PR 96/31 - LA MISE EN VALEUR DE L'EAU EN AFRIQUE
PR 96/31
LA MISE EN VALEUR DES EAUX EST INDISPENSABLE
AU DEVELOPPEMENT DE LA PRODUCTION AGRICOLE EN
AFRIQUE, SELON UN RAPPORT DE LA FAO PREPARE
POUR LE SOMMET MONDIAL DE L'ALIMENTATION
La production agricole a atteint des niveaux records
dans les zones bien irriguées de la planète
Rome, 28 juillet -- L'Afrique doit axer ses efforts sur la mise en
valeur des eaux pour combler le fossé entre la production agricole et la
consommation, selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) préparé pour le Sommet mondial de
l'alimentation.
Le "dilemme africain" peut se résumer en ces termes: au cours des 30
dernières années, la production vivrière a enregistré une croissance
d'environ 2% par an, tandis que la population a augmenté de 3% par an. "Si
l'on néglige les perspectives actuelles de développement, l'avenir de
l'Afrique risque d'être fort sombre sur le double plan humain et
écologique, tandis que la crise alimentaire et les coûts sociaux dont elle
s'accompagne iront en s'aggravant", souligne le rapport.
Dans plusieurs régions de la planète, la production agricole a
atteint des niveaux records grâce à l'application des techniques
agronomiques modernes, notamment en matière d'irrigation. A titre
d'exemple, en Asie et en Amérique latine, les gains les plus
spectaculaires en termes de production et de revenu agricole ont été
enregistrés dans les zones bien irriguées et bénéficiant d'un bon
approvisionnement en eau, ajoute le rapport. "Alors que dans le Nord
industrialisé, la production agricole a été stimulée par des subventions
et d'autres mesures de protection, en Afrique on n'a constaté aucun
progrès comparable de la productivité agricole par habitant".
Pour combler le déficit alimentaire africain, l'eau doit être
reconnue comme un bien précieux et rare. Les précipitations servant aux
cultures vivrières et fourragères doivent être recueillies à proximité de
l'endroit où elles tombent et toutes les ressources hydriques doivent être
aménagées de façon efficace. "Parmi les autres conditions à remplir, il
faut que les pouvoirs publics aient une gestion rationnelle sur le plan
macro-économique, de façon à promouvoir l'investissement agricole et la
rentabilité; le secteur agricole public ou privé doit bénéficier d'un
soutien technique de qualité".
D'autre part, le rapport déplore le sentiment général selon lequel
les investissements en matière d'irrigation et de mise en valeur des eaux
sont inefficaces, peu rentables et nocifs à l'environnement. Cependant il
ne nie pas les aspects négatifs tels que la dégradation des sols due à la
salinité et à l'engorgement ou la propagation de maladies transmises par
l'eau. A cet égard des mesures correctrices doivent être appliquées dès
que possible, d'autant que l'on connaît mieux, aujourd'hui, les causes de
ces aspects négatifs.
Toujours selon le rapport, la mise en valeur de l'eau sous toutes ses
formes, de la simple collecte aux réseaux modernes d'irrigation, est
appelée à contribuer de façon décisive à l'efficacité et à la sécurité des
approvisionnements en Afrique. En outre, les projets d'irrigation créent
des emplois et, de ce fait, attirent des agriculteurs des zones arides ou
fragiles.
"Les scénarios ne prévoyant pas de mise en valeur des eaux en Afrique
sont extrêmement ternes et posent de graves problèmes. L'Afrique est le
continent le plus aride (à l'exception de l'Australie) et souffre d'un
régime pluvial très instable. Les sécheresses sont endémiques et, chaque
année, le nombre des personnes menacées par leurs conséquences augmente.
Et pourtant, on connaît encore mal les processus et les impacts de la
sécheresse. Les systèmes d'alerte rapide fournissent des données à l'état
brut, et il est rare que des mesures correctrices soient prises à temps."
Le rapport souligne enfin qu'il est nécessaire de procéder à une
nouvelle évaluation des perspectives offertes pour l'Afrique par la
collecte de l'eau et l'irrigation à petite ou à grande échelle tout en
tirant profit des nouvelles technologies.
Le Sommet mondial de l'alimentation, qui se réunira au siège de la
FAO, à Rome, du 13 au 17 novembre 1996, sera la première réunion au plus
haut niveau sur le problème alimentaire jamais organisée jusqu'ici. Thème
de ce grand rassemblement: "La nourriture pour tous".