PR 96/47 - CROISSANCE RAPIDE DES VILLES POSE DES PROBLEMES


PR 96/47

MISE EN GARDE DE LA FAO: LA CROISSANCE RAPIDE DES VILLES POSE DES DEFIS DE TAILLE POUR L'APPROVISIONNEMENT ET LA DISTRIBUTION DES PRODUITS ALIMENTAIRES

Rome, 30 octobre - Le nombre des citadins progresse de plus de 60 millions de personnes par an, rendant de plus en plus problématique l'approvisionnement et la distribution des produits alimentaires dans les villes, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Dans un rapport, la FAO souligne que la situation est particulièrement grave dans les pays en développement où le stockage après-récolte, la transformation et la commercialisation des denrées alimentaires n'ont pas suivi l'urbanisation rapide.

"A l'échelle mondiale, la population des zones urbaines augmente au rythme de 3,4 pour cent par an - et d'environ 5 pour cent en Afrique subsaharienne. D'ici à l'an 2000, la planète comptera environ 200 villes de plus d'un million d'habitants et 21 mégalopoles de plus de 10 millions d'habitants. Les villes accueillent actuellement plus de 60 millions d'habitants par an", lit-on dans le rapport. "Cette croissance va se poursuivre jusqu'à poser d'énormes problèmes d'approvisionnement et de distribution des produits alimentaires". La garantie d'une distribution efficace d'aliments peu coûteux et nutritifs aux populations défavorisées des villes "représentera l'un des principaux problèmes de sécurité alimentaire au cours des prochaines décennies", poursuit le rapport.

Ce dernier, intitulé "Produits alimentaires destinés aux consommateurs: commercialisation, transformation et distribution" fait partie d'une série de documents techniques établis pour le Sommet mondial de l'alimentation qui se tiendra au Siège de la FAO, à Rome, du 13 au 17 novembre.

Les Chefs d'Etat et de gouvernement de près de 200 pays ont été invités à participer au Sommet afin de renouveler leur engagement de parvenir à la sécurité alimentaire universelle et d'adopter un Plan d'action à mettre en oeuvre en coopération avec les organisations internationales et non gouvernementales ainsi qu'avec le secteur privé et l'ensemble de la société civile.

Le rapport observe que les systèmes de distribution des pays développés sont de plus en plus concentrés dans des supermarchés et des hypermarchés qui achètent directement aux producteurs ou aux transformateurs, court-circuitant les systèmes de distribution classiques.

Il cite, comme "exemples extrêmes", la Belgique, la France et le Royaume-Uni où à peine 10 pour cent des établissements de vente au détail assurent plus de 80 pour cent de la distribution des produits alimentaires.

Le rapport prévoit qu'avec le temps, le même phénomène se propagera tant dans les pays en développement que dans les économies anciennement centralisées des pays d'Europe centrale et orientale.

Cependant, dans de nombreux pays, les marchands ambulants de produits alimentaires continuent d'exercer une activité "dont la fonction sociale et économique ne peut être niée", car elle représente une source d'emploi et de revenus, en particulier pour les femmes, et satisfait "une part appréciable de la consommation quotidienne de beaucoup de gens".

"On pensait qu'avec la modernisation, ce secteur informel disparaîtrait. Cela ne s'est pas confirmé et cette vente ambulante est devenue un phénomène urbain universel", qui permet à de nombreuses personnes de se nourrir de façon satisfaisante et à bas prix.

Cependant, souligne le rapport, il importe de prêter attention aux problèmes d'hygiène et de protection de la santé.

Selon la FAO, les marchands ambulants joueraient un rôle plus utile s'ils étaient formés à l'hygiène, si l'on mettait à leur disposition de l'eau courante et un système d'évacuation des ordures, et s'ils étaient associés aux décisions concernant le choix d'emplacements pour leurs véhicules ou leurs étals.

"La réduction des pertes après-récolte peut entraîner une diminution substantielle des prix à la consommation", ajoute le rapport. "Cette plus grande efficacité est essentielle si l'on veut que ceux dont le pouvoir d'achat est limité puissent acheter un volume suffisant d'aliments de qualité acceptable".

Dans beaucoup de campagnes, l'emploi dans le secteur post-production, comme la transformation, peut aider à accroître considérablement les revenus et alléger les problèmes de sous-alimentation. Les femmes jouent d'ailleurs un rôle important, fréquemment prédominant, dans ces activités."