PR 96/29 - BESOINS ALIMENTAIRES ET CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE
PR96/29
Préparé pour le Sommet mondial de l'alimentation
qui se tiendra en novembre prochain à la FAO
LE RAPPORT "BESOINS ALIMENTAIRES ET CROISSANCE
DEMOGRAPHIQUE" SOULIGNE QU'IL FAUDRAIT ACCROITRE
DE 200% LES DISPONBILITES ALIMENTAIRES EN AFRIQUE
SUBSAHARIENNE D'ICI A 2050
Rome, 21 juillet 1996 -- Pour satisfaire d'ici à l'an 2050 les
besoins alimentaires de sa population croissante, l'Afrique devra
accroître ses disponibilités alimentaires de 200%, les pays d'Asie,
d'Amérique latine et des Caraïbes, de 69 à 80%, et les pays d'Amérique du
Nord, de 30%, tandis que les besoins énergétiques des populations des pays
européens seront en diminution, indique un rapport préparé pour le Sommet
mondial de l'alimentation (Rome, 13-17 novembre 1996) par l'Organisation
des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds
des Nations unies pour les activités en matière de population (FNUAP).
A l'échelle mondiale, les effets combinés des mouvements généraux de
population laissent prévoir une augmentation de 75% des besoins
énergétiques d'ici à 2050, précise le rapport.
Selon les projections des Nations unies, la population mondiale
devrait passer de 5,7 milliards à 9,8 milliards (+75%) entre 1995 et 2050,
date à laquelle elle devrait se stabiliser. Le rapport souligne qu'à
l'échelle mondiale, les disponibilités alimentaires ont plus que doublé au
cours des 40 dernières années, s'accroissant ainsi plus vite que la
population, ce qui s'est traduit par une augmentation sensible des
disponibilités moyennes en calories par habitant. Celles-ci cachent
cependant d'importantes disparités régionales.
Cette augmentation a été particulièrement sensible en Asie, qui a
exploité à plein les avantages de la Révolution verte, mais aussi en
Amérique latine, où les progrès technologiques réalisés sous la forme de
variétés hybrides de maïs ont été très bénéfiques. Toutefois, cette
révolution ne s'est pas produite en Afrique, où plusieurs pays ont même
connu une diminution de leurs disponibilités alimentaires au cours de la
même période.
Dans les pays développés, les disponibilités alimentaires ont
constamment dépassé les besoins énergétiques des populations. En Amérique
du Nord, celles-là dépassent ceux-ci de plus de 50%, selon le rapport.
Les pays en développement devront compléter leur régime alimentaire
pour créer les conditions nécessaires à l'élimination de la sous-
alimentation chronique. A cause de la répartition inégale de la
nourriture dans les pays, ce processus pourrait requérir une augmentation
des disponibilités alimentaires de 30% en Afrique (40% au sud du Sahara),
15% en Asie et moins de 10% en Amérique latine. Les populations de ces
pays devront diversifier leurs régimes alimentaires pour que leur
alimentation soit plus équilibrée. "L'Afrique devra, de ce fait,
accroître ses disponibilités en énergie d'origine végétale de 25% (46%
pour les pays consommant principalement des racines et tubercules) et
l'Asie de 21%.
Toujours selon le rapport, l'Afrique n'est pas le seul continent
confronté à de graves pénuries alimentaires au niveau national. Des pays
asiatiques, tels que l'Afghanistan, le Népal et la Mongolie connaissent
aussi des déficits alimentaires. D'autres pays, comme le Bangladesh, le
Myanmar ou le Cambodge souffrent également de sous-alimentation chronique.
Des déficit chroniques persistent dans certaines parties de l'Inde et de
la Chine. "Pour toutes ces raisons, l'Asie de l'Est et du Sud restent, et
de loin, les deux régions où la dénutrition chronique est la plus
importante."
D'autre part, le rapport dénonce "les inégalités très répandues en ce
qui concerne l'accès à la nourriture" et préconise "une répartition plus
équitable des disponibilités alimentaires". Il rappelle qu'au cours de la
période 1988-1990, le nombre des sous-alimentés était de 841 millions.
Le rapport ajoute: "On peut craindre que les problèmes de
répartition persistent en 2050 tout en espérant que d'ici là les
populations s'attaqueront à ces graves inégalités, car "l'état de santé
d'une grande partie de la population mondiale et sa capacité à prendre son
destin en main en dépendent".
Le Sommet mondial de l'alimentation, qui se réunira au siège de la
FAO, à Rome, du 13 au 17 novembre 1996, sera la première réunion au plus
haut niveau consacrée au problème alimentaire jamais organisée jusqu'ici.
Thème de ce grand rassemblement: "La nourriture pour tous".