G.P. Gongnet1, M. Minguey2 et B.O. Brahim2
1Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaires
B.P. 5077, Dakar (Sénégal)2Laboratoire de recherches vétérinaires et zootechniques
B.P. 433, N'Djamena (Tchad)
Résumé
1. Introduction
2. Matériel et méthodes
3. Résultats
4. Discussion
5. Conclusion
Références
L'effet de rations à base de paille de riz complémentée avec des drèches artisanales, du tourteau de coton et de la poudre d'os sur les performances d'engraissement du mouton peul du Sahel a été étudié au Tchad sur 32 moutons âgés de 1,5 an et pesant en moyenne 24,25 kg. Ces rations ont eu un effet statistiquement significatif sur la consommation de matière sèche (P<0,01). Une corrélation positive (R = 0,96) a été mise en évidence entre la proportion de tourteaux de coton dans les rations et la consommation de paille de riz par les moutons.
L'augmentation du taux de lipides favorisée par l'addition de tourteaux de coton dans la ration a entraîné une diminution de la consommation de matière organique, de cellulose brute, d'extractif non azoté et d'énergie brute, mais non de celle de matières azotées totales. Le type de ration avait un effet significatif sur les gains moyens quotidiens (P<0,01).
Trois moutons peuls du Sahel âgés de 2 ans ont été fistulisés et utilisés pour déterminer la dégradabilité de la matière sèche des fanes et des coques de niébé, des fanes d'arachide et des drèches artisanales sèches après des temps d'incubation de 0, 6, 12, 24, 48 et 72 heures. Le taux de dégradation des fanes d'arachide atteignait son maximum (73,62%) après 24 heures d'incubation, contre 48 heures pour celles de niébé (73,48%) et 72 heures pour les coques de niébé (54%) et les drèches artisanales (47,05%).
Nutritive value of crop residues and agro-industrial by-products fed to Fulani sheep
Abstract
The effect of rations based on rice straw supplemented with brewer's grains, cottonseed cake and bone meal on fattening performance of Fulani sheep was determined in Chad on 32 1.5 year old sheep with an average weight of 24.25 kg. The rations had a significant effect (P<0.01) on dry matter consumption The proportion of cottonseed cake in the ration was positively correlated (R=0.96) with rice straw consumption by the sheep.
Adding cottonseed cake to the ration increased lipid level and resulted in the consumption of reduced organic matter, crude fibre and nitrogen-protein. The type of ration had a significant effect on mean daily weight gains (P<0.01).
Three two-year old Fulani sheep were fistulated and used to determine dry matter fermentability of cowpea straw and pods, groundnut straw and dry brewer's grains after 0, 6, 12, 24, 48 and 72 hours incubation. The breakdown level was maximum after 24 hours incubation for groundnut straw (73.62%), 48 hours for cowpea straw (73.48%) and 72 hours for cowpea pods (54%) and brewer's grains (47.05%).
En zones tropicale et subtropicale, et plus particulièrement au Sahel, les ruminants sont entretenus toute l'année sur des pâturages naturels constitués en grande partie de graminées, et dont la valeur nutritive diminue très rapidement en saison sèche. Leurs besoins n'étant alors plus couverts, les animaux doivent quotidiennement parcourir de grandes distances à la recherche d'eau et d'aliments. Cette situation entraîne généralement des pertes considérables de production: chutes de poids et taux de mortalité et de morbidité élevés chez les jeunes et les mères gestantes ou allaitantes.
Dans les zones agropastorales du Tchad, les sous-produits agricoles tels que le tourteau de coton, les fanes et les coques des légumineuses (arachides, niébés) sont généralement utilisés seuls, à grande échelle, surtout en saison sèche. Les drèches de sorgho ne sont pas utilisées judicieusement dans l'alimentation animale.
Le but de la présente étude est d'une part de présenter des rations de complémentation composées de drèches artisanales sèches de sorgho, de tourteaux de coton, de poudre d'os et de sel destinées à l'alimentation du mouton du Sahel en saison sèche, et d'autre part d'étudier la dégradabilité de la matière sèche, des drèches artisanales sèches et de certains sous-produits de légumineuses. Les meilleures rations pourraient être vulgarisées au niveau des éleveurs sahéliens afin de permettre aux animaux d'éviter des pertes de poids et d'améliorer leur productivité en saison sèche.
