AUTRES MANIFESTATIONS

LA FAO LUTTE CONTRE LES MALADIES DES ANIMAUX ET DES PLANTES: LE PROGRAMME EMPRES


Objectif

Faire rapport sur la mise en œuvre du Programme spécial de la FAO intitulé Système de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes (EMPRES) et examiner les différents obstacles rencontrés.

Contexte

Le Sommet mondial de l'alimentation de 1996 a reconnu la menace que les maladies animales et les ravageurs transfrontières des plantes faisaient planer sur la sécurité alimentaire, l'agriculture durable et le commerce international. L'Engagement No 3 du Plan d'action appelait à «assurer une prévention efficace et une maîtrise progressive des infestations de ravageurs et des maladies des animaux et des plantes, notamment lorsqu'elles sont de nature transfrontière comme la peste bovine, la tique du bétail, la fièvre aphteuse et le criquet pèlerin». La FAO dispose, au niveau institutionnel, d'un avantage comparatif lorsqu'il s'agit de faciliter et de coordonner la maîtrise et l'élimination des ravageurs et des maladies transfrontières des animaux et des plantes, car les interventions, pour être efficaces, exigent d'habitude la collaboration entre les pays. Des informations concernant le Programme EMPRES figurent dans nos brochures et sur notre site Web www.fao.org/empres/ .

EMPRES - Élevage

Le Programme EMPRES sur les maladies du bétail encourage quatre principes de base: alerte précoce, intervention rapide, coordination et promotion de la recherche. Des épizooties récentes (par exemple fièvre aphteuse en Europe et fièvre de la Vallée du Rift en Afrique de l'Est et dans la péninsule arabique) ont démontré le rôle crucial des systèmes d'alerte et de détection rapides pour lutter de façon efficiente et efficace contre les maladies. EMPRES met à profit des réseaux d'information et des liens de partenariat pour recevoir et analyser des données et tendances mondiales et diffuser des alertes rapides aux pays membres de la FAO.

Le Programme EMPRES, dans un désir d'aider les pays à améliorer leur plan d'intervention d'urgence, a rédigé des manuels de planification des interventions d'urgence contre la fièvre porcine africaine et la péripneumonie des bovins et il achève actuellement des manuels sur la lutte contre la fièvre de la Vallée du Rift et la fièvre aphteuse. Il a également mis au point un système d'information sur les maladies animales transfrontières (TADinfo) pour aider à gérer et analyser la situation zoosanitaire aux niveaux national et régional. Le Programme EMPRES lancera bientôt EMPRES-i, un système mondial d'alerte rapide mettant en corrélation des données sur les maladies animales, la santé animale et l'environnement.

Parmi les 16 principales maladies animales transfrontières, le Programme EMPRES-Élevage s'est principalement consacré à la lutte contre la peste bovine, la fièvre aphteuse, la péripneumonie des bovins, la peste porcine classique et africaine, la peste des petits ruminants, la fièvre de la Vallée du Rift et la maladie de Newcastle, pour la volaille. On peut citer, au nombre des principales réalisations d'EMPRES-Élevage:

  • Le Programme mondial d'éradication de la peste bovine, qui a permis de réduire cette maladie dévastatrice, responsable de la mort de millions de têtes de bétail et d'animaux sauvages en Afrique, en Asie et en Europe pour la circonscrire à quelques petites poches d'où la maladie devrait être éradiquée dans le courant de l'année prochaine.
  • L'éradication de la peste porcine africaine en Côte d'Ivoire et au Ghana (2000-2001)
  • L'éradication d'un nouveau virus de fièvre aphteuse en Afrique du Nord (1999)
  • Le lancement d'un Plan à l'échelle de l'hémisphère pour la maîtrise et l'éradication de la peste porcine classique dans les Amériques, dans le but d'éliminer cette maladie d'ici 2020 et de fournir un cadre de référence pour d'autres régions du monde souhaitant mener des interventions analogues.

EMPRES n'est pas un système de recherche, mais ses services d'analyse jouent un rôle essentiel dans la promotion d'une meilleure compréhension de l'évolution des maladies et des stratégies d'intervention. Il fournit également un appui aux laboratoires de références pour le diagnostic des maladies animales transfrontières et collabore largement avec l'AIEA, WAICENT et des centres universitaires répartis dans le monde entier.

