Communiqués de presse

 Archives 2001

Communiqué de presse 01/99

POUR SE PROTEGER CONTRE LA FIÈVRE APHTEUSE, L'EUROPE DOIT AIDER LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT, SELON LA FAO

Bruxelles/Rome, 12 décembre -La maîtrise de la menace mondiale de fièvre aphteuse passe par une stratégie internationale concertée de lutte à la source, et notamment par un renforcement de l'assistance aux pays en développement où le virus est endémique, a déclaré M. Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le Directeur général s' est adressé ainsi à la Conférence internationale sur la prévention et le contrôle de la fièvre aphteuse organisée à Bruxelles (12-13 décembre 2001) par la Belgique, avec la participation des ministres compétents du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Commission européenne, ainsi que d'experts et de responsables d'autres pays.

"Aider les pays en développement à mieux maîtriser et éradiquer les maladies animales transfrontières est dans l'intérêt mutuel de l'agriculture et de l'élevage aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres", a indiqué M. Diouf. Il a ajouté que l'Union européenne, qui a été récemment victime d'une grave épidémie de fièvre aphteuse, est dans une position privilégiée pour promouvoir une action internationale contre la maladie. Parmi les autres mesures, il a invité la communauté internationale à mettre en place un système efficace d'information et d'alerte rapide sur les maladies animales transfrontières.

Aucune région ou pays combattant la fièvre aphteuse isolément ne peut obtenir de succès durables, M. Diouf a-t-il fait remarquer. La fièvre aphteuse est fortement contagieuse et le virus peut se propager très rapidement par les transferts d'animaux et de produits animaux infectés, ainsi que des produits contaminés (par ex. les camions).

"Cette dernière décennie a connu des épidémies dramatiques de fièvre aphteuse résultant de l'introduction de la maladie dans des pays auparavant exempts", a indiqué M. Diouf.

L'épidémie de cette année au Royaume-Uni est due à la souche pan asiatique particulièrement virulente, qui a été détectée au départ en Asie du Sud, d'où elle s'est propagée dans des pays d'Asie du Sud-Est et de l'Est, avant d'atteindre le Moyen-Orient. Elle a fait également des incursions en Grèce et en Bulgarie en 1996, ainsi qu'en Afrique du Sud en 2000. Nombre des pays concernés étaient indemnes de la fièvre aphteuse depuis de nombreuses années.

La souche a gagné le Royaume-Uni au début de l'année, et, de là, l'Irlande, la France et les Pays-Bas. En Europe, plus de quatre millions d'animaux ont été abattus en 2001 afin de lutter contre l'épidémie.

Une récente analyse des risques conduite par la FAO a montré que les risques d'introduction de la fièvre aphteuse en Europe est due pour moitié à trois facteurs: les mouvements illicites du bétail ou des produits animaux; le transport de produits alimentaires par des touristes ou des immigrants; le commerce légal de produits animaux.

"Il ne suffira pas de renforcer les contrôles aux frontières nationales et les inspections de produits pour maîtriser le risque de propagation internationale de la fièvre aphteuse", a indiqué M. Diouf. "Nous avons besoin d'un plan mondial pour circonscrire les foyers et lutter progressivement contre la fièvre aphteuse à la source, dans les régions où elle est encore endémique". C'est-à-dire en Afrique, au Proche-Orient, en Asie et en Amérique du Sud.

Le Directeur général de la FAO a également cité d'autres maladies transfrontières, comme la peste porcine classique, qui a causé de grosses pertes aux Pays-Bas, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne; la peste porcine africaine, qui a provoqué une véritable pandémie en Afrique de l'Ouest et certaines parties d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe et menace de temps à autre la péninsule ibérique. Cette maladie est la principale menace à l'essor de l'industrie porcine en Afrique et a entraîné environ 50 pour cent de pertes de la population porcine en Afrique occidentale entre 1996 et 1999.

Les maladies animales transfrontières compromettent les moyens d'existence de millions d'agriculteurs des pays en développement et entravent leurs possibilités de tirer partir de l'accroissement rapide de la production animale et du commerce escompté pour les 20 prochaines années, susceptible de leur offrir une chance d'échapper à la faim et à la pauvreté.

"Nous avons besoin d'une surveillance mondiale basée sur les risques afin d'améliorer les connaissances spécifiques de l'emplacement des maladies animales transfrontières et de créer des stratégies d'intervention bien fondées", a dit M. Diouf. Il a mentionné à cet égard l'expérience positive du Système de la FAO de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes (EMPRES) dans la lutte contre la peste bovine, qui a été, des siècles durant, une maladie transfrontières très dangereuse et est désormais sur le point d'être éradiquée d'ici 2010. EMPRES pourrait apporter une contribution majeure à une action mondiale contre la fièvre aphteuse, a-t-il ajouté.

Un système mondial efficace d'information et d'alerte rapide pourrait prendre en compte les rapports du système international de notification officielle ainsi que les données de recherche sur le terrain et les études épidémiologiques afin de faciliter la prévision et l'alerte rapide.

Il faut renforcer les moyens internationaux permettant de détecter rapidement, d'établir des plans d'intervention d'urgence et d'enrayer les nouveaux foyers suspects de maladies animales transfrontières dans les pays en développement. Il faut améliorer les services d'inspection vétérinaire. En outre, le système international de règlements et normes de l'Office International des Epizooties (OIE) devrait être renforcé pour établir des réglementations reposant sur des bases scientifiques et propres à assurer un commerce équitable.

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Pour toute information, contacter à Bruxelles Erwin Northoff, Chargé d'information à la FAO, tél: 39 348 2523616 (portable) ou le service relations avec les médias, tél.: 0039.06.57053625 ou consulter le site internet: http://www.fao.org


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