2.1 Essais d'alimentation
2.1.1 Animaux
32 moutons mâles peuls du Sahel âgés de 1,5 an environ et pesant en moyenne 24,25 kg ont été utilisés dans cette expérimentation, qui s'est déroulée d'octobre à décembre 1989 (65 jours) au Laboratoire de recherches vétérinaires et zootechniques de Farcha au Tchad.
Après trois semaines d'adaptation, ces animaux, achetés sur le marché de N'Djamena, ont été déparasités au Tigal (ND) et au Vadephen (ND). Ils ont également reçu une injection intramusculaire de Terramycine longue action (ND).
Les animaux, identifiés individuellement par des boucles auriculaires, ont été répartis en 4 lots de 8 moutons chacun. Au cours des expériences, ils étaient maintenus en stabulation libre et pesés tous les 14 jours.
2.1.2 Aliments et alimentation
L'aliment de base était constitué de paille de riz distribuée à raison de 2 kg par lot et par jour. Ces quantités étaient présentées en deux fois aux animaux (à 8 heures et à 16 heures). Des rations de complémentation, composées de drèches artisanales sèches, de tourteaux de coton, de poudre d'os et de se (tableau 1) étaient distribuées à raison de 50 g/kg P0,75/j en une seule fois à 11 heures, c'est-à-dire 3 heures après la distribution de la première portion de l'aliment de base. Après chaque pesée des moutons, les quantités de concentrés à fournir étaient calculées en fonction de l'évolution pondérale des animaux.
Tableau 1. Composition des concentrés
|
Ingrédients (%) |
Lots |
|||
|
I |
II |
III |
IV |
|
|
Drèches sèches |
97,00 |
72,00 |
47,00 |
22,00 |
|
Tourteaux de coton |
0,00 |
25,00 |
50,00 |
75,00 |
|
Poudre d'os |
2,00 |
2,00 |
2,00 |
2,00 |
|
Sel (NaCl) |
1,00 |
1,00 |
1,00 |
1,00 |
|
Total |
100,00 |
100,00 |
100,00 |
100,00 |
Les refus de paille et de concentrés étaient récupérés séparément chaque jour et pesés chaque semaine, ce qui a permis de calculer les quantités d'aliments, de nutriments et d'énergie brute effectivement consommées. L'eau d'abreuvement était fournie à volonté.
2.1.3 Prises de sang et analyses
A la fin des expériences, des prises de sang ont été effectuées par ponction de la veine jugulaire sur tous les animaux. Le sang était recueilli dans des tubes secs en vue de la récolte de sérum après centrifugation. Le sérum a été conservé à-20 °C jusqu'au moment de son analyse.
Après décongélation du sérum, le calcium (Ca), le phosphore (P), le magnésium (Mg) et les protéines totales ont été dosés à l'aide du Technicon R.A. 1000, un auto-analyseur, selon les méthodes décrites par Skeggs et Hochstrasser (1964) et Audege et coll. (1983).
2.2 Digestibilité in sacco
Trois moutons peuls âgés en moyenne de 2 ans et fistulisés ont été utilisés pour l'étude de la dégradabilité de la matière sèche des drèches artisanales sèches et des fanes d'arachides et de niébé.
2 à 3 g d'aliments finement broyés (1 mm) ont été pesés dans des sachets (8 x 14 cm) en tissu Tripette de 46 nm de pores. Six sachets numérotés ont été prévus par mouton et par échantillon d'aliment. Cinq sachets contenant des échantillons d'aliments broyés, préalablement séchés à l'étuve et pesés, ont été introduits dans la panse de chaque mouton. Après 6, 12, 24, 48 et 72 heures d'incubation, ces sachets ont été retirés et lavés à l'eau du robinet jusqu'à obtention d'une couleur claire. Les résidus contenus dans les sachets ont été séchés pendant 48 heures à l'étuve à 70 °C. La différence entre les poids avant incubation et après incubation donne les quantités de matière sèche disparues lors de l'incubation.
