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L'évolution du milieu


Les causes de l'évolution
Types d'évolution
Mesure des changements à long terme
Mesure des changements à court terme
Vegetation trends
Summary of discussion session 3.
Résumé des débats de la troisième séance

J.C. Bille

Ecologiste, programme des zones arides (Afrique de l'Est et Afrique australe), CIPEA, Ethiopie

Les causes de l'évolution

La description de l'évolution du milieu suppose une conception suffisamment claire des lois biologiques qui s'appliquent aux systèmes pâturés et des liaisons internes dans ces systèmes. On peut, en première approximation, représenter un tel système par le diagramme ci-après:

Fig. 1: Représentation d'un éco-système pâturé

On y remarque des compartiments pour la plupart reliés entre eux, et ces liaisons symbolisent l'existence de flux susceptibles d'aller d'un compartiment à un autre, généralement dans les deux sens, Ce schéma a pour but d'attirer l'attention sur le problème le plus habituellement rencontré lors des mesures de dynamique des pâturages: on demande à un écologiste de décrire les modifications perçues dans le sol et les plantes sans proposer aucune indication sur trois éléments indissolublement liés aux précédents:

- les animaux, leur types leur nombre, l'époque à laquelle s'exerce leur action., etc...

- la gestion du territoire, représentée sur le diagramme par des points d'interrogation aussi multiples que les données qui la composent;

- ce qui entre et ce qui sort du système, dans le meilleur des cas exprimé sous forme d'unités monétaires.

Il est important de bien se rendre compte que la simple notification des changements dans la végétation n'apporte aucune information si elle n'est pas accompagnée de mesures sur les divers flux à l'intérieur du système et à travers le système. En outre, l'intérêt réside habituellement dans les changements liés à l'exploitation et non dans ceux qui sont induits par des causes naturelles (telles que le climat): c'est alors une méthode indirecte d'appréciation de la gestion. Le premier point consiste donc à dissocier les types d'évolution.

Types d'évolution

Il n'y a de changements climatiques tangibles et rapides que ceux qui correspondent aux variations interannuelles des précipitations habituelles aux zones tropicales. Cette variabilité est d'autant plus élevée que le climat est plus aride, et se traduit presque immédiatement sur la croissance végétale à des degrés divers. La sécheresse modérée d'une seule année réduit la production primaire; une sécheresse intense détruit une partie. des plantes pérennes, ou certaines espèces seulement, ou empêche les germinations. Il y a presque toujours un arrière-effet climatique sur l'année suivante, soit par l'intermédiaire de la production de diaspores, soit en raison des traumatismes subis par les végétaux pérennes. Nous considérons cependant que ce type de changement est à court terme, brutal, marqué et assez éphémère.

Si par contre on modifie à la fois la plupart des éléments et des flux à l'intérieur du système, de nombreux phénomènes vont se produire: on pourra avoir une réduction permanente de l'ensemble des végétaux, ou simplement de certaines espèces, ou encore un transfert de productivité des plantes herbacées vers les plantes ligneuses. Tous les équilibres du système étant perturbés, il y aura aussi des conséquences sur les sols (perte de fertilité, érosion, reprise de pédogenèse) qui se feront sentir pendant 10 ans, 50 ans ou un siècle.

La cause la plus usuelle de ce second type de changements est une sur-exploitation du système (c'est-à-dire que ce qui en sort n'est pas compensé par ce qui y entre), en particulier par l'intermédiaire des animaux domestiques. Ce sont des évolutions à long terme, appelées à tort tendances évolutives car ces tendances ne sont percues que lorsque l'évolution a déjà eu lieu et qu'il est trop tard pour intervenir.

Mesure des changements à long terme

Nous imaginerons à partir de maintenant que pour une raison quelconque, on ne dispose pas d'une étude scientifique complète du système de production à l'étude et qu'on ne veut pas réaliser cette étude, soit qu'on ne dispose pas de l'expertise nécessaire, soit qu'on ait une prévention innée contre ce type de travail. On souhaite cependant mesurer ou évaluer ce qui se passe dans la végétation. Les possibilités seront illustrées à partir d'exemples choisis au Kenya, où le CIPEA s'est efforcé de réaliser un exercice de ce type.

