Communiqués de presse

 Archives 2001

Communiqué de presse 01/59

Conférence internationale sur l'agriculture de conservation (Madrid, 1-5 octobre)
CONTRE L'ÉROSION DES SOLS, LA FAO PRÉCONISE LE LABOUR ZÉRO


Madrid/Rome, 1er octobre 2001. - Les méthodes de culture intensive à l'aide de tracteurs et de charrues sont une des causes principales de perte et de dégradation des terres dans de nombreux pays en développement, souligne l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à l'occasion de l'ouverture aujourd'hui du Congrès mondial sur l'agriculture de conservation, à Madrid (Espagne).

En particulier dans les zones les plus chaudes, où la couche arable est fine, les façons culturales traditionnelles contribuent à la perte des sols. La dégradation des terres se produit également dans les pays industrialisés en raison des labours mécanisés à outrance à l'aide de gros engins, ajoute la FAO.

Si les agriculteurs appliquaient des méthodes écologiquement rationnelles et le concept d'agriculture de conservation, des millions d'hectares de terres pourraient être protégés et sauvés de la dégradation et de l'érosion.

"Il faut modifier la façon dont les sols sont cultivés aujourd'hui," selon Madame Louise Fresco, Sous-directrice générale de la FAO, Département de l'agriculture. "Si l'on veut une agriculture durable, attrayante du point de vue économique et acceptable sur le plan social, il faut qu'elle exploite le potentiel productif des ressources génétiques végétales et animales le mieux adaptées à l'environnement local. Cela implique exploiter plus rationnellement les ressources naturelles disponibles sans les appauvrir."

L'agriculture de conservation signifie réduire au minimum la préparation des sols et conserver une couche de feuilles, de tiges et de pédoncules de la culture précédente, qui protège de la chaleur, du vent et de la pluie, maintient le sol au frais et réduit les pertes d'humidité par évaporation. Cela entraîne également une diminution des coûts de carburant, de main d'œuvre, et de machines agricoles, selon la FAO. La rotation des cultures est indispensable pour réduire les infestations de ravageurs et les maladies.

Dans le monde, l'agriculture de conservation est actuellement pratiquée sur quelque 58 millions d'hectares, des tropiques jusqu'à proximité du cercle arctique: la plupart aux Etats-Unis (environ 20 millions d'ha), au Brésil (13,5 millions d'ha), en Argentine (9,5 millions d'ha), au Canada (4 millions d'ha) et au Paraguay (800 000 ha). Le système a été adapté aux cultures céréalières et aux légumineuses, ainsi qu'à la canne à sucre, aux légumes, aux pommes de terres, aux betteraves, au manioc et aux fruits.

"Les agriculteurs du monde entier commencent à accepter l'idée que le labour zéro réduit les coûts des intrants, améliore la qualité du sol et réduit l'érosion et la pollution", indique la FAO.

Pour le paysan, l'agriculture de conservation est attrayante car elle réduit les coûts de production, de main d'œuvre et permet de gagner du temps. La préparation du sol est, de toutes les activités agricoles, la plus grosse consommatrice d'énergie et la plus polluante. S'ils ne labourent pas leurs terres, les agriculteurs peuvent gagner 30 à 40 pour cent de leur temps, des coûts de main d'œuvre et de carburant, par rapport aux méthodes traditionnelles. Dans les systèmes mécanisés, les coûts d'investissement et d'entretien des machines agricoles sont plus faibles à long terme.

Dans de nombreuses zones, après plusieurs années d'agriculture de conservation, on a vu renaître des sources naturelles qui avaient disparu, indique la FAO. L'eau s'infiltre aisément sur les sols où l'on pratique une agriculture de conservation, accroissant le niveau de la nappe phréatique, réduisant l'écoulement de surface et, de ce fait, l'érosion des sols.

« L'agriculture de conservation atteint des rendements comparables à ceux de l'agriculture intensive moderne, avec l'avantage qu'elle le fait de façon durable », souligne la FAO. "Les rendements tendent à augmenter avec les années et les écarts de rendements diminuent".

L'agriculture de conservation n'est pas une agriculture biologique, mais peut y être associée, souligne la FAO. Dans l'agriculture de conservation, les produits chimiques, notamment les engrais et les herbicides, sont appliqués judicieusement. Au fil des ans, toutefois, les quantités ont tendance à diminuer.

La FAO s'emploie à promouvoir l'agriculture de conservation depuis plus de 10 ans, en particulier en Amérique latine où elle a a été couronnée de succès. Dans l'Etat subtropical de Santa Catarina au sud du Brésil, les agriculteurs dépendaient autrefois considérablement des engrais chimiques, des pesticides toxiques et des machines agricoles (tracteurs, charrues et herses). Ils avaient tendance à pratiquer la même culture -généralement le maïs-d'une année sur l'autre. L'érosion croissante et la baisse des rendements ont incité à jeter un nouveau regard sur l'aménagement des sols et à changer de cap, dans les 20 dernières années, en se réorientant vers l'agriculture de conservation, désormais pratiquée sur 685 000 ha, soit plus d'un tiers du total des superficies cultivées de l'Etat.

La FAO étend le programme à d'autres régions, comme l'Afrique, l'Asie centrale et du Sud. Dans les pays de l'ex-Union soviétique, l'agriculture traditionnelle a porté à la dégradation de l'environnement due à l'utilisation de machines agricoles inadaptées et obsolètes qui ont besoin d'être remplacées urgemment.

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Pour tout complément d'information sur la conférence, consulter le site web http://www.ecaf.org/Congress/Latest_news.htm

ou appeler Mme Noelia OLMOS, ULLED ASOCIADOS, Tel: +34 915640496, e-mail: nolmos@ulled.com ou le Bureau des Relations avec les médias de la FAO: 39-06-5705 2232/3259.

Une nouvelle vidéo sur l'agriculture de conservation au Brésil (13 minutes, comprenant des entretiens avec les agriculteurs locaux et un expert de la FAO) est disponible auprès du Groupe vidéo de la FAO, Tel: 39-06-5705 2062/2518.


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