Tableau 2. Composition chimique (en % de MS) des concentrés et de la paille de riz utilisés dans les rations
|
|
Concentrés |
Paille de riz |
|||
|
I |
II |
III |
IV |
||
|
Mat. sèche |
96,32 |
95,89 |
95,69 |
92,69 |
92,67 |
|
Mat. organique |
73,00 |
75,50 |
78,16 |
79,74 |
78,16 |
|
Mat. azotée tot. |
20,31 |
26,18 |
30,65 |
31,51 |
4,20 |
|
Cellulose brute |
6,57 |
7,22 |
7,57 |
5,51 |
31,32 |
|
Mat. grasse |
7,54 |
9,99 |
11,22 |
13,40 |
1,43 |
|
Mat. minérale |
23,32 |
20,39 |
17,53 |
15,95 |
14,51 |
|
Ca |
0,74 |
0,88 |
0,58 |
0,66 |
0,09 |
|
P |
6,74 |
0,88 |
0,91 |
1,02 |
0,30 |
2.3 Analyse statistique
Une analyse de variance avec test F de Fisher (Essl, 1987) a été effectuée pour comparer les gains moyens quotidiens (GMQ), la consommation de la paille de riz et des concentrés et les constituants sanguins (Ca, P. Mg et protéines totales).
3.1 Essais d'alimentation
3.1.1 Composition chimique des aliments
La composition chimique des aliments est donnée au tableau 2. La composition organique et minérale des quatre rations était acceptable et permettait de couvrir les besoins des ruminants tropicaux.
3.1.2 Etat de santé et taux de mortalité
Après la première semaine d'expérimentation, la plupart des animaux des lots I, III et IV ont eu des diarrhées et certains présentaient du larmoiement. Plusieurs moutons du lot IV ont présenté des dépilations au niveau de l'encolure, sur le dos et les flancs. A la fin des expériences, un taux de mortalité de 25% a été enregistré dans chacun des lots I et IV. Les causes de cette mortalité n'ont pas été déterminées.
3.13 Performance d'engraissement
Les consommations de matière sèche étaient statistiquement différentes selon le type de ration (P<0,01). Le tableau 3 fait apparaître la corrélation positive observée entre l'augmentation de la consommation de paille de riz et la proportion de tourteaux de coton dans les différentes rations (r = 0,96).
L'accroissement du taux de tourteaux de coton dans la ration a entraîné une augmentation des quantités de lipides ingérées par les moutons de chaque lot. On note une diminution de l'ingestion de cellulose brute, de l'extractif non azoté et de l'énergie brute dans les lots III et IV par rapport au lot u. La quantité de matières azotées totales la plus importante est consommée par les animaux du lot m suivi de ceux du lot II (tableau 4).
Les GMQ du lot I étaient statistiquement différents (P<0,01) de ceux des autres lots. Des chutes du poids vif ont été observées au cours des quatre premières semaines dans les lots I et IV, dont les rations contenaient une forte proportion de drèches et de tourteaux de coton respectivement. Après la 4e semaine, les animaux de ces lots ont progressivement repris du poids, pour atteindre l'état d'équilibre vers le 30e jour pour les animaux du lot IV et le 42e jour pour ceux du lot I. Après cette période, aucune différence de poids n'a été notée entre les lots n. m et IV.
3.1.4 Constituants sanguins
A la fin de l'expérimentation, les concentrations des constituants sanguins (Ca, P. Mg et protéines totales) des moutons de chaque lot étaient significativement différentes (P<0,01) d'un lot à l'autre (tableau 5).