Contraintes particulières à la mesure simple des changements dans la végétation

Les paramètres les plus souvent utilisés pour la description des formations végétales sont la diversité, la structure, la périodicité des phytocénoses d'une part, et l'abondance, la fréquence, la constance, la dominance, la fidélité, la vigueur et le couvert de chaque espèce d'autre part. Certains de ces paramètres sont qualitatifs et mal adaptés à la mesure de nuances subtiles; la mesure des autres demande une somme de travail qu'on ne peut guère conseiller pour une intervention bon marché.

Ainsi, la détermination du couvert par espèce qu'on pourrait aisément relier à la productivité est réalisable par représentation graphique de la végétation, par énumération des plantes associée à des mesures sur leurs dimensions, par des méthodes de type P.C.Q. et par des systèmes ponctuels à base de, tiges fixées sur des cadres, sur des roues et autres dispositifs. Considérant que. la mesure d'un changement se fait à partir d'une comparaison de mesures, et par suite, suppose des mesures répétitives, aucune des techniques citées n'est à la fois assez rapide et assez précise pour répondre. aux besoins.

Un autre type de contrainte est lié à la représentativité des observations effectuées, et par suite à l'échantillonnage: les procédés classiques de description de la végétation supposent toujours qu'on travaille sur une unité homogène et non pas, comme c'est nécessaire dans une étude de système de production, sur une unité de gestion pastorale où l'hétérogénéité est une, vertu capitale. Même si l'on ne se sent pas concerné par les querelles académiques des spécialistes, il faut admettre, que la méthodologie appropriée n'est , as décrite dans les manuels d'écologie qui d'ailleurs évitent pour la plupart de traiter du sujet.

Dispositif de terrain utilisé au Kenya

Le dispositif qui a été mis au point au Kenya considère un territoire relativement vaste et soumis à un type, d'exploitation donné comme site échantillonné. Les points-échantillons constituent un réseau permanent et sont disposés de façon systématique (par exemple, un point tous les 2, 3 ou 5 km) le long d'un itinéraire fixe qui sera parcouru lors de chaque évaluation.

L'un des points joue un rôle privilégié, en ce sens qu'il est repéré au sol par un moyen quelconque (peinture, barres métalliques, petites excavations, masses de métal enfouies,...) et qu'on y effectue des mesures précises sur la végétation. Les autres points seront décrits en fonction de ce lieu, et seulement sous forme d'estimations comparatives. Les deux types de points de contrôle ont été appelés respectivement Transect principal et Points secondaires, et l'ensemble du dispositif est tel que présenté par le diagramme suivant:

Fig 2: Plan de surveillance des terrains de parcours

Réalisation pratique des observations

En dépit des indications portées sur le diagramme, les mesures ne présentent qu'une indication voisine du couvert, et ne prétendent pas se substituer aux procédés plus scientifiques habituels. Elles consistent en effet à poser un anneau de petite taille (de l'ordre de 2,5 cm) tous les 50 cm le long de deux lignes de 50 mètres et à noter la présence de végétaux dans la surface, en restreignant le choix à quatre possibilités: rien, un peu d'herbe avec une espèce? beaucoup d'herbe avec 1 ou 2 espèces. Si le tapis est trop clairsemé, on se contente de noter l'interception des plantes le long des mêmes axes.

Par ailleurs, deux bandes de 100 x 1 m incluant les mêmes lignes servent à localiser les arbres qui s'y trouvent, en notant leur position, leur diamètre et l'extension de leur couronne. Aux points secondaires, on note si les arbres sont plus ou moins nombreux qu'au point de mesure, si le couvert herbacé est plus dense ou plus faible; on établit la liste des trois espèces qui paraissent dominantes dans chaque strate, et on note la pression de pâture.

Des tests sévères ont montré au Kenya que différents observateurs donnent des informations comparables, que le contrôle du réseau ne demande habituellement pas plus que le temps de parcourir la distance, augmenté d'environ 4 heures, et que l'observateur le moins spécialisé fournit des données acceptables. On peut remarquer que ces résultats donnent des indications sur :

- la répartition des espèces végétales sur la surface, et les changements dans cette répartition (espèces envahissantes, ou qui disparaissent sous l'action du bétail ou pour une autre raison, déboisement sélectif et autres modifications qualitatives);

- le potentiel productif de la zone et sur ses variations, en liaison avec l'utilisation des savanes, et des renseignements immédiats sur la dénudation ou l'érosion.

