PR 96/28 - RWANDA: BESOIN DE L'AIDE ALIMENTAIRE
PR 96/28
RWANDA: 600 000 PERSONNES AURONT ENCORE
BESOIN DE L'AIDE ALIMENTAIRE
Rome, 16 juillet 1996.- Près de 600 000 personnes auront besoin de
l'aide alimentaire au Rwanda au cours du deuxième semestre 1996, en dépit
d'une amélioration de la production agricole, annoncent aujourd'hui
l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).
Selon un rapport établi par une mission d'évaluation conjointe FAO-
PAM, qui s'est rendue au Rwanda du 7 au 15 juin, la production agricole de
ce pays devrait connaître, cette année, un accroissement de 15%, mais elle
resterait nettement inférieure (-23%) au niveau de 1990.
Le rapport estime à 576 000 le nombre des personnes qui auront besoin
de l'aide alimentaire, soit 9% de la population totale. Ce chiffre
comprend les réfugiés qui sont rentrés au pays après l'exode d'avril 1994
et les différents groupes vulnérables ainsi que les personnes qui
participent à des projets nourriture-contre-travail.
Selon le rapport, la deuxième récolte de la saison 1996 a atteint
109 000 tonnes de céréales, dont 85 000 tonnes de sorgho, 13 000 tonnes de
maïs, quelque 5 500 tonnes de blé et autant de riz paddy ainsi que 72 000
tonnes de légumineuses, 607 000 tonnes de racines et tubercules et 1 049
000 tonnes de bananes, soit au total un accroissement de 7% par rapport à
1995.
Cette amélioration de la production est due à la fois à
l'augmentation des surfaces cultivées après le retour des personnes
déplacées, au renforcement des conditions de sécurité dans le pays et à
l'aide procurée par la communauté internationale sous forme de semences et
d'outils agricoles.
"Les récoltes ont été généralement bonnes grâce aux pluies
abondantes et à la faible incidence des ravageurs des cultures", indique
le rapport. En outre, beaucoup de terres sont restées en friche durant
les deux dernières années, ce qui en a accru la fertilité.
Toutefois, le retour à des récoltes normales ou, au moins, à celles
de 1990, reste hypothéqué par plusieurs facteurs: les conditions
climatiques bien sûr, mais aussi la rareté ou, parfois, l'absence de
semences de bonne qualité, notamment pour le soja, le manioc et le maïs
ainsi que par la pénurie de pesticides dont les coûts sont d'ailleurs
prohibitifs, selon le rapport.
En prévision de la récolte de décembre-janvier, les priorités sont
les intrants de bonne qualité, notamment les semences de maïs, de manioc
et de patates douces ainsi que les pesticides et les engrais.
Toujours selon le rapport, il convient, à plus long terme, de
réhabiliter le secteur agricole dans son ensemble. A cet égard, l'aide
internationale sera cruciale pour le thé, le café et le secteur de
l'élevage.
Le déficit alimentaire du Rwanda pour l'année en cours est estimé à
127 000 tonnes de céréales, de légumineuses et d'équivalent céréales en
racines et tubercules. Les importations alimentaires devraient atteindre
44 000 tonnes et les besoins d'aide alimentaire, 87 000 tonnes dont 44 000
tonnes seront nécessaires au cours du deuxième semestre 1996.
Près de 43% de l'aide alimentaire totale est distribuée aux personnes
qui participent à des programmes d'urgence bilatéraux ou multilatéraux
pour la réhabilitation des infrastructures agricoles et la reconstruction
des logements, précise le rapport.
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