Le Caire, 7 février 2002. - La
mondialisation et la libéralisation des échanges pour les
produits agricoles, les mouvements de capitaux et le transfert
de technologies devraient s'effectuer selon les modalités
qui permettent aux pays développés comme ceux en développement
d'améliorer les conditions de vie de leur population, a
souligné Monsieur Jacques Diouf, Directeur général de
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO).
S'adressant aux ministres de
l'agriculture africains participant à la 22e Conférence
régionale de la FAO pour l'Afrique (4-8 février 2002),
Monsieur Diouf a affirmé: "Pour l'agriculture
notamment, il est essentiel que les nouvelles négociations au
sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) offrent
aux pays en développement des possibilités accrues de participer
aux échanges internationaux."
Soulignant l'importance de la tenue à Rome du 10
au 13 juin 2002 d'un Sommet mondial de l'alimentation:
cinq ans après, Monsieur Diouf a déclaré:
"Aujourd'hui encore, environ 815 millions de
personnes souffrent de malnutrition chronique dans le monde,
dont 777 millions dans les pays en développement, 27 millions
dans les pays en transition et 11 millions dans les pays
industrialisés."
"L'amélioration enregistrée dans
certains pays et régions du monde en développement, notamment en
Asie de l'Est, est ainsi neutralisée par une détérioration
de la situation dans d'autres régions, en particulier en
Afrique sud-saharienne, en Amérique centrale et aux
Caraïbes", a ajouté le Directeur général de la FAO.
Monsieur Diouf a indiqué que
"l'Afrique est la seule région du monde en
développement où la production vivrière moyenne par habitant
diminue depuis quarante ans". Il a précisé que cela
exposait de vastes secteurs des populations du continent à
l'insécurité alimentaire et à la malnutrition. Et Monsieur
Diouf de rappeler qu' en Afrique environ 200 millions de
personnes sont affectées par la malnutrition, "une
situation due en grande partie aux possibilités limitées de la
production vivrière pour la consommation interne et à une
mauvaise organisation des circuits de distribution et des
marchés".
Evoquant
l'épidémie de VIH/SIDA, Monsieur Diouf a souligné
qu'elle constituait "une menace grave pour le
développement agricole et la sécurité alimentaire en
Afrique". Sur les 36 millions de personnes infectées
dans le monde, l'Afrique sud-saharienne est la région la
plus concernée, avec 24,5 millions de personnes touchées, selon
la FAO.
D'importants investissements
sont nécessaires en Afrique pour les infrastructures rurales, la
petite irrigation, le captage des eaux de pluie, la régénération
et la conservation des sols, les moyens de stockage et de
transformation des produits agricoles, les pistes rurales et les
marchés. On estime qu'un investissement de l'ordre de
37 milliards de dollars est requis seulement pour les
infrastructures relatives à la maîtrise de l'eau et à
l'amélioration des terres", a indiqué Monsieur
Diouf.
D'autre part, le Directeur
général de la FAO a souligné que la participation des chefs
d'Etat et de gouvernement africains au prochain Sommet
mondial de l'alimentation (Rome, 10-13 juin 2002) sera
essentielle pour le succès de cette réunion. "Je suis
convaincu de leur présence massive à Rome comme en
1996", a-t-il dit.
Monsieur Diouf
a rappelé que la FAO avait établi un Fonds fiduciaire pour la
sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire des aliments.
"Les Etats Membres et leurs partenaires en
développement ont été invités à apporter des contributions
volontaires. Les succès obtenus, avec 20 pour cent du montant
initial de 500 millions de dollars déjà financés, seraient
encore plus importants si d'autres annonces de contribution
étaient faites avant le Sommet", a-t-il fait observer.
A signaler enfin que le Directeur général
de la FAO a souligné l'engagement de la FAO à poursuivre et
à renforcer son soutien au Nouveau partenariat pour le
développement de l'Afrique (NPDA). Cette initiative,
lancée en juillet dernier lors du Sommet de l'OUA à Lusaka,
accorde une grande importance à la sécurité alimentaire et à
l'agriculture. La FAO a déjà fourni un expert au
Secrétariat du NPDA pour aider à préciser les principales
questions relatives à l'agriculture en Afrique.