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Communiqué de presse 01/69

LA RÉDUCTION DE LA FAIM DANS LE MONDE SUBIT UN RALENTISSEMENT, SELON LA FAO
Dans la plupart des pays en développement, le nombre de personnes sous-alimentées a même augmenté


Stockholm, 15 octobre 2001 - Dans les années 90, le nombre de personnes sous-alimentées a diminué de 6 millions par an en moyenne, souligne l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans son dernier rapport annuel sur l'état de l'insécurité alimentaire dans le monde. A ce rythme, il faudrait 60 ans pour réduire de 800 à 400 millions le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde, alors que l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de 1996 était de réduire de moitié le nombre de malnourris d'ici à 2015.

Dans son rapport, la FAO indique : "Il n'y a aucun doute sur le ralentissement de la réduction du nombre de personnes sous-alimentées dans le monde". Elle ajoute que pour atteindre l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation, il faudrait désormais que la diminution moyenne requise de personnes sous-alimentées ne soit plus de 20 millions mais de 22 millions par an.

Selon les dernières estimations de la FAO, en 1997-99, il y avait 815 millions de personnes sous-alimentées dans le monde: 777 millions dans les pays en développement, 27 millions dans les pays en transition et 11 millions dans les pays industrialisés.

Le Sous-directeur général de la FAO, Département économique et social, Hartwig de Haen, affirme: « La FAO note avec inquiétude que la sous-alimentation pourrait s'aggraver chez les enfants en raison de divers facteurs, parmi lesquels les sombres perspectives économiques et le VIH/SIDA. Nous estimons qu'au moins 180 millions d'enfants de moins de 10 ans font partie des 777 millions de personnes victimes de sous-alimentation chronique dans le monde en développement. » M. de Haen a fait ces déclarations lors d'une conférence de presse de présentation du rapport l'Etat de l'insécurité alimentaire dans le monde 2001 (SOFI 2001).

La baisse globale du nombre de sous-alimentés dans les régions en développement masque des tendances divergentes dans différents pays, indique le rapport. «Seulement 32 pays en développement sur les 99 examinés ont enregistré une baisse du nombre de personnes sous-alimentées entre 1990-92 et 1997-99». Dans ces 32 pays, 116 millions de personnes sont sorties des rangs des affamés. Mais le nombre n'a pas pour autant diminué, voire il a augmenté dans les autres pays en développement. L'augmentation totale a été de 77 millions de personnes.

Le rapport explique : "Etant donné que le premier groupe comprend plusieurs grands pays, comme la Chine, l'Indonésie et la Thaïlande en Asie, le Nigeria en Afrique et le Brésil en Amérique latine, la réduction totale atteinte l'a emporté sur l'accroissement total dans le second groupe de pays, numériquement plus vaste. D'où une réduction nette de 39 millions".

Parmi les pays en développement examinés dans le rapport, deux extrêmes apparaissent. La Chine, un pays qui a réalisé une croissance économique et agricole mirobolante dans les années 90, a réduit le nombre de ses habitants victimes de la faim de 76 millions. En revanche, la République démocratique du Congo, un pays potentiellement très riche, a vu son nombre d'habitants sous-alimentés croître de 17 millions entre 1990-92 et 1997-99, sur une population totale estimée à 48 millions de personnes durant cette dernière période.

Toutefois, le rapport met en garde: "En dépit des bons résultats de la Chine, le pays abrite encore le plus grand nombre de personnes sous-alimentées dans le monde après l'Inde".

Le rapport note que la "croissance remarquable des disponibilités alimentaires dans les pays en développement a plus que réduit de moitié la proportion de personnes sous-alimentées sur la population totale, de 37 pour cent à la fin des années 60 à 17 pour cent à la fin du siècle dernier". Toutefois, la réduction n'a pas suffi à réduire de moitié le nombre effectif de personnes sous-alimentées dans le monde en développement, estimé à 956 millions en 1969-71 et désormais à 777 millions en 1997-99, selon les dernières estimations de la FAO établies sur une moyenne de trois ans.

Tout en indiquant que la production vivrière mondiale doit continuer à croître pour satisfaire les buts du Sommet, le rapport note qu'"un petit accroissement de la production serait suffisant si sa croissance s'accompagnait d'un accès plus équitable à la nourriture. Ceci pourrait se faire par une redistribution -de la nourriture, des moyens de la produire ou du pouvoir d'achat nécessaire pour se la procurer - à ceux qui se trouvent actuellement aux plus bas échelons de cet accès". Malheureusement, l'expérience des trente dernières années ne montre aucune baisse significative de l'inégalité d'accès parmi les ménages de la plupart des pays.

Le rapport souligne que les pays qui se sont le mieux défendus en termes de réduction de la sous-alimentation avaient réalisé des investissements et une productivité considérablement plus élevés que les autres. Bien que particulièrement tributaires de l'agriculture comme source principale de revenus pour les pauvres, les pays ayant obtenu les plus mauvais résultats n'ont même pas été capables de conjurer une baisse du capital social par travailleur agricole durant les années 90, ce qui a été aggravé par une forte réduction des flux d'assistance externe à leur agriculture.

Dans un chapitre sur les mesures à prendre contre la sous-alimentation et la pauvreté, la FAO préconise une approche sur deux fronts qui contribuerait à réduire le nombre de personnes victimes de la faim: une action publique directe et immédiate ciblée sur les affamés venant compléter les investissements dans le développement agricole et rural. On peut citer, pour la première composante, l'aide alimentaire pour les plus nécessiteux et la fourniture d'un accès à une eau potable sûre. La deuxième approche comprend des investissements dans la recherche-développement de variétés culturales productives et bien adaptées et leur diffusion, et la création de systèmes améliorés de sécurité et de qualité du poisson, en particulier en Afrique.

Commentant l'avenir, le rapport déclare qu'il n'existe pas de panacée pour réduire la faim. "Ce dont tous les pays ont besoin dépendra des contextes nationaux. Avec le Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après dans moins de trois semaines, «il conviendrait que tous les pays fixent leurs propres objectifs nationaux de réduction de moitié de la sous-alimentation d'ici à 2015», souligne M. de Haen.

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* Pour tout complément d'information, veuillez contacter le bureau des relations avec les médias : tel. +39.06.57053625, ou Anna Shen à Stockholm tel.: +39 340 671 7461 ou Christina Engfeldt, Directrice de la Division de l'information de la FAO, qui se trouve en ce moment à Stockholm (téléphone portable: +39 348 2572915).

Des séquences vidéo de deux aspects du SOFI 2001 - un projet novateur de sensibilisation au VIH/SIDA au Cambodge, et un projet de relèvement de la pêche au sud du Mozambique, est disponible en Beta SP.

Le rapport SOFI 2001 en anglais est disponible sur le site Web de la FAO l'adresse suivante: http://www.fao.org/docrep/003/y1500e/y1500e00.htm


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