Communiqués de presse


 Archives 1998


Communiqué de presse 98/40

LE COMITE DE LA SECURITE ALIMENTAIRE MONDIALE INVITE LES PAYS A POURSUIVRE LA MISE EN OEUVRE DU PLAN D'ACTION DU SOMMET MONDIAL DE L'ALIMENTATION; OBJECTIF: REDUIRE DE MOITIE, D'ICI A 2015, LE NOMBRE DE SOUS-ALIMENTES

 

  


 

Rome, 5 juin 1998 .- Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale a approuvé aujourd'hui des mesures visant à suivre de plus près l'exécution du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation (novembre 1996) qui avait notamment appelé à réduire de moitié, d'ici à 2015, le nombre de sous-alimentés dans le monde.

Le Comité, qui a réuni du 2 au 5 juin les délégués de 114 pays et de la Communauté européenne, a examiné les rapports, qu'il avait reçus d'un grand nombre de pays, sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Plan d'action du Sommet.

Invitant la communauté internationale à ne perdre, à aucun moment, de vue les objectifs de ce Plan d'action, le Comité a souligné la nécessité de redoubler d'efforts, au niveau de chaque pays, pour éradiquer la faim et la malnutrition. Selon les experts de la FAO, il s'agit-là d'une "urgence" qui pose un défi considérable au regard de l'extrême pauvreté et des taux de natalité élevés de certains pays.

Paradoxalement, c'est dans les pays où l'agriculture constitue la principale source de revenus que l'on compte le plus grand nombre de sous-alimentés, fait-on observer à la FAO.

"Les taux élevés de sous-alimentation maintiennent le cercle vicieux du sous-développement. Pour vaincre la pauvreté, il convient de s'atteler à résoudre le problème de la faim et de la malnutrition", a souligné Hartwig De Haen, Sous-Directeur général de la FAO, responsable du Département économique et social.

L'amélioration des revenus des populations les plus pauvres de la planète passe par l'accroissement de la production agricole dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier, souligne-t-on également à la FAO.

D'autre part, le Comité a exhorté les pays riches à continuer d'aider les pays pauvres à améliorer leur situation alimentaire, rappelant notamment que le renforcement du pouvoir d'achat de ces derniers et l'augmentation de la demande en nourriture qu'il entraînerait profiteraient également aux pays développés.

Une édition spéciale du bulletin de la FAO, "Les Perspectives Alimentaires", diffusée au cours des travaux du Comité, indique que la production céréalière mondiale devrait atteindre 1,911 milliard de tonnes en 1998, soit un niveau record légèrement supérieur à celui de l'année précédente. Si les prévisions devaient se confirmer, les disponibilités céréalières seraient suffisantes pour couvrir la consommation en 1998/99 et permettraient la reconstitution des stocks mondiaux de sécurité. Toutefois, le bulletin met en garde contre tout optimisme excessif prématuré concernant les futures récoltes, d'autant que les principales cultures ( le riz, en particulier) n'ont pas encore été plantées en Asie où c'est actuellement l'été.

Le bulletin ajoute que les prévisions concernant les récoltes de 1998 pourraient être faussées par le phénomène climatique El-Niño, notamment dans plusieurs pays de l'hémisphère sud. C'est d'ailleurs du fait d'El-Niño que le nombre de pays confrontés à des situations alimentaires d'urgence est passé de 31 à 38(*).

Dans le cadre du suivi du Sommet mondial de l'alimentation, 93 pays ont déjà fait parvenir à la FAO leurs rapports sur les progrès réalisés, dans le cadre du suivi du Sommet mondial de l'alimentation, en matière de sécurité alimentaire durable pour tous.

La quasi totalité des rapports des pays développés font état de mécanismes destinés à garantir un revenu minimum et l'accès à la nourriture de façon durable pour les groupes en situation d'insécurité alimentaire. Les mesures spécifiques comprennent la promotion de l'emploi, les programmes de formation, des programmes de rééducation pour les handicapés et d'autres mesures de soutien familial. A l'échelle internationale, les pays donateurs appuient les efforts déployés par les pays en développement en matière d'investissements dans les services sociaux, d'assistance technique et d'éducation et de formation professionnelle.

De leur côté, plusieurs pays en développement soulignent, dans leurs rapports, que le Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA), lancé par la FAO, fait désormais partie de leur stratégie de lutte contre la pauvreté et la malnutrition.

Dans les pays où les personnes en état de dénutrition représentent une proportion significative de la population (Angola, Bangladesh, Haïti, Mozambique, etc.), l'accent est mis sur les mesures à court terme, notamment les programmes "vivres-contre-travail" qui s'appuient sur l'aide alimentaire.

"L'orientation des programmes à moyen et à long termes varie selon la situation du pays et la nature de ses problèmes d'insécurité alimentaire. Les programmes de lutte contre la pauvreté comportent fréquemment des mesures concrètes pour améliorer à la fois l'accès à la terre, les infrastructures, les services sociaux essentiels, l'irrigation, l'accès au crédit, la commercialisation et la transformation ainsi que le développement des équipements de stockage", souligne un rapport du Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

(*): Ces 38 pays sont:

En Afrique: Angola, Burkina Faso, Burundi, République démocratique du Congo, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Kenya, Liberia, Mauritanie, Mozambique, Niger, Rwanda, Sénégal, Sierra Léone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Ouganda et Zambie.

En Asie: Afghanistan, Indonésie, Irak, Corée ( RDPC), Laos, Mongolie et Papouasie- Nouvelle-Guinée.

En Amérique latine: El Salvador, Guatemala, Haïti, Honduras, Nicaragua et Panama.

Dans la Communauté des Etats Indépendants: Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie et Tadjikistan.

Ailleurs: Bosnie-Herzégovine.

 

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