Le Caire, 8 février 2002. - Les
ministres de l'agriculture et les délégués de 45 pays
africains ont exhorté les leaders de la planète à participer au
Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après qui doit
se tenir à Rome, du 10 au 13 juin 2002. Cet appel a été lancé
au cours des travaux de clôture de la 22e conférence régionale
pour l'Afrique de l'Organisation des Nations Unies
pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Le Sommet mondial de
l'alimentation: cinq ans après a été convoqué pour
mobiliser la volonté politique et les ressources nécessaires
pour réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre de
sous-alimentés de la planète. Un engagement en ce sens avait
été pris par les chefs d'Etat et de gouvernement de 186
pays réunis à Rome lors du Sommet mondial de l'alimentation
organisé par la FAO en 1996. A l'époque, le nombre de
sous-alimentés était estimé à 841 millions de personnes. Pour
atteindre l'objectif du Sommet de 1996, il faudrait réduire
de 20 milllions par an le nombre de sous-alimentés. Toutefois,
selon les statistiques de la FAO, la diminution ne dépasserait
pas 6 millions par an.
Les ministres et
délégués africains ont, d'autre part, applaudi à la
nouvelle initiative de l'OUA: le Nouveau partenariat pour
le développement de l'Afrique et félicité la FAO pour le
rôle qu'elle remplit sur ce plan. Mis sur pied en juillet
2001, lors du sommet de l'OUA à Lusaka, le Nouveau
partenariat pour le développement de l'Afrique attache une
grande importance à la sécurité alimentaire et soutient les
politiques agricoles qui encouragent l'investissement pour
le développement de l'agriculture et le commerce
inter-africain de produits de base agricoles. Les ministres et
délégués ont invité les pays à participer au Programme spécial
de sécurité alimentaire de la FAO dans le cadre du NEPAD.
La conférence du Caire a exprimé son
appréciation pour l'assistance de la FAO dans
l'agriculture, les forêts et les pêches, notamment en ce
qui a trait aux ressources en terre et en eau et en matière de
santé animale. Au cours des travaux de la conférence, le
Directeur général de la FAO devait souligner la nécessité
d'investir davantage pour le développement des
infrastructures, notamment pour la petite irrigation, la
réhabiliation et la conservation des sols, le traitement et le
stockage des denrées alimentaires, les routes rurales et les
marchés. Il a indiqué que 37 milliards de dollars étaient
nécessaires rien que pour les infrastructures relatives à la
maîtrise de l'eau et à l'amélioration des terres.
La conférence du Caire a réclamé une
assistance accrue pour le renforcement des mesures de contrôle
en ce qui a trait à la pêche au large des côtes africaines et
exprimé sa satisfaction pour ce qui est de l'assistance
fournie par la FAO en matière de pêche et d'aquaculture,
notamment les activités de l'Organisation ayant trait au
Code de conduite
pour une pêche responsable.
Les participants à la conférence du Caire
ont souligné le besoin de réformer et d'harmoniser les
politiques économiques africaines au moment où beaucoup de pays
africains sont confrontés à des difficultés économiques graves.
L'Afrique est la seule région du monde en développement où
la production vivrière moyenne par habitant diminue depuis
quarante ans, exposant de vastes secteurs des populations du
continent à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition.
Les participants ont, par ailleurs, mis en
garde contre le SIDA qui constitue une grave menace pour le
développement agricole et la sécurité alimentaire en Afrique.
L'épidémie, qui menace la vie et les moyens de subsistance
de millions de ruraux, a déjà prélevé un lourd tribut sur la
main-d'oeuvre agricole. Quelque 7 millions de travailleurs
agricoles ont péri du SIDA en Afrique sud-saharienne et au moins
20 millions pourraient succomber d'ici 2020.