PR 96/11 - PROBLEMES D'ENVIRONNEMENT DANS LA MEDITERRANEE


PR 96/11

Au cours de sa 20e Conférence régionale pour l'Europe

LA FAO MET EN GARDE CONTRE LES DANGERS QUI MENACENT L'ENVIRONNEMENT DANS LE BASSIN MEDITERRANEEN

Plusieurs pays doivent faire face à de graves pénuries d'eau

Tel Aviv, 1er mai 1996 - Les pays du bassin méditerranéen devront faire face à de graves problèmes d'environnement s'ils ne modifient pas radicalement leurs pratiques agricoles, souligne l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un rapport présenté à sa 20ème Conférence régionale pour l'Europe qui se tient en Israël jusqu'au 3 mai.

Selon la FAO, "la durabilité de l'agriculture méditerranéenne semble compromise, à moins que des mesures draconiennes ne soient prises de toute urgence pour enrayer cette tendance".

La Conférence régionale de la FAO pour l'Europe réunit, tous les deux ans, les ministres de l'Agriculture de 40 Etats Membres de l'Organisation appartenant à l'Europe et une dizaine d'observateurs représentant notamment les Etats-Unis, le Canada, la Russie et l'Ukraine. Elle est organisée en coopération avec la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe.

Cette vingtième session de la Conférence régionale de la FAO pour l'Europe s'insère, par ailleurs, dans le cadre des préparatifs du Sommet mondial de l'alimentation qui se tiendra du 13 au 17 novembre 1996 au Siège de l'Organisation, à Rome.

Selon la FAO, un examen des tendances actuelles révèle qu'une "crise de l'eau" est imminente dans plusieurs régions du bassin méditerranéen, en particulier au Proche-Orient, en Afrique du Nord, en Grèce, en Turquie et dans le sud de l'Espagne. "D'ici la fin de la décennie, les pays d'Afrique du Nord situés sur le pourtour de la Méditerranée devront faire face à de graves pénuries d'eau", indique le rapport qui précise qu'"un pays accuse un "déficit hydrique" lorsque les approvisionnements en eau sont en moyenne inférieurs à 1 000 m3 par personne et par an".

Pour l'ensemble de la région, l'irrigation représente quelque 80 pour cent des prélèvements d'eau, mais c'est dans les zones urbaines que la demande en eau connaît l'expansion la plus rapide. En l'absence de sources additionnelles d'eau douce, il convient de peaufiner les techniques de conservation de l'eau et recourir à des ressources hydriques de substitution, indique également le rapport. Les régions côtières de la zone méditerranéenne passent pour avoir les meilleurs sols de la région. Cependant, l'expansion des villes et le développement touristique ont relégué les activités agricoles vers les terres marginales. Dans la partie la plus aride du bassin méditerranéen, la surexploitation des terres (culture intensive, surpâturage, destruction du couvert ligneux, mauvaises pratiques d'irrigation, etc.) ont entraîné la désertification. Les progrès réalisés grâce aux politiques et programmes de lutte contre la désertification sont restés limités. Pour l'ensemble de la région, la FAO estime que le déboisement se poursuivra à un rythme soutenu. Dans les pays du nord du bassin méditerranéen, les superficies reboisées sont, en général, inférieures à celles qui disparaissent du fait de l'exploitation forestière et des incendies de forêt. Dans les pays situés au sud de la Méditerranée, la collecte du bois de feu constitue encore une des activités humaines les plus destructrices de l'environnement. Plus de 50 pour cent des sols agricoles sont gravement menacés d'érosion. Les taux d'érosion en Italie, au Maroc et en Espagne peuvent parfois dépasser 250 tonnes/hectare par an. Les progrès de l'érosion semblent irréversibles dans certaines parties de la façade méditerranéenne de l'Espagne. En Turquie, où 70 pour cent des terres sont affectées par l'érosion, un milliard de tonnes de sol fertile sont emportées chaque année par l'érosion éolienne et hydrique. Pour les terres marginales des pays situés au sud et à l'est du bassin méditerranéen, les conséquences de l'érosion sont encore plus négatives. Des problèmes très graves de salinisation sont signalés dans les pays du sud et de l'ouest du bassin méditerranéen, où l'aridité favorise ce phénomène. Les sols dégradés par la salinisation représentent aujourd'hui quelque 16 millions d'hectares de terres irriguées, soit 25 pour cent du total des terres agricoles irriguées. "L'environnement méditerranéen doit être préservé et sa pérennité assurée, sans priver pour autant les millions de personnes des bienfaits du développement économique et du progrès technique. Il faut constamment mettre au point des techniques inoffensives pour l'environnement et en faire profiter tous les pays du bassin méditerranéen. La coopération méditerranéenne devrait constituer une dimension importante de la formulation des politiques agricoles nationales", souligne le rapport de la FAO pour qui "la clef d'un développement harmonieux et durable se trouve probablement dans le renforcement des contacts, des échanges et de la collaboration entre les différentes régions qui entourent la Méditerranée".