Communiqués de presse

 Archives 2001

Communiqué de presse 01/41

PLUS DE 30 PAYS ONT PRIS DES MESURES POUR MAITRISER L'ESB, MAIS IL RESTE BEAUCOUP A FAIRE, SELON LA FAO


Rome, 21 juin 2001- Plus de trente pays ont amélioré la surveillance et interdit les importations de farines animales et de bétail sur pied des pays d'Europe de l'Ouest, où la présence d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) a été confirmée, a déclaré aujourd'hui l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

A Paris, la semaine dernière, une conférence internationale sur l'ESB, organisée conjointement par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la FAO et l'Office international des épizooties (OIE), a exhorté les pays à ne pas relâcher la vigilance. Les gouvernements devraient évaluer les risques et prendre des mesures de précaution contre la propagation de l'ESB chez les bovins et sa forme humaine vCJD.

En janvier, la FAO avait prévenu que plus de 100 pays ayant importé des farines animales ou des bovins sur pied d'Europe occidentale durant les années 80 sont à risque. Il sont notamment situés en Europe de l'Est, en Asie et au Proche-Orient. La République tchèque a récemment signalé son premier cas de « vache folle ».Certains pays ont en outre réexporté les farines de viandes et d'os vers des pays tiers.

"Il se peut que l'ESB ne soit pas encore détectée dans les pays hors de l'Europe occidentale qui ont importé des produits contaminés dans les années 80 et 90 et ne disposent pas de systèmes efficaces de surveillance et de gestion des risques," explique Andrew Speedy, expert en production animale à la FAO. "Mais si les pays prennent les mesures nécessaires, les consommateurs peuvent être rassurés que le bœuf qu'ils mangent ne présente aucun danger".

La plupart des pays qui ont limité les échanges, tels l'Argentine, l'Uruguay et la Namibie, sont des exportateurs de viande et se préoccupent fortement de maintenir leur statut de partenaire commercial.

Certains pays importateurs de viande ont imposé un embargo vis-à-vis des viandes bovines et des bovins en provenance des pays concernés par l'ESB et de pays considérés à risque. Au moins 15 pays ont été plus sourcilleux en renforçant leurs contrôles sanitaires et en lançant des programmes de surveillance pour dépister des symptômes d'ESB chez les animaux suspects.

Quelques pays ont suivi la recommandation de la FAO de suspendre l'utilisation de toutes les farines de viandes et d'os pour l'alimentation des ruminants, et non pas seulement celles importées d'Europe, tandis que certains pays ont envisagé d'interdire totalement les farines protéiques animales pour tous les animaux de ferme.

L'étude d'évaluation des risques du Comité scientifique directeur de l'UE considère que 24 des 46 pays analysés jusqu'à présent appartiennent à la catégorie à plus haut risque.

La FAO a souligné que l'interdiction des importations de farines animales, de bovins et de viande bovine n'est pas le seul remède pour maîtriser la propagation de l'ESB.

"Tous les pays n'appartenant pas à l'UE devraient conduire une évaluation nationale des risques d'ESB au moyen d'enquêtes et de tests ciblés des animaux à haut risque - en particulier des animaux importés- dans les abattoirs et du cheptel abattu dans les fermes," affirme M. Speedy. L'industrie des aliments pour animaux devrait garantir la traçabilité des ingrédients et mettre en oeuvre le système d'analyse des risques aux points critiques (HACCP), qui vise à identifier les problèmes potentiels et à prendre des mesures correctrices dans toute la filière alimentaire.

La FAO a invité les gouvernements à mettre en œuvre un plan national de lutte contre l'ESB. Compte tenu de la législation et des mécanismes de surveillance désormais imposés en Europe, tous les pays devraient interdire de nourrir les bovins, ovins et caprins avec des farines de viandes et d'os.

La FAO a souligné qu'il existe de nombreuses autres sources de protéines, sans danger et à des prix abordables, pour l'alimentation des animaux d'élevage. Les animaux sur pied et les produits animaux ne devraient être importés que de pays où sont en vigueur des mesures des contrôle rigoureuses. Tous les animaux devraient être identifiés et traçables.

Les bovins destinés à la consommation humaine devraient être abattus au plus tard à 30 mois, a déclaré la FAO. Au-delà de cet âge, ils devraient être soumis à un test post-mortem de détection du prion. Certains matériaux à risque spécifié devraient être éliminés radicalement de la filière alimentaire (tête, moelle épinière, ganglions lymphatiques, et une partie des intestins). Ceci s'applique à tous les animaux à faible risque (gestion traditionnellement locale) et devrait être obligatoire dans le cas d'animaux à haut risque (animaux d'élevages intensifs et d'importation). Dans la majorité des pays, il faut de meilleures procédures d'abattage pour limiter au minimum l'éventuelle contamination. Les méthodes d'abattage devraient se limiter aux méthodes non pénétrantes d'assommage électrique ou de pistolet percuteur. Les animaux morts impropres à la consommation humaine ne devraient en aucun cas être introduits dans la chaîne alimentaire.

Des inspections ante-mortem rigoureuses devraient être effectuées à la recherche de symptômes de l'ESB. Les cas suspects montrant des signes cliniques devraient être abattus, la maladie confirmée ou réfutée par l'histopathologie ou des tests de laboratoire.

Les experts sont en train d'examiner le risque d'ESB chez les ovins et les caprins. Des animaux ont été infectés à titre expérimental mais jusqu'à présent, aucun cas naturel d'ESB n'a été décelé. Toutefois, la FAO recommande d'éliminer les matériaux à risque spécifié (MRS) des ovins et des caprins et de les exclure de la filière alimentaire.

La FAO a constaté qu'il faut renforcer la formation et les capacités dans tous les pays. Il est important également d'accroître la sensibilisation auprès des agriculteurs et de l'industrie animale.

Pour venir en aide aux nombreux pays en développement, la FAO fournit une assistance technique visant à établir une législation sur l'alimentation animale -ou à la mettre à jour- et à améliorer les mesures de sécurité sanitaire des aliments destinés à la consommation humaine et animale. "Si des mesures rigoureuses de lutte contre l'ESB sont mises en oeuvre, on peut être assuré de l'innocuité des produits, et le commerce peut être pratiqué en toute confiance", affirme Andrew Speedy.

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Pour toute information, veuillez contacter : Erwin Northoff, tél. : (+39 06) 570 5 3105, courrier: erwin.northoff@fao.org


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