Périodicité et résultats

Les résultats sont liés à la périodicité des mesures. Un contrôle annuel ne révèle le plus souvent que l'influence du climat de l'année (connu par ailleurs, dut-on dans ce but inclure un pluviomètre dans le réseau, c'est-à-dire si aucune station météorologique n'existe à moins de 50 km) Un changement à long terme lié à l'exploitation n'apparaît généralement qu'après 3 ou 5 ans. Les résultats qui suivent donneront une idée du type d'informations recueillies au Kenya:

Tableau 1. Exemple des résultats de strates herbacées obtenus au Kenya

Espèce

Strate herbacée, transects % du couvert

Oct. 1977

Mars 1978

Mars 1980

Digitaria milanjiana

3,9 +/- 0,9

5,5

7

Pennisetum stramineam

4,3 +/- 3,3

1,3

1,5

Themeda triandra

0,5 +/- 0,7

0,5

4,5

Sporobolus fimbriatus

1,4 +/- 0,5

2

0,5

Cynodon plectostachyum

0,5 +/- 0,7

2

1,7

Microchloa indica

2,1 +/- 0,8

0,5

-

Chloris spp.


-

4

2,7

Pennisetum mezianum

0,7 +/- 0,8

0,8

T

non graminéen

5,5 +/- 0,6

3,7

0,3


Total


20,2

22

19,4


litière


9,1

15

13,7

Strate herbacée, points secondaires

Espèce

Couvert relatif 1979 (%)

Transect

Ranch

Digitaria milanjiana

36,1

21,5

Chloris spp.

13,9

10,7

Pennisetum spp.

7,7

20

Sporobolus spp.

2,6

13,3

Eragrostis spp.

6,2

8

Cynodon

8,8

6,7

Autres graminées

1,5

11,8

Mesure des changements à court terme

Sauf cas très exceptionnel, les changements dans le milieu au cours d'une même année sont les variations dans la biomasse végétale. Il est bien entendu qu'on ne peut en aucun cas assimiler la biomasse à une époque quelconque avec la production primaire nette d'une année ou d'une période donnée, même si on dispose d'un territoire en défens et qu'on suppose résolus les problèmes de mesure des masses (énorme variabilité dans l'espace, échantillonnage difficile, longueur et coût des opérations de terrain). Le graphique suivant illustre cette affirmation:

Fig. 3: comparaison de la productivité de la biomasse observée sur une période d'un on

Les trois courbes, obtenues au Kenya, diffèrent non seulement par leur forme mais même par l'époque des maxima et minima s'ils existent. Le matériel végétal ingéré par le bétail ne peut pas non plus être calculé à partir des courbes dont les variations incluent les pertes par piétinement, l'action des décomposeurs et celle d'éventuels autres consommateurs primaires. Les mesures de biomasses végétales ne peuvent donc en aucun cas être utilisées pour un autre but que l'estimation de la quantité de matériel alimentaire offert aux animaux.

Mesures sur le terrain

La technique des coupes réalisées sur de petits plots est bien connue, mais est souvent pratiquée avec de nombreuses variantes:

- échantillons répartis au hasard à l'intérieur d'une formation végétale déterminée: outre que le travail demande l'existence d'une carte de végétation à grande échelle et une certaine aptitude de l'opérateur à décider s'il se trouve bien dans la formation voulue (des détails de terrain peuvent ne pas avoir été cartographiés), le procédé est très long et peu réaliste;

- échantillonnage volontairement biaisé: on ne garde que les plots qui semblent représentatifs, mais il est alors interdit de proposer un écart-type et un intervalle de confiance pour le résultat;

- mélange de mesures vraies et d'estimations: on effectue les estimations sur des plots répartis au hasard, et on vérifie l'estimation par une mesure, par exemple une fois sur 10 de façon à introduire un facteur correctif pour l'ensemble des résultats. Le procédé réduit très sensiblement la quantité de travail et a été utilisé au Kenya sur une surface où une action multidisciplinaire intensive était en cours, justifiant de tels efforts.

Le tableau reproduit ici donne une idée des résultats obtenus. Pour toutes les valeurs, les mesures ont été arrêtées dés que l'intervalle de confiance de la moyenne était inférieur à 20% de cette moyenne qu'il faut donc lire: m +/-0,1 M.

