Communiqué de presse 01/57
LA FAO RECONNAÎT LE ROLE IMPORTANT ET CROISSANT DE LA CUNICULTURE
La production mondiale de lapins dépasse un million de tonnes
Rome, le 28 septembre 2001. - A l'occasion de la tenue demain à Ragusa
(Sicile) de l'assemblée générale de l'Observatoire
international permanent sur la cuniculture des pays du bassin
méditerranéen, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO) a annoncé qu'elle tient à promouvoir
les activités cunicoles à travers les différents projets
d'élevage qu'elle soutient dans le monde.
"On reconnaît de plus en plus que les petites espèces, notamment
le lapin, ont un potentiel qui a été sous-valorisé
jusqu'ici", a déclaré Emmanuelle Guerne-Bleich, experte en
production animale de la FAO.
"Plusieurs micro-projets d'élevage de lapins, financés par
le "Telefood", ont été lancés ces dernières
années par la FAO en Tunisie, au Maroc, en Latvie, en Papouasie
Nouvelle-Guinée, aux Barbades et en Gambie alors qu'à Cuba,
des activités cunicoles devraient se mettre en oeuvre à une
échelle plus grande grâce à un financement assuré
par des fonds fiduciaires ", a indiqué l'experte de la FAO. Des projets
potentiels ont été identifiés dans plusieurs autres
pays et la coopération se poursuit entre la FAO et les gouvernements
pour le lancement de projets de coopération technique, notamment au
Cameroun et au Mexique, a-t-elle précisé.
Parallèlement, l'Observatoire international permanent sur la cuniculture
des pays du bassin méditerranéen a élargi ses
activités pour englober l'Amérique latine, l'Amérique
centrale et les Caraïbes.
La réunion de l'Observatoire à Ragusa permettra d'échanger
des données et de faire le point en ce qui concerne les initiatives
qu'il convient de lancer pour développer effectivement la cuniculture
dans les pays participant à cet effort collectif. Parmi ces initiatives,
citons la création d'un site internet.
La cuniculture peut améliorer notablement l'alimentation dans les
pays en développement. Le lapin est, comme on le sait, un animal
très prolifique: une lapine peut produire jusqu'à 80 kilos
de lapins vifs par an, soit 2 900 à 3 000 pour cent de son propre
poids en viande. La viande de lapin est très nourrissante: elle est
à faible teneur en matière grasse et cholestérol et
riche en protéines, vitamines et sels minéraux.
L'élevage de lapin de clapier procure des revenus d'appoint aux petits
paysans tout en améliorant le régime alimentaire des ménages
urbains et ruraux. On dit que le lapin est un garde-manger permanent pour
la ferme. L'investissement initial et les coûts d'élevage sont
faibles. Etant herbivore, le lapin ne rivalise pas avec l'homme: il se nourrit
de fourrage et de restes alimentaires.
La production mondiale de lapins est actuellement estimée à
plus d'un million de tonnes par an, selon les estimations de la FAO. Le plus
gros producteur est la Chine avec 315 000 tonnes en 2000, suivie de l'Italie
(221 000 tonnes), de l'Espagne (135 000 tonnes) et de la France (85 000 tonnes).
Parmi les autres pays producteurs, citons l'Egypte (69 600 tonnes), Malte
(1 350 tonnes) et Chypre (830 tonnes).
Toujours en 2000, l'Europe a produit 570 051 tonnes, l'Afrique, 85 782 tonnes
(dont 76 600 tonnes pour l'Afrique du Nord), l'Amérique du sud, 16
317 tonnes et l'Amérique centrale, 4 364 tonnes. L'Amérique
du nord produit peu et consomme peu de lapins. Sa production est estimée
à 35 000 tonnes.
Les pays d'Afrique du Nord couvrent 90 pour cent de la production du continent
africain et représentent 15 pour cent du marché européen
(570 051 tonnes). Le Maroc arrive en tête de production avec 0,78 kg
par habitant par an. Mais en dépit de la présence de quelques
unités commerciales, la cuniculture en Afrique du Nord est essentiellement
de type familial.
En ce qui concerne la consommation, l'Italie vient en tête avec 5,8
Kg/habitant et par an, soit nettement plus que le premier producteur mondial
- la Chine où la consommation n'est que de 0,07 Kg/habitant par an.
La Chine organise sa production plus pour le poil angora que pour la viande.
En Asie, outre la Chine, l'élevage de lapin s'est développé
principalement en Indonésie.
De nombreux obstacles en matière de santé animale et de gestion
de production continuent d'entraver le développement de la cuniculture.
Signalons aussi les lacunes au niveau de la formation technique et le
problème de la vaccination contre la maladie virale hémorragique
du lapin.
Le lapin fut découvert en Espagne par les Phéniciens 1 000
ans avant J.C. Son élevage ne démarra vraiment en Europe qu'au
16e siècle. Et c'est seulement au 19e siècle que l'élevage
du lapin devint une activité pratiquée par la plupart des
Européens (en milieu rural mais aussi chez les ouvriers de banlieue).
Aussi, de nombreux experts croient-ils en l'avenir de la cuniculture dans
les pays en développement car l'investissement et les coûts
sont faibles, la viande est nutritive et les interdits et tabous d'ordre
religieux, social ou culturel sont peu nombreux.
*********
Pour toute information complémentaire, prière contacter Emmanuelle
Guerne-Bleich, Service de la production animale de la FAO, téléphone:
0039.06.57056660, email:
emmanuelle.guernebleich@fao.org ou Pierre Antonios, FAO, Service des
relations avec les médias, téléphone: 0039.06.57053473,
email: pierre.antonios@fao.org |