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FAO: UNE ACTION URGENTE EST NÉCESSAIRE POUR ÉVITER UNE CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE À DJIBOUTI

Communiqués de presse 02/16


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Photos du site contaminé au port de Djibouti:

Photo 1

Photo 2

Photo 3

Rome, 19 février 2002 - Dix conteneurs sont en train de répandre leur contenu de pesticides toxiques dans le port de Djibouti posant de graves problèmes pour la santé humaine et l'environnement, a mis en garde aujourd'hui l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). L'emplacement actuel des conteneurs est déjà fortement pollué. Le site le plus touché se trouve à une distance de 400 mètres d'un dépôt d'aide alimentaire.

La FAO lance un appel pour une intervention immédiate pour éviter une ultérieure contamination du port et des personnes qui y travaillent. "On ne peut abandonner à elles-mêmes les autorités de Djibouti", souligne l'expert de la FAO, Kevin Helps, qui a été invité par le Ministère de l'agriculture à visiter le site et à formuler des recommandations de sauvegarde.

Le pesticide (de l'arséniate de cuivre chromaté) est surtout utilisé pour la conservation du bois et des poteaux télégraphiques, explique Helps. C'est un produit cancérigène et dangereux pour l'environnement.

Plus de 200 tonnes ont été expédiées par bateau récemment du Royaume-Uni en Ethiopie, pour être livrées à l'Ethiopian Power Corporation. Elles étaient emballées dans des conteneurs en plastique. "Pour toutes les expéditions précédentes, des barils en acier avaient été utilisés, sans qu'il ne se produise aucune fuite. Il semble que les conteneurs en
plastique étaient défectueux et que le produit se soit répandu", dit Helps. "Les conteneurs ont sûrement commencé à fuir quand ils étaient sur le navire".

"Tout le port ne court pas un danger pour l'instant, mais nous sommes inquiets pour le point de stockage. Le liquide continue à s'écouler des conteneurs. Une tentative d'en ouvrir un pour inspecter la cargaison a été abandonnée lorsque le liquide a commencé à se répandre", indique Helps.

Jusqu'à récemment, les autorités portuaires n'avaient reçu aucune information sur la toxicité de la cargaison et sur les mesures de sécurité à prendre. "Il ne fait aucun doute que la manipulation incorrecte de la substance chimique a exposé de nombreux travailleurs à des niveaux inacceptables de toxicité", fait remarquer l'expert de la FAO.

Des premières mesures ont été prises pour protéger les zones contaminées, et les possibilités de propagation de la contamination par la poussière ou le vent ont été réduites.

En guise d'intervention d'urgence, la FAO a suggéré d'ordonner la mise en quarantaine du site de stockage et de placer des gardiens pour en empêcher l'accès. Toute nouvelle fuite doit être contenue pour prévenir une plus grave contamination du sol. "En aucun cas les conteneurs ne doivent être ouverts jusqu'à l'arrivée d'un spécialiste de déchets toxiques équipé de tout le matériel de sécurité nécessaire", dit Helps. "Les pesticides ne peuvent être acheminés en Ethiopie sans un nouveau conditionnement".

"Cette tâche doit être accomplie avant que les pluies ne propagent le produit qui est hautement soluble et qui est aisément entraîné par lixiviation dans le sol. Si le produit devait se déverser dans la mer, l'impact sur le cheptel piscicole serait très grave".

Le matériel fortement contaminé doit être renvoyé au Royaume-Uni, selon la FAO. "Il n'existe actuellement en Afrique aucune installation capable d'éliminer sans risques cette substance dangereuse. Le reconditionnement final et la décontamination coûteront, au bas mot, 800 000 dollars. Quant à l'intervention d'urgence, elle s'élèvera à 35 000 dollars", déclare Helps.

La FAO a recommandé à l'Etat de Djibouti d'adopter une approche de type "pollueur-payeur". "La responsabilité finale de la cargaison doit être tirée au clair sans délais. La partie responsable de la fuite et de la contamination doit être identifiée."


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