Tableau 3. Consommation de rations complémentées avec des drèches artisanales et des tourteaux de coton, et croissance pondérale
|
|
Lots |
|||
|
I |
II |
III |
IV |
|
|
Poids moyen (kg) |
25,00 |
23,50 |
24,54 |
23,94 |
|
|
( ± 3,56) |
( ± 3,96) |
( ± 2,85) |
( ± 1,21) |
|
Consommation partielle |
||||
|
Paille de riz (g de MS/tête/j) |
146,46 |
177,00 |
181,35 |
204,42 |
|
Concentrés (g de MS/tête/j) |
508,00 |
607,42 |
552,00 |
486,00 |
|
(g de MS/100 kg de PV) |
2 031,48 |
2 584,76 |
2 245,71 |
2029,42 |
|
(g de MS/kg de P0, 75) |
45,42 |
56,91 |
49,99 |
44,88 |
|
Consommation totale |
||||
|
Paille de riz (g de MS/tête/j) |
654,00 |
784,00 |
733,00 |
690,00 |
|
(g de MS/kg de P0,75) |
58,5 |
73,5 |
66,5 |
63,8 |
|
Croissance pondérale |
||||
|
Gain total (kg) |
1,00 |
3,83 |
4,07 |
4,33 |
|
GMQ (g) |
15,38 |
61,53 |
62,63 |
61,54 |
Tableau 4. Consommation de nutriments (g/tête/jour) et d'énergie brute par type de concentré
|
|
Lots |
|||
|
I |
II |
III |
IV |
|
|
Mat. Azotées totales |
103,15 |
159,02 |
169,12 |
153,02 |
|
Cellulose brute |
33,36 |
43,85 |
41,77 |
26,76 |
|
Mat. Grasses |
38,29 |
60,68 |
61,91 |
65,07 |
|
Extractif non azoté |
195,94 |
195,05 |
158,46 |
142,40 |
|
Energie (en UFV)a |
1,06 |
1,38 |
1,33 |
1,22 |
aUFV = unité fourragère viande.
Tableau 5. Constituants sanguins des moutons du Sahel en fin d'essai d'alimentation
|
|
Lots |
|||
|
I (n=7) |
II (n=7) |
III (n=8) |
IV (n=4) |
|
|
Ca (mg/l) |
64,57 |
61,43 |
64,75 |
80,00 |
|
|
( ± 6,21) |
( ± 7,94) |
( ± 10,38) |
( ± 12,31) |
|
P (mg/l) |
63,33 |
60,71 |
75,50 |
77,00 |
|
|
( ± 12,83) |
( ± 23,31) |
( ± 30,06) |
( ± 18,45) |
|
Mg (mg/l) |
12,14 |
13,00 |
21,25 |
21,00 |
|
|
( ± 2,75) |
( ± 2,87) |
( ± 5,09) |
( ± : 4,52) |
|
Protéines totales (g/l) |
||||
|
|
56,00 |
48,71 |
52,25 |
65,00 |
|
|
( ± 9,64) |
( ± 11,94) |
( ± 9,94) |
( ± 11,49) |
n = nombre de prélèvements.
3.1.5 Digestibilité in sacco
Avant l'incubation (O heure), la digestibilité de la matière sèche des fanes de niébé et d'arachide était nettement supérieure à celle des coques de niébé et des drèches. Les coefficients de dégradabilité des fanes étaient les plus élevés, quelle que soit la durée d'incubation (figure 1).
Après 24 heures d'incubation, la dégradabilité moyenne de la matière sèche des fanes d'arachide et de niébé était respectivement de 73,62% et de 58,97%, contre 35,75% pour les coques de niébé et 39,86% pour les drèches. Les fanes de niébé n'atteignaient leur dégradation maximale (73,48%) qu'après 48 heures, durée d'incubation après laquelle la dégradation des coques de niébé n'était que de 52%, avant d'atteindre 54% au bout de 72 heures. Enfin, la dégradabilité de la matière sèche des drèches artisanales n'était que de 47,05% après 72 heures d'incubation.
4.1 Essais d'alimentation
Les performances d'engraissement des moutons de cette expérience étaient faibles OU moyennes, avec des GMQ allant de 15,32 à 62,63 g/j. Ces résultats pourraient s'expliquer par le fait que les animaux utilisés étaient relativement âgés (18 mois environ). Des GMQ semblables ont cependant été enregistrés par Calvet et Denis (1974) sur des moutons peul-peul sénégalais âgés de 8 à 10 mois.