Tableau 2. Exemple d'une biomasse herbacée mesurée pendant toute une année pour quatre unités écologiques

Mois

Biomasse herbacée (kg MS/ha)

1

2

3

4

Oct. 80

355

180

660

4

Mars 81

275

80

495


Juin 81

560

440

1060


Oct. 81

465

360

910


Oct.80

305

230

435

370

Mars 81

270

205

370

300

Juin 81

600

735

820

510

Oct. 81

455

370

430

310

Un autre type de mesures de terrain est la détermination des taux de croissance de l'herbe, qui évite certains des reproches adressés à l'utilisation des biomasses. Il faut disposer d'une centaine de petites cages destinées à protéger les plots-échantillons au cours de périodes assez courtes (de l'ordre de 2 semaines) pour que la croissance végétale s'y effectue au même rythme qu'aux endroits non protégés. On considère que la production à l'intérieur des cages est assez proche de la productivité nette à l'extérieur pour lui être assimilée.

Mesures indirectes

De très nombreuses méthodes existent, et on peut citer pour mémoire les mesures par densitométrie sur photographies aériennes en noir ou couleur, panchromatique ou infra-rouge; les procédés radiométriques divers: on enregistre au sol, ou en vol à basse altitude, ou à partir d'un satellite, la réponse du milieu dans certaines fréquences d'émission micrométriques; et plus récemment l'analyse des composantes de réflexion du milieu qui demande l'usage d'un ordinateur et dont les deux tendances sont actuellement:

- l'analyse par vecteurs construits dans un espace multidimensionnel à partir des composantes de rayonnement;

- l'analyse multi-temporelle qui compare deux images successives d'une même scène prises à des époques telles que l'inclinaison du soleil soit différente.

Aucun procédé de mesure indirecte des masses végétales n'a encore donné pleinement satisfaction, car le travail présuppose souvent un terrain plat, une végétation homogène sur de vastes espaces (faible définition des documents-satellites) et un accès aisé aux bandes d'enregistrement des mesures, ce qui n'est jamais possible pour les pays d'Afrique tropicale.

En outre, les mesures indirectes ne dispensent pas du travail de terrain nécessaire pour calibrer les données de télédétection, de sorte que les causes d'erreur s'ajoutent et que le résultat final est peu fiable. Les observations aériennes à basse altitude qui classent les couverts végétaux et la proportion de matériel vert en un petit nombre de catégories, fournissent finalement des informations plus précises et à moindre coût que les procédés les plus sophistiqués.

Utilisation des connaissances et choix du type d'investigation

Le texte qui précède montre en particulier que, si toutes les mesures de changements sont des actions répétitives, les mesures de changements à court terme sont infiniment plus coûteuses et plus contraignantes que celles des évolutions à long terme. Si l'on compare la réalisation d'une étude scientifique complète de base qui fournira dès le départ tous les éléments de connaissances nécessaires pour juger simplement des tendances du milieu (description des séries de végétation), et la seule mesure de la dynamique telle qu'elle vient d'être traitée, on voit aussi que la différence réside surtout dans un étalement dans le temps des efforts et des dépenses pour la seconde approche.

En fait, le choix d'une méthode dépend surtout des possibilités d'investigation et de l'intensité des actions de développement prévues.

En cas d'intensification poussée de la production animale, les études les plus complètes sont encore bon marché mais il serait inutile d'effectuer un suivi des quantités d'aliments disponibles, par exemple, si l'on n'a ensuite aucune possibilité d'intervention sur la gestion du territoire et si l'on ne dispose pas sur le terrain à la fois d'agents techniques compétents, d'une législation qui permette d'agir et de l'infrastructure nécessaire à la mise en place d'une intervention complexe.

En outre, la seule mesure des changements dans le milieu est une activité sectorielle à la suite de laquelle on aura acquis très peu d'informations sur les possibilités de cultures ou de reconversion du système de production. Par contre, le suivi de la dynamique végétale devrait accompagner toute intervention humaine sur les systèmes de production animale, au même titre que le suivi de la production secondaire ou des résultats socio-économiques. Ii devrait également être une composante automatique de toute expérimentation pastorale, même lorsque le but de l'expérience est aussi spécifique que l'amélioration génétique d'une race animale ou l'accroissement de la production laitière.

Vegetation trends

English Summary:

To describe vegetation trends presupposes an adequate and clear knowledge of the biological laws applicable to grazed ecosystems and the links within these systems. Merely noting down changes in the vegetation provides no information at all if it is not accompanied by measurements of the various flows within and through the system. The starting point is to distinguish between the various types of vegetation trend.

