PR 96/57 - CLOTURE DU SOMMET MONDIAL DE L'ALIMENTATION
PR 96/57 LE SOMMET MONDIAL DE L'ALIMENTATION S'EST ACHEVE
SUR UN APPEL DE JACQUES DIOUF A ENGAGER UNE
"COURSE CONTRE LA MONTRE" POUR REDUIRE DE
MOITIE LE NOMBRE D'AFFAMES D'ICI A 2015
Rome, 18 novembre 1996.- Le Sommet mondial de l'alimentation, qui a
rassemblé les dirigeants de 186 pays sous le thème "La nourriture pour tous",
s'est achevé hier sur un appel de M. Jacques Diouf, Directeur général de
l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),
à engager "une course contre la montre" pour réduire de moitié le nombre
d'affamés d'ici à 2015.
"Nous avons les moyens de le faire. Nous détenons le savoir. Nous
possédons les ressources. Et la Déclaration de Rome sur la sécurité
alimentaire et le Plan d'action du Sommet ont illustré notre volonté à cet
égard", a déclaré M. Diouf au cours de la séance de clôture.
"Il ne s'agit pas d'un objectif maximum, mais minimum", a souligné le
Directeur général de la FAO à propos de l'objectif de réduire de moitié le
nombre de personnes sous-alimentées d'ici à 2015. La lutte contre la faim
commence, a-t-il dit, afin que les bébés ne pleurent plus de faim et que les
mères ne se désolent plus au spectacle d'enfants sans espoir.
"Je suis persuadé, a déclaré le Directeur général de la FAO aux Chefs
d'Etat et de Gouvernement rassemblés au Siège de la FAO, que ce que vous avez
accompli ici, en ces journées historiques, est la preuve tangible qu'ensemble
nous réussirons à l'emporter sur la pauvreté, sur le cynisme et sur
l'égoïsme". Et d'ajouter que les valeurs humaines les plus nobles
triompheront dans les relations entre nations, Etats, pays et communautés.
Au cours d'une conférence de presse à l'issue du Sommet, M. Diouf a
indiqué, en réponse à une question, que si cela dépendait uniquement de lui,
il aurait fixé des objectifs plus ambitieux pour le Sommet et qu'en tout état
de cause, il avait l'intention de persuader les Etats membres de la FAO
d'"aller plus loin" que l'objectif fixé pour 2015.
De son côté, le Premier ministre italien, M. Romano Prodi, qui présidait
le Sommet, a qualifié celui-ci de "jalon important" ajoutant: "C'est
maintenant que commence le véritable travail."
Consignés dans la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire
mondiale et le Plan d'action, les objectifs du Sommet ont été adoptés par les
Chefs d'Etat et de Gouvernement lors de la séance d'ouverture, le 13 novembre
1996.
Les dirigeants de la planète proclament, dans ces documents, leur
"volonté politique" et leur "engagement commun et national de parvenir à la
sécurité alimentaire pour tous et de déployer un effort constant afin
d'éradiquer la faim dans tous les pays". Ils soulignent que "la sécurité
alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un
accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive
leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences
alimentaires pour mener une vie saine et active".
Le Plan d'action du Sommet comporte des engagements et des actions dans
sept domaines spécifiques:
- les conditions générales d'un développement économique et social
propice à la réalisation de la sécurité alimentaire;
- l'éradication de la pauvreté et l'accès à une nourriture adéquate et
suffisante;
- l'accroissement durable de la production agricole;
- la contribution du commerce mondial au renforcement de la sécurité
alimentaire;
- la préparation, la prévention et la riposte aux situations d'urgence;
- l'utilisation optimale de l'investissement pour appuyer les ressources
humaines, la production durable et le développement rural:
- le contrôle et le suivi du Plan d'action en coopération avec la
communauté internationale.
La mise en application du Plan d'action relève du droit souverain et de
la responsabilité de chaque Etat qui devra atteindre l'objectif de la
sécurité alimentaire dans le cadre de la solidarité et de la coopération
internationales.
Selon la FAO, quelque 840 millions de personnes souffrent de sous-
alimentation chronique dans le seul monde en développement et des millions
d'autres personnes souffrent de malnutrition dans les pays développés,
cependant que la planète produit suffisamment de nourriture pour tous.
Toujours selon la FAO, il faudrait que la production agricole augmente
de 75 pour cent pour que l'on puisse nourrir 3 milliards de bouches
supplémentaires d'ici à 2030.
Des représentants de 186 pays - dont 41 Chefs d'Etat, 15 Vice-Présidents
et 41 Premiers Ministres - se sont déplacés à Rome pour le Sommet auquel ont
participé 9 863 personnes (délégués, représentants d'ONG, d'agences des
Nations unies et d'autres organisations internationales, journalistes,
personnel de soutien, etc.).
Des réunions parallèles se sont également tenues, organisées par des
ONG, des groupements de jeunes, des parlementaires, des associations
d'agriculteurs et des représentants du secteur privé.
Les coûts directs du Sommet ont atteint un peu plus de 1,2 million de
dollars. Les contributions volontaires se sont élevées à environ 7 millions
de dollars. Offertes par des gouvernements, des organisations
internationales et des firmes privées, elles ont permis de couvrir les coûts
des travaux d'aménagement et la participation des pays les plus pauvres aussi
bien au Sommet qu'à l'élaboration de leurs stratégies nationales de
développement.
Les autres dépenses ont été couvertes par des dons en nature offerts par
des Etats Membres, des fondations et des firmes commerciales.