Figure 1. Dégradabilité de la matière sèche des différents aliments
Des valeurs plus faibles (18,50 g et 20,60 g.) ont été obtenues par Fall (1989) sur des moutons peuls du Sénégal âgés de 1 an en moyenne, avec des rations composées de paille de riz, de tourteaux d'arachide et de poudre d'os.
En revanche, Bourzat et coll. (1987) rapportent des valeurs de 86 g/j à 117 g/j chez des moutons peuls âgés de 4 à 5 mois, respectivement non traités et traités aux anthelminthiques dans le nord du Burkina Faso, avec des rations composées de foin de Stylosanthes et de concentrés composés de 45% de son de blé, 35% de brisures de riz, 15% de tourteaux de coton et 3% de complexe minéral vitaminé. Avec des rations de complémentation en saison sèche, ces mêmes auteurs ont obtenu un gain moyen quotidien de 126 g/j sur des moutons pouls figés de 8 mois. Ces résultats démontrent les bonnes aptitudes bouchères des moutons pouls du Sahel, déjà mentionnées par Charray et coll. (1980).
Les GMQ de 61,53 g à 62,63 g obtenus avec les rations II, III et IV peuvent être considérés comme satisfaisants, vu l'âge des animaux et la courte durée de la période d'observation (65 jours), l'embouche ovine requérant une période d'observation d'au moins 90 jours, temps utilisé par la plupart des auteurs cités ci-dessus.
La diminution des quantités de cellulose brute, d'extractif non azoté et d'énergie brute ingérées pourrait s'expliquer par l'augmentation de la teneur en lipides des concentrés.
Les taux de calcium et de phosphore sont identiques à ceux rapportés pour les brebis poules du Sahel par Brahim et Gongnet (1987) au Tchad et Assane et coll. (1989) au Sénégal. Les valeurs de calcémie obtenues par Assane et coll. (1989) de 103,71 mg/l à 111,86 mg/l chez la brebis et de 61,43 mg/l à 80,00 mg/l chez les moutons mâles non castrés sont nettement supérieures à celles observées ici.
La calcémie de la brebis poule du Sénégal ne semble subir aucun effet significatif de la gestation (Sawadogo et coll., 1988), mais il est probable qu'elle soit positivement influencée par l'alimentation. Lorsque la ration est composée soit uniquement de drèches artisanales sèches (lot I), soit de 25% de tourteaux de coton (lot II), la phosphorémie de la brebis poule (45,95 mg/l à 66,64 mg/l) (Assane et colt, 1989) est identique à celle des moutons mâles de la présente étude.
La concentration en protéines totales augmente considérablement lorsque le taux du tourteau de coton des rations est de 75% (lot IV). Les valeurs des protéines totales observées ici sont semblables à celles obtenues par Brahim (1987) chez les brebis peules du Sahel au Tchad.
4.2 Etude de digestibilité in sacco
Selon Preston (1986), la dégradabilité de la matière sèche d'un aliment de bonne valeur nutritive doit être égale ou supérieure à 50% après 24 heures d'incubation dans le rumen. Ce ne fut pas le cas pour les coques de niébé et les drèches artisanales utilisées dans cette étude. Par ailleurs les taux de dégradabilité des fanes d'arachide étaient supérieurs aux chiffres de 55,10% et 66,00% rapportés par Parigi-Bini et coll. (1991) pour des fanes d'arachide du Sénégal après 12 et 24 heures d'incubation. Avec les aliments provenant du Tchad, les taux de dégradabilité de la matière sèche étaient ici de 62,99% et de 73,62% respectivement pour les mêmes durées d'incubation.
L'amélioration de l'alimentation de saison sèche des petits ruminants au Sahel passe par l'utilisation rationnelle des résidus de récolte et des sous-produits agro-industriels locaux. Ainsi, en formulant des rations composées de tourteaux de coton, de drèches artisanales sèches et de poudre d'os, on s'est aperçu que les chiffres les plus élevés de matière sèche consommée et de gain moyen quotidien étaient respectivement associés à des taux de tourteaux de coton de 25% et de 50% dans les rations.
