PR 96/50 - ACCORD SUR DECLARATION DE ROME ET PLAN D'ACTION


PR 96/50

ACCORD SUR LA DECLARATION DE ROME ET LE PLAN D'ACTION
LE SOMMET MONDIAL DE L'ALIMENTATION APPELLERA A UN EFFORT CONCERTE POUR REDUIRE DE MOITIE LE NOMBRE DES SOUS-ALIMENTES D'ICI A 2015

Rome, 5 novembre 1996. - Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) est parvenu à un accord sur la Déclaration de Rome et le Plan d'action qui devront être adoptés, la semaine prochaine, par les Chefs d'Etat et de Gouvernement lors du Sommet mondial de l'alimentation.

"Nous estimons intolérable que plus de 800 millions de personnes dans le monde et, plus particulièrement, dans les pays en développement, n'aient pas de quoi satisfaire leurs besoins nutritionnels les plus élémentaires. Cette situation est inacceptable", souligne la Déclaration.

Le Plan d'action invite les gouvernements nationaux et la communauté internationale à "s'attaquer aux causes multiples qui sous-tendent l'insécurité alimentaire" et envisage "un effort continu permettant d'éradiquer la faim dans tous les pays". Il se propose "l'objectif immédiat de réduire de moitié le nombre actuel de personnes souffrant de sous- alimentation au plus tard en 2015".

M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, a invité 196 Chefs d'Etat et de Gouvernement à ce Sommet historique qui se tiendra du 13 au 17 novembre 1996 au Siège de la FAO, à Rome. Pour des raisons de sécurité, les noms des participants n'ont pas encore été divulgués.

Au cours des négociations, qui se sont déroulées durant plusieurs mois, et auxquelles ont participé, par moments, jusqu'à 440 délégués de 137 pays, le CSA a élaboré la Déclaration et le Plan d'action sur la base:

  1. des recommandations des Etats membres de la FAO lors des sessions ordinaires des conférences régionales de l'Organisation;
  2. des consultations avec plusieurs centaines d'organisations non gouvernementales (ONG);
  3. des contributions d'autres agences des Nations unies, d'organisations intergouvernementales, du secteur privé et d'institutions académiques et de recherche.

Tout au long des négociations, les moutures successives du projet de texte étaient disponibles et ajournées en permanence sur le site Web de la FAO.

Le CSA est parvenu à un accord tard dans la nuit de jeudi 31 octobre, après une réunion-marathon qui s'est prolongée très tard également la nuit précédente et au cours de laquelle les délégués ont gommé les dernières divergences sur le droit à la nourriture et sur l'incidence du commerce international, de la population et de la prévention des conflits sur la sécurité alimentaire.

C'est par un tonnerre d'applaudissements que les délégués ont salué la conclusion de l'accord, annoncée par l'Ambassadeur du Chili, M. Pedro Alfonso Medrano Rojas."A ma connaissance, a déclaré notamment le diplomate chilien, c'est la première fois dans les annales des Nations unies qu'un accord est atteint sur une déclaration politique et un plan d'action avant la tenue d'une conférence importante. Habituellement, les négociations se poursuivent jusqu'aux toutes dernières minutes des réunions."

Rendant hommage aux "efforts exceptionnels déployés par un grand nombre de personnes" lors de l'élaboration des documents, M. Medrano Rojas a déclaré que les participants au Sommet pourront ainsi passer directement à l'examen de la mise à exécution du Plan d'action au lieu de débattre d'abord des prémisses de ce plan.

"La faim et l'insécurité alimentaire sont des problèmes aux dimensions planétaires, qui risquent de persister, voire de s'aggraver de façon dramatique dans certaines régions, si des mesures énergiques et concertées ne sont pas prises de toute urgence, compte tenu de l'accroissement prévu de la population mondiale et de la pression exercée sur les ressources naturelles", souligne la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire.

Le Plan d'action énumère sept engagements visant à "ouvrir la voie à divers parcours vers un objectif commun: la sécurité alimentaire aux niveaux individuel, familial, national, régional et mondial".

Selon un haut fonctionnaire de la FAO, il s'agit d'un document d'une grande portée, résolument tourné vers l'avenir et qui pose des jalons pour des mesures concrètes et novatrices. Aussi l'espoir est-il grand d'atteindre les objectifs du Sommet.

Les sept engagements du Plan d'action sont autant d'invitations aux différents gouvernements pour oeuvrer, en collaboration avec les organismes locaux, régionaux et internationaux ainsi qu'avec tous les acteurs de la société civile, en vue d'un environnement propice à la réalisation de la sécurité alimentaire universelle tout en encourageant le développement agricole et rural durable, la promotion des investissements agricoles, la prévention des situations d'urgence et, naturellement, le suivi du Plan d'action.