If the majority of components and flows within the system undergo change, several trends may occur; there can be a permanent reduction in the overall vegetation, or merely in some species, or a transfer of productivity from grass towards ligneous species. Because the overall balance of the system has been disturbed the soil will also be affected; fertility is lost, erosion sets in, or soil development begins again, for a period of 10, 50 or 100 years. The most usual cause of this type of trend is over-utilisation of the system, particularly by domestic animals. Such trends are long-term, wrongly called evolutionary trends simply because they are noticed only after the evolution has taken place, by which time it is too late to take any action.

The classical procedures for describing vegetation assume that work is being carried out on a homogeneous unit and not as is inevitable in the case of production systems studies, on a pastoral management unit the heterogeneity of which is its chief virtue. According to the approach adopted in Kenya any relatively large area subject to a given utilization is considered as the sampling site. The sampling points constitute a permanent network and are arranged in a pattern along a fixed route to be covered during each evaluation. The method uses main transect points and secondary points.

Measurements with this technique offer only an approximation of the vegetation cover. However the results give indications on the distribution of plant species over the area and changes in this distribution and the productive potential of the zone and its variations, in relation to utilisation of grazing land as well as immediate information on degradation or erosion. Results obtained in Kenya are described.

Short term measurements of change are then described. Changes taking place during the same year are variations in plant-biomass. However the measurement of plant biomass cannot be used for any purpose other than for evaluating the quantity of feed on offer. The techniques of hand sampling from small plots are well known, Variations include sampling plots distributed at random within a specific plant formation, deliberately biased sampling and a mixture of actual measurements and estimates. Another type of field measurement is determination of the grass growth rate.

Indirect measurements include densitometer measurements made from black-and-white, panchromatic or, infra-red, aerial, photographs by which the response of vegetation in certain short-band wavelengths is measured on the ground, by low level survey or by satellite. A new method is that of computer analysis of the reflectivity of vegetation. No indirect method of measurement has so far proved satisfactory. Indirect measurements do not preclude the field work necessary for calibrating remote sensing data, and as a result the sources of error accumulate and the final result is unreliable. Low level aerial survey, classifying vegetation and the proportion of green matter into a few broad categories, provides more accurate and cheaper data than the more sophisticated methods.

Measurements of change in the short term are far more costly and cumbersome than those over the long term. The choice of method depends primarily on what is feasible and the intensity of the development effort planned. Measurement of change, in the vegetation by itself is a disciplinary activity. It provides very little information on the possibilities of growing crops or on ways of transforming the production system. On the other hand, the monitoring of vegetation dynamics should accompany any human intervention in an animal production system, just as the monitoring of secondary production or of the socio-economic results should do. It should also be automatically a component of every pastoral research project, even when the purpose of research is as specific as the genetic improvement of an animal breed or an increase in milk production.

Summary of discussion session 3.

Chairman: Dr Cees de Haan (ILCA)
Discussion led by Dr Ibrahim Guèye (SODESP, Sénégal)

Dr Diakite pointed out that there was often a problem of transferring research information to extension workers and herdsman because of the difficult language often used to describe research. Dr Nestel warned that one shouldn't fault ecologists and forage scientists for conducting elegant research in their own field of specialisation - that was their role in a systems research team. One had to determine at what stage one brought in social scientists to question the likely benefit, if any, to be gained from pursuing a particular line of research.

Dr Akilu stressed that rangeland management had social, socioeconomic and political implications. Researchers and extension workers couldn't solve these problems on their own. There was a need to involve the politicians to decide on policies conforming to the aspirations of herdsman.

Dr Thomson asked if one always needed to do experiments on a research station - could one not go directly to the producer and do on-farm trials. Often there was a wealth of information on technologies which aimed to solve some of the obstacles facing producers, which were identified during the diagnostic phase. Did one need to repeat this work? Dr de Haan said this depended on the situation - sometimes one could leave out the experimental phase and go directly to the producer, but sometimes one could not.

Dr Ngutter pointed out that work by vegetation/forage ecologists was often not useful to the development planner unless such information could help in determining the technical trade-offs possible between, say, smallstock and large stock on a given range with a given botanic composition, without affecting the botanic composition in an undesirable way.

Dr Zulberti asked Dr Hiernaux if the bi-weekly or four-weekly grazing systems mentioned in his paper could be applied or recommended in areas where the annual variation in rain was 50% to 200% of the mean and when pastoralists moved from area to area according to the availability of pasture. Could not research on rotation be more oriented to these conditions? Dr Hiernaux said that the proposals for rotational grazing concerned the pastures of the entire Niger delta, the productivity of which was high. The proposals were based on results obtained on experimental sites. Trials were currently underway in the field to test the relevance of these techniques to the existing pastoral system.

