PR 96/25 - OUVERTURE DE LA CONFERENCE DE LEIPZIG


PR 96/25

A LA CONFERENCE DE LEIPZIG, LE DIRECTEUR GENERAL DE LA FAO PRECONISE L'ADOPTION D'UN PLAN D'ACTION POUR L'UTILISATION DURABLE DES RESSOURCES PHYTOGENETIQUES

Leipzig, 17 juin 1996. - Tous les pays devraient pouvoir partager équitablement les profits et les charges de la conservation et de l'utilisation durable des ressources phytogénétiques, a souligné M. Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), à l'ouverture des travaux de la quatrième conférence technique internationale sur les ressources phytogénétiques (17-23 juin).

Estimant qu'une bonne partie du matériel phytogénétique stocké dans les banques de gènes ou conservé par les agriculteurs n'était pas en sécurité, M. Diouf a exhorté les représentants de plus de 150 pays participant à cette conférence à adopter un projet de Plan d'action mondial pour la conservation et l'utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture.

"Il ne faudrait pas que vous quittiez Leipzig sans avoir conclu un accord (...). La communauté internationale peut maintenant entrer dans une ère nouvelle, caractérisée par une coopération plus systématique, plus rationnelle, mieux équilibrée et plus équitable, s'inscrivant dans le cadre de ce Plan d'action (...). Vous pouvez imaginer les décourageantes décennies qui nous attendraient si les dispositions nécessaires pour adopter ce Plan n'étaient pas prises aujourd'hui", a déclaré notamment M. Diouf.

Le Plan d'action mondial propose des politiques et des stratégies en vue d'une gestion efficace des ressources phytogénétiques aux niveaux national, régional et mondial, qui tiendrait compte à la fois du savoir- faire traditionnel et des techniques modernes.

Selon M. Diouf, une proportion appréciable des ressources phytogénétiques vitales pour l'agriculture et la sécurité alimentaire n'est pas en sécurité "car les conditions de conservation sont souvent techniquement inadéquates alors que l'entretien des installations de conservation à longue durée est à la merci des hauts et des bas des budgets annuels des institutions nationales et internationales". En outre, a-t-il indiqué, "dans bien des cas, le matériel n'est pas dupliqué ailleurs et, surtout, parce que la viabilité des échantillons conservés n'est souvent pas convenablement garantie par un programme approprié de contrôles et de régénérations périodiques". Aussi, une meilleure coopération internationale est-elle nécessaire entre les activités liées à la conservation et celles des obtenteurs et de l'industrie des semences ainsi qu'avec les agriculteurs, a-t-il précisé. Evoquant les défis des prochaines décennies, M. Diouf a souligné notamment que plus de 800 millions de personnes sont chroniquement sous- alimentées et qu'il faudra nourrir 3 milliards de bouches supplémentaires en l'an 2025 alors que la base de ressources pour l'alimentation et l'agriculture se rétrécit (terres, eaux, ressources halieutiques), que la capacité de rendement de quelques grandes cultures vivrières de base a atteint un plateau, et que l'incidence des ravageurs et des maladies des plantes s'accroît.

La conservation et l'utilisation durable des ressources phytogénétiques sont indispensables pour relever ces défis, a souligné le Directeur général de la FAO. Les nouveaux accroissements réguliers de la production alimentaire mondiale devront, dans une grande mesure, provenir d'une utilisation complète des ressources phytogénétiques. "A cette fin, les prochaines générations d'obtenteurs devront avoir à leur disposition la gamme la plus vaste possible de l'agrobiodiversité existant aujourd'hui. Nous devons améliorer encore l'efficience et la capacité d'adaptation de nos systèmes agronomiques, produire davantage avec moins d'intrants externes, moins de gaspillage, moins de pollution, avec une moindre vulnérabilité aux aléas de la météorologie, aux ravageurs, aux maladies et aux caprices du marché."

Selon M. Diouf, une série d'importants progrès scientifiques et technologiques semblables à ceux qui ont déclenché la première Révolution verte sont nécessaires pour assurer la nourriture pour tous. Toutefois, leur application généralisée devra bénéficier de la pleine participation des agriculteurs et il faudra éviter les répercussions sociales et environnementales qu'a eues cette Révolution verte.

M. Diouf a, d'autre part, insisté sur la nécessité de mobiliser, au plus haut niveau gouvernemental, la volonté politique d'assurer durablement la sécurité alimentaire de tous les peuples.

A cet effet, il a indiqué que la FAO avait lancé le Programme spécial de production alimentaire à l'appui de la sécurité vivrière dans les pays à faible revenu et à déficit alimentaire. Et, surtout, qu'elle avait convoqué les chefs d'Etat et de gouvernement de la planète à un Sommet mondial sur l'alimentation qui se tiendra au siège de l'Organisation, à Rome, du 13 au 17 novembre 1996. Ce Sommet devra déboucher sur un engagement mondial renouvelé en faveur de la sécurité alimentaire universelle et sur des stratégies et un plan d'action en vue d'atteindre cet objectif.