurs les plus riches, et améliorer la production et la gamme des cultures vivrières sur les terres marginales et fragiles".

"On s'accorde désormais à reconnaître que nous nous trouvons au point mort après la Révolution verte et que les plafonds de rendement des principales cultures vivrières ont déjà été atteints dans les programmes de sélection traditionnels,"a -t-il dit. Les biotechnologies et le génie génétique pourraient contribuer à surmonter ce problème et relever les plafonds de rendement.

Dr. Diouf a qualifié une nouvelle variété de riz baptisée 'riz doré' "probablement la percée la plus importante en matière de génie génétique, qui présente une application directe pour la malnutrition et l'insécurité alimentaire." Le 'riz doré' est une variété de riz transgénique à la teneur accrue en pro-vitamine A et en fer.

"Le grand intérêt manifesté pour mettre cette plante transgénique à la portée des agriculteurs des pays en développement est tout à fait justifiable, en particulier pour combattre les morts prématurées et la cécité provoquées par la déficience en vitamine A. On estime que 180 millions de personnes souffrent de carences en vitamine A, et que, chaque année, deux millions d'entre elles en meurent, des centaines de milliers d'enfants deviennent aveugles et un grand nombre de femmes souffrent d'anémie, principale cause de décès chez les femmes en âge de procréation," Dr. Diouf a souligné.

Il a invité à continuer à investir dans les systèmes de recherche, la formation et l'assistance technique dans tout le monde en développement. "Les pays en développement ont besoin d'une aide, non seulement dans les installations de laboratoire et le savoir-faire -comment pratiquer les essais de terrain des cultures génétiquement manipulées et les autres produits de la recherche biotechnologique; ils ont également besoin d'une aide sur les questions de politique et de gestion de la recherche liée aux biotechnologies et au génie génétique."

Dans ce contexte, les gouvernements et la communauté internationale de donateurs devraient apporter un soutien énergique aux systèmes nationaux de recherche agricole, selon Dr. Diouf. "Le secteur privé et en particulier les grandes multinationales des sciences de la vie ont un rôle primordial à jouer à cet égard, non seulement en faisant partager à tous, les résultats et les produits de leur recherche, mais aussi en nouant des partenariats spécifiques (recherche et formation) avec les systèmes nationaux de recherche de manière à exploiter les progrès des biotechnologies et de la recherche sur le génome, en faveur de la lutte contre la pauvreté et de l'insécurité alimentaire".

Le Directeur général de la FAO a fait remarquer que le consommateur a le droit de choisir en connaissance de cause. "Ce droit procède du concept éthique de l'autonomie des personnes. Ce principe peut être appliqué, par exemple, au débat sur l'étiquetage des aliments dérivés des OGM pour garantir que les consommateurs sachent ce qu'ils achètent et puissent choisir en connaissance de cause," a-t-il dit.

Les hommes et les femmes, en particulier les populations pauvres et démunies, qui n'ont guère d'instruction et aucune possibilité sociale d'influer sur les décisions concernant les OGM sont légion. Leurs problèmes et leur bien-être doivent inspirer le débat sur l'impact des OGM sur leurs vies et leurs moyens d'existence, et sur tous les avantages ou risques pouvant en dériver. Autre sujet de préoccupation: le fait que les générations futures n'ont pas voix au chapitre dans les décisions portant sur les OGM.

"Si les technologies génétiquement modifiées offrent un vaste potentiel pour un monde où règne une véritable sécurité alimentaire, il ne faut pas oublier qu'il incombe à nous tous- communauté scientifique, communauté internationale, multinationales des sciences de la vie, donateurs ainsi que gouvernements nationaux - de veiller à ce que les pays en développement partagent équitablement ces progrès exaltants que nous offre la science, et ceci, sans porter atteinte à la santé de leurs habitants ni à l'environnement," selon Dr. Diouf. "Cela suppose une participation plus ouverte, plus intégrée et plus coopérative de toutes les parties prenantes s'occupant du développement de l'agriculture et de la production vivrière dans les pays."

Pour tout complément d'information sur la position de la FAO sur les biotechnologies et l'agriculture, consulter le site: http://www.fao.org/ag/fr/guides/themes/B.htm


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