PR 96/26 - LA DECLARATION DE LEIPZIG
PR96.26
RESSOURCES PHYTOGENETIQUES: 150 PAYS
ADOPTENT LE PLAN D'ACTION MONDIAL DE
CONSERVATION ET D'UTILISATION DURABLE
Leipzig, 23 juin 1996 . - Le premier plan d'action mondial pour la
conservation et l'utilisation durable des ressources phytogénétiques pour
l'alimentation et l'agriculture a été approuvé aujourd'hui par les
délégués de 150 pays au terme des travaux de la Conférence technique
internationale de Leipzig sur les ressources phytogénétiques (17-23 juin
1996).
Organisée par la FAO avec le concours du gouvernement allemand, cette
Conférence a permis de dégager un consensus sur les actions à entreprendre
d'urgence pour protéger les ressources phytogénétiques et assurer un
partage équitable des avantages découlant de leur utilisation.
La Conférence a adopté la "Déclaration de Leipzig" qui souligne
notamment: "Notre premier objectif doit être de renforcer la sécurité
alimentaire mondiale en conservant et en utilisant durablement les
ressources phytogénétiques. Cela mécessitera des approches intégrées
associant ce que les connaissances traditionnelles et les technologies
modernes offrent de mieux. Des dispositifs sont nécessaires pour
identifier, accroître et partager de manière équitable les avantages tirés
de la conservation et de l'utilisation durable des ressources
phytogénétiques
Dans cette Déclaration, les pays prennent acte du "rôle joué par les
générations d'agriculteurs et de sélectionneurs, hommes et femmes, et par
les communautés autochtones et locales, dans la conservation et
l'amélioration des ressources phytogénétiques". Ils ajoutent: "Nous
sommes toutefois conscients des graves menaces qui pèsent sur la sécurité
des ressources phytogénétiques et nous reconnaissons que les efforts faits
pour conserver, améliorer et utiliser durablement la diversité génétique
devraient être améliorés."
Selon la Déclaration de Leipzig, "la diversité actuelle des espèces
cultivées n'est pas utilisée au mieux pour accroître la production
alimentaire ou pour améliorer la durabilité des systèmes de production.
Il est donc nécessaire de renforcer les capacités nationales,
particulièrement dans les pays en développement".
La Déclaration préconise "un partenariat nouveau et plus productif
entre les scientifiques et les agriculteurs, qui s'appuyerait sur les
efforts que déploient déjà les agriculteurs pour gérer et améliorer leurs
ressources phytogénétiques, notamment dans les zones marginales".
Selon le plan d'action mondial, près de 1,4 milliard de pauvres (dont
1 milliard en Asie, 300 millions en Afrique et 100 millions en Amérique
latine) vivent dans des régions où les cultures locales bien adaptées à
leur environnement jouent un rôle essentiel.
M. Abdoulaye Sawadogo, Sous-Directeur général de la FAO responsable
du Département de l'agriculture, a souligné que "la Déclaration de Leipzig
et le premier plan d'action mondial qui vient d'être approuvé par les
gouvernements montrent clairement que la communauté internationale peut
aborder, à présent, une nouvelle ère de coopération systématique,
équitable et équilibrée".
Et M. Sawadogo d'ajouter: "Cela permettra aux générations futures de
faire face à des besoins humains et à des changements environnementaux
imprévisibles. Le coût de la conservation des ressources phytogénétiques
pour l'alimentation et l'agriculture est élevé, mais il l'est beaucoup
moins que celui qu'on aurait à payer si on les laissait se dégrader."
Les objectifs du plan d'action mondial adopté à Leipzig sont la
conservation, l'utilisation durable et le partage juste et équitable des
avantages tirés des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et
l'agriculture. Le plan inclut une vingtaine d'activités prioritaires.
Ses principales orientations et propositions portent sur la conservation
et la mise en valeur in situ, la conservation ex situ, la meilleure
utilisation des ressources phytogénétiques et le renforcement des
institutions et des capacités nationales.
Les pays participant à la Conférence de Leipzig se sont engagés à
appliquer le plan d'action mondial. Le rapport de la Conférence réaffirme
les engagements financiers pris dans le cadre du programme "Action 21" de
la CNUED et par les parties à la Convention sur la diversité biologique.
Les financements nouveaux ou supplémentaires devraient provenir des pays
développés ou d'autres sources, précise le rapport.
D'autre part, le plan confirme le droit d'accès des agriculteurs au
matériel génétique, à l'information, aux technologies, aux ressources
financières, à la recherche et aux filières commerciales afin qu'ils
puissent continuer à améliorer les ressources phytogénétiques. Il
reconnaît, enfin, la nécessité de transformer en réalité les "droits des
agriculteurs" tels que définis par la résolution 5/89 de la FAO.