Communiqués de presse

 Archives 2001

Communiqué de presse 01/32

AU FORUM MONDIAL SUR L'AGRICULTURE, À ST.-LOUIS (MISSOURI)
"LA FAIM, UNE TACHE SUR LA CONSCIENCE DE L'HUMANITÉ", SOULIGNE JACQUES DIOUF
LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FAO DEPLORE, PAR AILLEURS, LES SUBVENTIONS A L'AGRICULTURE


St.-Louis, Missouri, 20 mai 2001. - Monsieur Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a déploré, dans son intervention au Forum mondial sur l'agriculture, la persistance de la faim dans le monde et souligné la nécessité d'intensifier les efforts en vue d'assurer l'accès de tous à une alimentation saine et nutritive.

Le chef de l'agence spécialisée des Nations Unies, qui commentait le thème "Le Contrat entre la Société et l'Agriculture", a invité les gouvernements, les organismes internationaux et les organisations de la société civile à redoubler d'effort pour "éviter que le problème de la faim - une tache sur la conscience de l'humanité - ne persiste au cours des prochaines décennies".

"Malgré l'abondance de nourriture, confirmée par les chiffres et les tendances au niveau mondial, des centaines de millions de personnes continuent de se coucher le ventre creux tous les soirs", a souligné Monsieur Diouf.

Bien que la proportion de la population mondiale souffrant de sous-alimentation chronique soit passée de 37 à 18 pour cent au cours des trente dernières années, le nombre effectif de sous-alimentés dans les pays en développement est passé de 960 millions à 790 millions de personnes au cours de la même période. En outre, on compte 34 millions de sous-alimentés dans les pays industrialisés, selon la FAO.

Soulignant la nécessité d'investissements accrus dans l'agriculture, le Directeur général de la FAO a déploré le fait que les politiques agricoles et commerciales d'un certain nombre de pays industrialisés n'aient pas toujours instauré un environnement propice au développement de l'agriculture des pays en développement.

"Rien qu'en 1999, les subventions à l'agriculture des pays de l'OCDE étaient estimées à 361,5 milliards de dollars, soit 1,4 % du PNB total", a indiqué Monsieur Diouf. Ce soutien est conforme aux accords de l'OMC, mais il ne fait pas de doute qu'il accorde aux pays industriels un avantage considérable par rapport aux pays pauvres. Il est également intéressant de comparer ce chiffre à celui de l'aide officielle au développement accordée à l'agriculture qui a atteint 7,4 milliards de dollars en 1998, a fait remarquer Monsieur Diouf.

Commentant les défis du secteur agricole en ce qui concerne les besoins essentiels de la société - parallèlement aux défis en matière de santé, de ressources naturelles et de préservation de l'environnement - le Directeur général de la FAO a fait observer que les temps actuels nécessitaient plus que jamais des choix réfléchis "car nous frôlons des seuils critiques qui pourraient limiter la production".

Monsieur Diouf a souligné que le combat contre la faim dans le monde n'était pas seulement un impératif d'ordre moral mais aussi un facteur bénéfique pour l'économie et la sécurité de toutes les sociétés.

"La faim est souvent non pas le résultat mais la source de conflits et de troubles civils; elle influe directement sur l'immigration et l'urbanisation incontrôlées."

Monsieur Diouf a invité la "société mondiale" à percevoir le problème de la faim dans n'importe quelle partie de la planète comme une partie intégrante de son contrat avec l'agriculture et à prendre toutes les dispositions nécessaires pour remplir ses obligations à cet égard.

En 1996, lors du Sommet mondial de l'alimentation, les responsables de 186 pays, dont 112 représentés par leurs chefs d'Etat ou de gouvernement, se sont engagés à réduire de 800 millions à 400 millions le nombre de sous-alimentés dans le monde avant 2015. Pour atteindre cet objectif, il faudrait réduire de 20 millions par an le nombre de sous-alimentés. Mais le taux actuel de diminution n'est que de 8 millions par an, selon la FAO.

Il reste encore beaucoup à faire pour répondre aux besoins de tous ceux qui dépendent essentiellement du secteur agricole pour leur subsistance. Pour renforcer la volonté politique exprimée en 1996 tout en mobilisant les ressources nécessaires au double plan national et international, la FAO a convoqué les chefs d'Etat et de gouvernement de la planète à un "Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après" qui se tiendra à Rome du 5 au 9 novembre prochain, a indiqué Monsieur Diouf.

En 1999, 60 pour cent de la population totale des pays en développement vivait en milieu rural alors que la part de l'agriculture dans la main-d'oeuvre totale était également proche de 60 pour cent. Dans beaucoup de pays ayant un niveau élevé de sous-alimentation, l'agriculture représente plus de 50 pour cent du PNB et assure directement ou indirectement la subsistance de 70 pour cent des pauvres et des personnes souffrant d'insécurité alimentaire.

Pour l'ensemble des pays en développement, le déficit de l'investissement brut dans l'agriculture par rapport à l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation s'établit à 12 pour cent par an, alors que la part de ressources extérieures sous forme d'aides ou de prêts au secteur agricole de ces pays est en régression.

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Pour toute information, consulter: http://www.fao.org ou téléphoner au Chargé d'information de la FAO, Michael Hage, Washington D.C., tél.: 202.6530011, portable: 703.8626075; email: michael.hage@fao.org


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