Les meilleurs taux de dégradabilité de la matière sèche étaient obtenus avec les fanes d'arachide et de niébé, lesquelles pourraient être utilisées pour la complémentation des pâturages naturels pauvres et/ou des rations à base de paille de graminée utilisées pour l'alimentation des ruminants en saison sèche au Sahel.
Remerciements
Les auteurs tiennent à remercier très sincèrement la Fondation internationale pour la science (FIS) qui a bien voulu financer ce projet.
Audege C.I., Dupont G. et Zonszain F. 1983. Principes des méthodes d'analyses biochimiques. Tome 1. Doin France. 122 p.
Assane M., Sere A., Djimrao S., Sow R. I. Ba A.C. et Gaye O. 1989. Variations physiologiques de la calcémie et de la phosphorémie chez la brebis Peulh du Sahel en gestation. Sciences vétérinaires-Médecine comparée 91:263-271.
Brahim B.O. 1987. Etude de la protéinémie des caprins et ovins du Tchad en fonction de l'espèce, de la race et de l'état de santé. In: Rapport Annuel 1986-1987, Laboratoire de recherches vétérinaires et zootechniques de Farcha, N'Djamena (Tchad). p. 183 à 184.
Brahim B.O. et Gongnet G.P. 1987. Hématologie et biochimie des petits ruminants du Laboratoire de Farcha et de la Faculté des sciences exactes et appliquées de l'Université du Tchad. In: Rapport Annuel 198~1987, LRVZ (Laboratoire de recherches vétérinaires et zootechniques de Farcha), N'Djamena (Tchad). p. 187 à190.
Bourzat D., Boukoungou E., Richard D. et Sanfo R. 1987. Essais d'intensif cation de la production animale en zone sahélo-soudanienne: alimentation intensive de jeunes ovins dans le Nord du Burkina. Revue d'élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux 40(2): 151-156.
Calvet H. et Denis J.P. 1974. Embouche intensive du mouton Peulh-Peulh sénégalais. LNERV (Laboratoire national de l'élevage et de recherches vétérinaires), Dakar-Hann (Sénégal). 54 p.
Charray J., Coulomb J., Haumesser J.B., Planchenault D. et Pugliese P.L. 1980. Les petits ruminants d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest: Synthèse des connaissances actuelles. IEMVT (Institut d'élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux), Maisons-Alfort (France); Ministère de la coopération, Paris (France). 295 p.
Essl A. 1987. Statistiche Methoden in der Tierproduktion. Oeter. Agrarverlag, Vienne (Autriche). 316 p.
Fall S.T. 1989. Utilisation d'Acacia albida et de Calotropis procura pour améliorer les rations des petits ruminants au Sénégal. In: African Small Ruminant Research and Development. Publie sous la direction de R.T. Wilson et Azeb Melaku. Actes de la conférence tenue à Bamenda (Cameroun), 18-25 janvier 1989. CIPEA (Centre international pour l'élevage en Afrique), Addis-Abeba (Ethiopie). p. 155 à 166.
Parigi-Bini R., Xiccato G., Garazzolo A., Guzzinati R. et Cinetto M. 1991. Composizione e degradabilità ruminais de alimenté zootecnici de provenienza tropicale (Sénégal). Actes du IXe Congrès national de l'ASPA (Associazione scientifica di produzione animale) tenu à Rome (Italie), 3-7 juin 1991. p.35 à 46.
Preston T.R. 1986. Better utilisation of crop residues and by-products in animal feeding: research guidelines. 2. A practical manual for research workers. FAO Animal Production and Health Paper: No 50/2. FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), Rome (Italie). 154 p.
Sawadogo J., Abiola F., Abassa P.K. et Sow R. 1988. Principaux constituants minéraux sériques chez les moutons Peulh du Sénégal. Communication présentée aux XIIe Journées médicales et pharmaceutiques, 16-23 janvier 1988. Dakar (Sénégal). 7 p.
Skeggs L.T. et Hochstrasser H. 1964. Multiple automatic sequential analysis. Clinical Chemistry 10:918-936.