PR 96/53 - STOCKS MONDIAUX CEREALES INFERIEURS AU SEUIL MINIMUM


PR 96/53

EN 1997, LES STOCKS MONDIAUX DE CEREALES RESTERONT INFERIEURS AU SEUIL MINIMAL DE SECURITE MALGRE DES RECOLTES PLUS ABONDANTES, SELON LA FAO PUBLICATION DE LA "SIXIEME ENQUETE MONDIALE SUR L'ALIMENTATION"

Rome, 11 novembre 1996.- Pour la première fois en quatre ans, les stocks mondiaux de céréales devraient augmenter en 1997, mais ils resteraient inférieurs au seuil minimal nécessaire pour assurer la sécurité alimentaire mondiale, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Dans l'édition de novembre du bulletin "Perspectives de l'alimentation", publiée deux jours avant le Sommet mondial de l'alimentation (13-17 novembre), l'agence spécialisée des Nations unies prévoit, pour les campagnes agricoles se terminant en 1997, des stocks céréaliers mondiaux de clôture de 285 millions de tonnes, soit une augmentation de 8 millions de tonnes par rapport aux estimations précédentes. Toutefois, le ratio stocks/utilisation pour 1997-98, actuellement estimé à 15,4%, restera très inférieur à la fourchette de 17-18% que la FAO considère comme le seuil minimal nécessaire pour assurer la sécurité alimentaire mondiale.

En ce qui concerne le blé, la FAO souligne que la situation restera tendue. En effet, les stocks mondiaux de cette céréale principale pour les campagnes agricoles se terminant en 1997 sont estimés à 111,6 millions de tonnes, soit un léger mieux par rapport à 1996 (107,8 millions de tonnes), mais nettement moins qu'en 1993 (147,5 millions de tonnes). Au niveau mondial, et dans l'ensemble, la production alimentaire a continué de croître plus rapidement que la démographie, mais dans certaines régions c'est le phénomène inverse qui s'est produit, cependant que dans les pays en développement quelque 200 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent de carences protéino-énergétiques aiguës ou chroniques, souligne d'autre part la "Sixième enquête mondiale sur l'alimentation", également publiée par la FAO à l'approche du Sommet de Rome au cours duquel les dirigeants de la planète doivent adopter une Déclaration et un Plan d'action sur la sécurité alimentaire mondiale.

Selon cette enquête, les disponibilités alimentaires par habitant ont continué de décroître en Afrique subsaharienne où la proportion de la population qui ne dispose pas d'une nourriture suffisante est passé de 38% en 1969-1971 à 43% en 1990-1992 alors que les chiffres absolus des sous- alimentés ont plus que doublé passant de 103 millions à 215 millions au cours de la même période.

L'enquête met l'accent sur la nécessité d'améliorer la collecte des données de base dans les pays afin d'aider les analystes et les statisticiens à mieux délimiter l'ampleur de l'insuffisance alimentaire et les régions où elle sévit.

Dans l'avant-propos de l'enquête, M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, souligne notamment que "les disponibilités énergétiques alimentaires par habitant ont continué de croître dans les pays en développement pris globalement, si bien que la prévalence de l'insuffisance alimentaire a diminué au cours des deux décennies qui ont suivi 1969-1971: 20% de la population totale en 1990-1992 avaient un accès insuffisant aux vivres, contre 35% il y a deux décennies".

M. Diouf ajoute: "L'amélioration en termes absolus a été encore plus remarquable puisqu'en 1990-1992 moins de personnes avaient un accès insuffisant aux vivres qu'il y a 20 ans, malgré l'augmentation de la population des pays en développement de 1,5 milliard d'habitants depuis cette époque. Le nombre de personnes ayant un accès insuffisant aux vivres est passé de 918 millions en 1969-1971 à 906 millions en 1979-1981 et à 841 millions en 1990-1992. Néanmoins, ce chiffre était encore très élevé en 1990- 1992 puisqu'une personne sur cinq souffrait d'insuffisance alimentaire dans le monde en développement."

L'enquête montre, par ailleurs, que la contribution aux disponibilités énergétiques alimentaires totales de plusieurs denrées importantes, comme les racines et les tubercules ou les légumineuses et les fruits, a stagné ou diminué dans la plupart des pays en développement.

Parallèlement, la FAO a publié, sous forme d'affiche, une "Carte de la sous-alimentation" qui illustre la répartition géographique de l'insuffisance alimentaire et les progrès réalisés par les pays au cours des deux dernières décennies pour améliorer les disponibilités alimentaires et la situation nutritionnelle.

Pour en revenir aux "Perspectives alimentaires", le bulletin de novembre signale qu'en dépit d'une amélioration des disponibilités alimentaires, des pénuries persistent dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier du fait notamment de troubles civils, de mauvaises récoltes ou d'inondations.

En Afrique subsaharienne, la situation alimentaire s'est améliorée, dans l'ensemble, par rapport à l'année dernière, mais il reste encore beaucoup à faire, souligne le bulletin de la FAO.

Toujours selon le bulletin, la production mondiale de céréales pour 1996 est estimée à 1 milliard 849 millions de tonnes, soit 28 millions de tonnes de plus que projeté en août dernier et une augmentation de près de 7% par rapport à l'estimation révisée de la production de 1995. En ce qui concerne le blé, la récolte mondiale devrait atteindre 581 millions de tonnes, soit 10 millions de tonnes de plus que l'estimation précédente et une augmentation de 6,4% par rapport à l'estimation révisée de la production de 1995.

Le bulletin prévoit un très faible accroissement des disponibilités d'aide alimentaire sous forme de céréales en 1996-97: environ 7,5 millions de tonnes, contre 7,2 millions de tonnes en 1995-96. Mais leur volume resterait inférieur d'environ 45% à la moyenne des cinq années précédentes.

Selon les estimations de la FAO, l'aide alimentaire en céréales aux pays à faible revenu et à déficit alimentaire a totalisé 5,7 millions de tonnes en 1995-96, soit une "baisse record" de 2,2 millions de tonnes par rapport à l'année précédente.