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Communiqué de presse 97/64
Dans son allocution à la 20ème Conférence McDougall
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE GABONAISE OMAR BONGO SOULIGNE QUE LE MONDE EN
DEVELOPPEMENT A, PLUS QUE JAMAIS, BESOIN DE LA SOLIDARITE DES PAYS NANTIS
Rome, 11 novembre 1997. - M. Omar Bongo, Président de la République
gabonaise, a souligné que “le monde en développement a plus que jamais
besoin de la solidarité agissante des pays nantis pour l’aider à se préparer
à la mondialisation de l’économie que nous savons irréversible”.
“La libéralisation des marchés et la globalisation finissent par mettre
en concurrence des acteurs aux ressources et capacités scandaleusement disproportionnées”,
a affirmé le Président Bongo dans son allocution à la 20ème Conférence
McDougall qui s’est déroulée aujourd’hui dans le cadre de la 29ème
session de la Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation
et l’agriculture (FAO).
Le Chef de l’Etat gabonais a déploré le fait que “plus d’une personne
sur cinq souffre de sous-alimentation et de malnutrition dans les pays en développement,
alors que la production alimentaire mondiale a fortement augmenté et qu’elle
est aujourd’hui largement suffisante pour nourrir tous les habitants de la Terre”.
Il a ajouté: “Les facteurs responsables de la faim et de la malnutrition
sont nombreux et sont intimement liés à la pauvreté. Entrent également
en ligne de compte les aléas climatiques, la surexploitation des terres dans
certaines zones et le taux d’urbanisation qui augmente dans beaucoup de pays en développement,
ainsi que les déséquilibres économiques et sociaux qui touchent une
grande partie des populations.”
Rappelant les engagements pris lors du Sommet mondial de l’alimentation (novembre
1996), le Président Bongo a souligné qu’il fallait “garantir le minimum
alimentaire à tous les habitants de la Planète, sans exception, car aucun
développement ne sera durable, s’il n’est pas mondial, respectueux de l’environnement
et, surtout, équitable”.
Bien qu’il soit producteur de pétrole, le Gabon connaît des problèmes
de sécurité alimentaire. “Nous avons à résoudre, a déclaré
le Président Bongo, des problèmes d’approvisionnement, surtout dans
les centres urbains, à un coût raisonnable, et à assurer une production
agricole plus compétitive, conformément au Plan d’action adopté par
le Sommet.”
Le Chef de l’Etat gabonais a indiqué que son pays devait recourir à “des
importations aussi massives qu’onéreuses pour faire face à une demande
alimentaire toujours grandissante”. A titre indicatif, ces importations ont représenté
en 1996 plus de 80 milliards de francs CFA, soit 160 millions de dollars. “Ces
achats à
l’étranger nous permettent de couvrir 47 pour cent des disponibilités énergétiques”,
a-t-il précisé. Aussi, le gouvernement gabonais a-t-il mis en place dès
l’année 1986 un programme de redressement économique ayant comme objectifs
principaux la résorption des déséquilibres intérieurs/extérieurs
et le retour à une croissance positive reposant sur les secteurs productifs
non pétroliers et sur la relance du secteur agricole.
“Dans le cadre de ce programme, a ajouté le Président Bongo, le
gouvernement gabonais s’est attelé à promouvoir l’agriculture paysanne
par la mise en oeuvre de divers projets visant à renforcer l’encadrement des
populations rurales et par le déploiement des pôles de développement
que constituent les nombreuses unités agro-industrielles disséminées
à travers le territoire.
“En définitive, par cette action, nous voulons améliorer les conditions
de vie des populations rurales, en vue notamment de ralentir l’exode rural, de développer
les cultures de rente afin de promouvoir les exportations, et augmenter ainsi la
contribution du secteur de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche à
la constitution du produit intérieur brut. Il faut savoir que ce secteur occupant
pourtant 34,1 pour cent de la population active du pays, ne contribue au PIB qu’à
raison de 4,9 pour cent et que les exportations qui en découlent ne représentent
que 0,2 pour cent du total.”
Soulignant que le principal défi pour le Gabon est de parvenir, d’ici 2010,
à “une croissance économique soutenue et durable”, le Président
Bongo a révélé que le Parlement gabonais devra se prononcer incessamment
sur “un programme d’investissement public renforcé en faveur du secteur agricole,
lequel comprendra des dispositions tendant à créer un environnement socio-économique
attrayant pour les investisseurs privés tant nationaux qu’étrangers”.
Le Chef de l’Etat gabonais a, d’autre part, évoqué “l’urbanisation
galopante” qui rend ardue la maîtrise des questions alimentaires. “Ainsi,
l’on estime que l’augmentation de la population urbaine d’ici à l’an 2030 correspondra
au chiffre actuel de la population totale du continent. Il faudra alors nourrir quelque
900 millions d’urbains dont presque la moitié en provenance du secteur rural.
De plus, il faut garder en mémoire que les conséquences de l’accroissement
démographique global sur les besoins énergétiques sont plus importantes
que celles liées à l’urbanisation. Cela veut dire, en clair, que la population
augmente très vite dans les pays pauvres et que la simple satisfaction mathématique
des besoins supplémentaires en produits d’origine végétale à
tous les Africains, à titre d’exemple, oblige les Etats de ce continent à
trouver les moyens d’assurer une croissance annuelle moyenne de la production alimentaire
de plus de 3,5 pour cent sur une cinquantaine d’années.”
Le Président Bongo a, en conclusion, souligné que “la paix et la stabilité
des institutions étatiques” sont les conditions sine qua non de la
sécurité alimentaire. “On a l’habitude de dire que le “minimum de bien-être”est
un trépied qui s’appuie sur un minimum de sécurité alimentaire, un
minimum d’éducation et un minimum de santé. Un autre minimum doit être
rajouté au trépied du bien-être: c’est le minimum de paix.”
La Conférence McDougall permet à une personnalité extérieure
à la FAO d’exposer ses vues sur le développement devant les délégués
des Etats membres de l’Organisation, réunis à Rome dans le cadre de la
Conférence biennale. Elle a été instituée en 1958 pour rendre
hommage, à titre posthume, à Frank McDougall (conseiller économique
de l’ancien Haut-Commissaire d’Australie à Londres, Stanley Bruce) qui a joué
un rôle déterminant dans la création de la FAO.
La 29ème session de la Conférence biennale de la FAO (7-18 novembre 1997)
doit passer en revue la situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture,
examiner le suivi du Sommet mondial de l’alimentation, discuter de différentes
questions ayant trait au développement agricole durable et voter le Programme
de travail et le budget de l’Organisation pour 1998 et 1999.//
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