Dr Barry pointed out that an understanding of the natural resources entering into animal feed was important for maintaining the ecological equilibrium, often highly fragile, in the Sahel countries. Pastoral people and their herds were in a delicate situation due to variability in rainfall, expansion of cash cropping and traditional husbandry methods. Inventories of natural resources needed to be applied to the real situation of pastoral people - thus one should consider socio-economic factors. The problem was how to get these people to adopt their knowledge of rangeland management in the light of long periods of drought and considerable variation in rainfall.

Résumé des débats de la troisième séance

Président: Cees de Haan (CIPEA)
Débats dirigés par le Dr Ibrahim Guèye (SODESP, Sénegal)

Le Dr Diakité a souligné qui il se posait souvent des problèmes de transfert des données de recherche aux vulgarisateurs et aux éleveurs à cause de la difficulté du langage souvent utilisé pour décrire la recherche. M. Nestel a déclaré qu'il ne fallait pas blâmer les écologistes et les agrostologues à cause des travaux complexes qu'ils effectuaient dans leur domaine de spécialisation, ce qui correspondait à leur rôle au sein d'une équipe de recherche sur les systèmes. Il fallait déterminer le niveau auquel il fallait faire intervenir les spécialistes des sciences sociales pour se pencher sur les avantages éventuels, si tant est qu'il y en ait, à tirer de la mise en oeuvre d'une voie de recherche particulière.

Le Dr Akilu a souligné que la gestion des parcours comportait des effets socio-économiques et politiques. Les chercheurs et les vulgarisateurs ne pouvaient pas tout seuls résoudre ces problèmes. Il fallait l'intervention des politiciens pour prendre des décisions conformes aux aspirations des éleveurs.

M. Thomson a demandé si l'on avait toujours besoin de mener les expériences sur une station de recherche; ne pouvait-on pas aller directement aux producteurs et effectuer des essais au niveau des exploitations agricoles? Il y avait souvent des informations abondantes sur les techniques qui visent à résoudre certains des problèmes auxquels les producteurs ont à faire face. Celles-ci avaient été rassemblées au cours de la phase de diagnostic. Etait-il nécessaire de refaire ces travaux? M. de Haan a déclaré que cela dépendait de la situation. Quelquefois, on pouvait sauter la phase expérimentale et aller directement aux producteurs, mais d'autres fois, cela n'était pas possible.

Le Dr Ngutter a souligné que les travaux entrepris par les écologistes sur la végétation et sur les fourrages n'étaient très souvent pas utiles pour le planificateur du développement à moins que de telles informations puissent aider celui-ci à déterminer les avantages techniques éventuels qu'il y a par exemple à élever du petit bétail au lieu de grands animaux ou vice-versa sur un parcours déterminé, avec une composition botanique donnée, sans affecter de manière négative la composition botanique.

Le Dr Zulberti a demandé à M. Hiernaux si les systèmes de pâture bi-hebdomadaire ou quadri-hebdomadaire mentionnés dans son étude pouvaient être appliqués ou recommandés dans des zones où la variation annuelle de la pluviométrie était de 50 à 200% de la moyenne et lorsque les éleveurs se déplaçaient d'une zone à l'autre en fonction de la disponibilité des pâturages. La recherche sur les pâturages tournants ne pouvait-elle pas être mieux orientée vers l'étude de telles situations? M. Hiernaux a déclaré que les propositions de pâturages tournants concernaient les pâturages de l'ensemble du delta du Niger dont la productivité était élevée. Ces propositions étaient basées sur les résultats obtenus sur les sites expérimentaux. Des essais étaient en cours sur le terrain pour tester l'applicabilité de ces techniques au système pastoral existant.

Le Dr Barry a souligné que la connaissance des ressources naturelles entrant dans l'affouragement de l'animal était importante pour le maintien de l'équilibre écologique souvent très fragile dans les pays du Sahel. Les peuples pastoraux et leurs troupeaux étaient dans une situation précaire en raison de la variabilité de la pluviométrie, de l'expansion des cultures commerciales et des méthodes d'élevage traditionnelles. L'inventaire des ressources naturelles devait s'appliquer à la situation réelle des populations pastorales; ainsi les facteurs socio-économiques devaient être pris en considération. Le problème était de savoir comment amener ces populations à repenser leurs méthodes de gestion des parcours à la lumière des longues périodes de sécheresse et des variations considérables de la pluviométrie.


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