PR 96/21 - SECURITE ALIMENTAIRE MONDIALE MENACEE
PR 96/21
LA SECURITE ALIMENTAIRE MONDIALE MENACEE PAR
LA BAISSE DES STOCKS ET LA HAUSSE DES PRIX
DES CEREALES, MET EN GARDE LE DIRECTEUR
GENERAL DE LA FAO A "HABITAT II"
Istanbul, 7 juin . - La baisse des stocks et la hausse des prix ont
porté à 16,6 milliards de dollars la facture des importations céréalières
des pays les plus pauvres au cours de la saison 1995-96, ce qui compromet
gravement les progrès visant à atteindre la sécurité alimentaire
universelle.
Tel est, en substance, le message de M. Jacques Diouf, Directeur
général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation à
l'agriculture (FAO) à la Conférence de l'ONU "Habitat II" qui se tient à
Istanbul, message lu par le Directeur général-adjoint de la FAO, M. Howard
W. Hjort.
Les niveaux des stocks céréaliers mondiaux sont inférieurs au
plancher que la FAO considère nécessaire à la sécurité alimentaire
mondiale, a indiqué M. Diouf. En pourcentage de l'utilisation mondiale,
ces stocks sont aujourd'hui aussi bas qu'ils l'étaient lors de la crise
alimentaire mondiale de 1974. Et les prix des céréales ont augmenté de
quelque 90 pour cent au cours de la saison 1995-96 atteignant des niveaux
records sur les marchés internationaux.
Les effets combinés de la hausse des prix et de la diminution de
l'offre ont alourdi de 3,4 milliards de dollars, l'année dernière, le coût
des importations céréalières des pays à faible revenu et à déficit vivrier
et porté à 16,6 milliards de dollars la facture de ces importations au
cours de la saison 1995-96. Les dépenses pour les importations
céréalières ont augmenté de 75 pour cent au cours des deux dernières
saisons.
"Dans ces conditions, il est extrêmement difficile d'avancer sur la
voie qui mène à la sécurité alimentaire universelle", a souligné M. Diouf
dans son message.
"Habitat II" et le Sommet mondial de l'alimentation, qui se tiendra
du 13 au 17 novembre prochain au Siège de la FAO, à Rome, ont un objectif
commun: améliorer les niveaux de vie des populations, a-t-il indiqué.
"Alors que votre préoccupation principale est le logement pour tous,
notre souci primordial, à la FAO, est d'assurer la nourriture pour tous".
Ce sont surtout les pauvres, où qu'ils vivent, qui ont besoin d'assistance
"pour avoir accès aussi bien au logement qu'à la nourriture", a précisé M.
Diouf.
Selon la FAO, plus de 800 millions de personnes souffrent de sous-
alimentation chronique dans le seul monde en développement. Des progrès
lents et inégaux sont attendus au cours des prochaines décennies, mais
quelque 600 à 700 millions de personnes continueront à souffrir de sous-
alimentation chronique en 2010, à moins que "des mesures extraordinaires"
ne soient prises pour mettre fin à cette situation tragique.
M. Diouf a souligné qu'il fallait oeuvrer en vue de démentir ces
prévisions. A cet égard, il a rappelé que plusieurs pays avaient montré
l'exemple en démontrant leur capacité à améliorer leur niveau
nutritionnel, indépendamment de leur niveau de développement. Il
convient, a-t-il précisé, de mettre en oeuvre des politiques réalistes et
des plans d'action visant à assurer la sécurité alimentaire universelle.
Et c'est d'ailleurs dans cette optique que se poursuivent les préparatifs
du Sommet mondial de l'alimentation.