PR 96/32 - IL FAUDRAIT ACCROITRE LES INVESTISSEMENTS AGRICOLES


PR 96/32

IL FAUDRAIT ACCROITRE LES INVESTISSEMENTS AGRICOLES (ESSENTIELLEMENT PRIVÉS) DE 31 MILLIARDS DE DOLLARS PAR AN, SELON LA FAO

Rome, 4 août 1996 -- Les secteurs public et privé devraient investir 31 milliards de dollars de plus par an dans l'agriculture pour faire face à la croissance de la demande durant les deux prochaines décennies, plus particulièrement dans les pays en développement, souligne aujourd'hui l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Selon la FAO, des investissements supplémentaires de l'ordre de 19 milliards de dollars par an seront nécessaires pour la production primaire et le secteur après production et 12 milliards de dollars par an pour les infrastructures et les services de soutien publics. Sur cette base, le total des investissements bruts nécessaires pour soutenir les taux de croissance indiqués dans l'étude de la FAO "Agriculture: Horizon 2010" serait de quelque 166 milliards de dollars par an, soit quelque 23 pour cent de plus que la moyenne des investissements bruts totaux pour l'agriculture au cours de la dernière décennie.

Ces données figurent dans le rapport "Investissements agricoles: évolutions et perspectives" qui fait partie d'une série de rapports techniques préparés pour le Sommet mondial de l'alimentation qui se tiendra du 13 au 17 novembre 1996 au Siège de la FAO, à Rome.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de près de 200 pays doivent, au cours du Sommet, renouveler leur engagement de réduire la pauvreté et d'assurer la sécurité alimentaire universelle. Ils doivent approuver un Plan d'action en ce sens, qui devra être mis à exécution en partenariat avec les organisations internationales, les ONG et les autres secteurs de la société civile. Selon le rapport, les agriculteurs et les divers investisseurs du secteur privé sont "la clé de l'accroissement de la production vivrière".

"Près des trois-quarts des investissements futurs requis dans les pays en développement consisteront, comme par le passé, en engagements privés effectués par les agriculteurs pour améliorer leurs terres, rénover leurs équipements, développer leur cheptel et leurs plantations (souvent sous forme de travail des membres de la famille), et en investissements privés dans la chaîne après production. Le quart restant, soit quelque 41 milliards de dollars par an, consistera en investissements publics complémentaires pour créer et conserver les conditions favorables à l'investissement privé rentable dans le secteur agricole." Toujours selon le rapport, "si l'aide financière extérieure de source multilatérale ou bilatérale pour ces investissements publics doit fournir la même part que par le passé, à savoir un tiers environ du total, les engagements extérieurs devront augmenter de 5 milliards de dollars par an, passant des 10 milliards actuels à 15 milliards de dollars par an, soit le niveau déjà atteint à la fin des années 80". D'autre part, le rapport prévoit la restructuration des institutions publiques afin qu'elles puissent jouer "le double rôle d'encadrement et de partenariat dans un secteur agricole dominé par les investissements privés". Il préconise de "nouvelles technologies", car les terres arables inexploitées se font rares et la croissance agricole sera de plus en plus tributaire de l'intensification des cultures. Les gains réalisés grâce à la "révolution verte" marquent le pas dans certaines régions alors que s'accroît la dégradation des terres arables et marginales. Le rapport appelle à des "investissements substantiels" dans les domaines suivants: irrigation, amélioration des terres, nouveaux outils et machines agricoles, races animales et variétés végétales afin de permettre aux agriculteurs d'utiliser les nouvelles technologies mises au point dans les centres de recherche. Des investissements en amont et en aval fourniront de nouveaux types d'intrants, des moyens de transformation, de commercialisation et de stockage, des infrastructures rurales pour relier les producteurs aux villes et des services sociaux qui permettront aux ruraux de tirer parti des nouvelles possibilités de produire et de gagner de l'argent. Rappelant que le secteur agricole est le premier fournisseur d'emplois dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier, le rapport souligne que "les politiques doivent éliminer les mesures propres à décourager les agriculteurs et autres investisseurs ruraux, favoriser la création d'emplois, ralentir l'exode rural et améliorer les marchés financiers ruraux". Selon le rapport, "il est nécessaire de tracer une ligne de démarcation plus nette entre les tâches du secteur public et celles du secteur privé; aux fins de la complémentarité, les dépenses des gouvernements doivent être affectées uniquement aux biens publics, aux services sociaux essentiels, aux interventions ciblées de lutte contre la pauvreté et aux programmes d'aide alimentaire". D'autre part, le rapport exhorte les gouvernements à renforcer la coopération au niveau régional ou mondial en matière de gestion des ressources, de commerce et de développement des technologies nouvelles. Les menaces qui pèsent sur la sécurité alimentaire, comme la perte de la diversité génétique des espèces animales et végétales, les changements climatiques, l'amincissement de la couche d'ozone, la déforestation ou la désertification, nécessitent de nouvelles formes d'agriculture durable. Toujours selon le rapport, le type d'investissements prioritaires varie considérablement d'une région à l'autre. En Asie, la remise en état des périmètres d'irrigation, le drainage et l'institution de droits d'eau négociables sont des objectifs prioritaires tout comme la réhabilitation de l'environnement et les infrastructures commerciales. En Afrique, de gros investissements sont nécessaires pour les communications rurales, l'irrigation, les routes de campagne, la récolte in situ des eaux de pluie, l'amélioration et la gestion des terres ainsi que les services de santé et d'éducation. Des travaux de recherche systématiques sont nécessaires pour créer de nouveaux systèmes d'exploitation agricole durables pour les petits agriculteurs à faibles ressources qui forment la majorité des ruraux.

En Amérique latine, il faudrait développer des systèmes de culture mécanisés plus durables et mettre en place les infrastructures de transformation et de commercialisation requises pour desservir une population qui sera, un jour, urbaine à 80%.

"Dans toutes les régions, note le rapport, les zones rurales n'ont pas suffisamment d'infrastructures sociales pour valoriser la plus importante des ressources productives, à savoir le capital humain."