PR 96/36 - CONTROLE PLUS RIGOUREUX SUR LES PESTICIDES EN AFRIQUE
PR 96/36
CONTROLE PLUS RIGOUREUX SUR LES PESTICIDES
EN AFRIQUE, PRECONISE LA FAO
Rome, 19 septembre 1996.- L'utilisation et la commercialisation des
pesticides et des substances chimiques toxiques devraient faire l'objet
d'un contrôle plus rigoureux en Afrique, souligne l'Organisation des
Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un
communiqué diffusé aujourd'hui à l'occasion des négociations
intergouvernementales qui se déroulent cette semaine à Nairobi en vue d'un
accord international sur les pesticides.
Organisées conjointement par la FAO et le Programme des Nations unies
pour l'environnement (PNUE), ces négociations, qui rassemblent du 16 au 20
septembre des responsables gouvernementaux d'une centaine de pays, visent
à l'élaboration d'un instrument international juridiquement contraignant
relatif à la réglementation des importations et des exportations des
substances chimiques et pesticides dangereux et ce, conformément à la
procédure d'information et de consentement préalables (ICP).
L'interaction entre l'environnement et la production alimentaire est
d'ailleurs un des principaux thèmes du Sommet mondial de l'alimentation
qui se tiendra du 13 au 17 novembre 1996 au siège de la FAO, à Rome, en
présence des chefs d'Etat et de gouvernement de la planète.
La procédure d'ICP met en garde contre 12 pesticides et cinq
substances chimiques toxiques, notamment l'aldrine, la dieldrine, le
chlordane et le DDT. Elle permet aux pays de mieux connaître les
caractéristiques des produits chimiques potentiellement dangereux qui
pourraient leur être expédiés et de prendre ainsi, en connaissance de
cause, des décisions concernant l'importation future de ces produits. La
procédure d'ICP facilite, en outre, la communication de ces dé¦isions aux
autres pays. Elle est appliquée conjointement par la FAO et le PNUE.
On sait que les pesticides organochlorés tels que le DDT, le
chlordane et l'heptachlore, qui ont été retirés ou interdits en Europe et
en Amérique du Nord en raison de leurs effets sur la santé humaine et
l'environnement, continuent à être écoulés dans des pays en développement,
en Afrique ou ailleurs, notamment là où les gouvernements ne disposent pas
d'informations suffisantes sur la toxicité de ces produits et les moyens
de s'en protéger.
Depuis juillet 1996, 145 Etats appliquent la procédure d'ICP. Sur
cinquante pays africains, 37 ont désigné une autorité nationale à cet
effet et 23 ont déjà pris des décisions d'interdiction relatives aux 12
pesticides et aux cinq substances chimiques toxiques. Mais dans un petit
nombre de pays africains, aucune législation sur les pesticides n'a encore
été approuvée.
"Bien que l'utilisation des pesticides en Afrique soit inférieure à
celles des autres continents en raison de la pauvreté et de l'instabilité
des précipitations, on note un usage intensif de ces produits dans
certaines régions, notamment dans les grandes exploitations agricoles, les
périmètres cultivés périurbains et les plantations de cultures de rente",
relève Niek Van der Graaf, Chef du Service de la protection des plantes à
la FAO, qui préconise une "assistance technique accrue" en vue d'améliorer
les réglementations sur les pesticides tout en réduisant les risques que
les substances toxiques font encourir à la santé humaine et à
l'environnement.
A cet égard, la FAO appuie les programmes nationaux de lutte intégrée
contre les ravageurs et rappelle que des progrès notables ont été
enregistrés notamment en Asie où les agriculteurs ont réussi à réduire de
plus de 70% l'utilisation des pesticides toxiques tout en obtenant des
rendements élevés en riziculture. Alors qu'en Asie, plus d'un million de
paysans ont reçu une formation en matière de lutte intégrée contre les
ravageurs, des projets pilotes ont été récemment lancés au Burkina Faso,
en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Kenya.
Mais, en dépit des progrès, des efforts supplémentaires sont
nécessaires non seulement de la part des gouvernements concernés mais
aussi de la communauté internationale pour accorder à l'Afrique toute
l'assistance technique requise en matière de pesticides, souligne-t-on à
la FAO.