Points à débattre

1. Limiter efficacement l'incidence des maladies animales transfrontières sur le secteur de l'élevage et donc sur la sécurité alimentaire mondiale;

2. Organiser un appui mondial concerté pour l'amélioration de la lutte raisonnée contre les maladies animales transfrontières;

3. Encourager et préserver la volonté politique nécessaire à de telles interventions.

EMPRES - Criquet pèlerin

Le Programme EMPRES sur les ravageurs des plantes a été lancé en 1994 avec un volet spécialement consacré à la lutte contre le criquet pèlerin (Schistocerca gregaria). Le criquet pèlerin est un fléau pour l'humanité depuis au moins deux millénaires. En cas d'invasion acridienne, les cultures et les pâturages de 65 pays d'Afrique, de la péninsule arabique et d'Asie du Sud-Ouest peuvent être menacés. Les pullulations se développent dans les zones désertiques et semi-arides où les paysans pauvres pratiquant l'agriculture de subsistance sont les premiers à être touchés.

Le Programme EMPRES/Criquet pèlerin a été conçu comme un programme de collaboration à long terme entre les pays de l'aire du criquet pèlerin, les donateurs et la FAO. L'accent est mis sur le renforcement des capacités des unités nationales afin d'assurer une lutte préventive par l'alerte précoce, l'intervention rapide et la recherche. Le programme est axé sur trois régions: la région occidentale (Afrique de l'Ouest et du Nord-Ouest), la région centrale (pourtour de la mer Rouge) et la région orientale (Asie du Sud-Ouest).

EMPRES/Criquet pèlerin est un programme de terrain qui cherche à mettre en œuvre de façon pratique une stratégie de lutte préventive. Dans la région centrale, il est pleinement opérationnel depuis 1997 où il travaille avec neuf pays participants, grâce à l'appui de six pays donateurs; il est maintenant arrivé à mi-parcours de sa deuxième phase. Dans la région occidentale, des activités pilotes et des travaux de recherche appliquée ont été réalisés depuis plusieurs années, mais on attend encore un appui de donateurs clé pour lancer un programme de terrain de grande ampleur. Dans la région orientale, les capacités ont déjà atteint un niveau plus élevé, mais on cherche un appui des donateurs pour aider à moderniser les méthodes et à les rendre plus respectueuses de l'environnement.

Parmi les principales réalisations d'EMPRES/Criquet pèlerin dans la région centrale, on peut citer:


  • exécution de programmes dans cinq pays afin de développer les capacités nationales d'alerte précoce et d'intervention rapide;
  • gestion des données pour la prise de décisions à l'aide d'un SIG «RAMSES» et traitement des images satellitaires pour l'identification des habitats des criquets dans les zones reculées;
  • plan d'intervention pour une meilleure préparation, selon différents scénarios d'infestations acridiennes;
  • formation intensive afin de créer un réseau national de formateurs pouvant former davantage de personnel national et faire face aux problèmes de rotation de personnel sans devoir faire appel à un appui extérieur;
  • création d'un cours universitaire en acridologie à l'université de Khartoum et appui aux institutions de la région pour la réalisation de travaux de recherche.

Dans la région occidentale, les réalisations sont les suivantes:

  • création d'une Commission de lutte antiacridienne, qui devrait tenir sa réunion inaugurale en septembre 2002;
  • renforcement de l'alerte précoce et de l'intervention rapide dans un pays clé de la région, la Mauritanie;
  • recherche appliquée sur les techniques de pulvérisation utilisées en lutte antiacridienne, grâce à un projet financé par un donateur, afin de réduire les quantités de pesticides employés et de remplacer des pesticides chimiques par des biopesticides plus respectueux de l'environnement.

En outre, l'expérience d'EMPRES a servi à enrichir les interventions menées par la FAO pour faire face à des situations d'urgence causées par d'autres espèces de criquet. En Afghanistan, la situation d'urgence acridienne actuelle débouchera sur un programme à moyen terme couvrant plusieurs pays de la région; ce programme aura recours à une stratégie préventive visant à réduire les risques de nouvelles situations d'urgence et utilisera, lorsque cela sera possible, des biopesticides. Malgré ces réalisations, il reste encore beaucoup à accomplir pour faire en sorte que les nouvelles méthodes et techniques de lutte préventive fonctionnent effectivement durant les périodes de recrudescence et aient un caractère durable.

Points à débattre

1. Il n'y a pas eu de grandes recrudescences acridiennes depuis 1997/98. L'absence de criquets tend à susciter un excès d'optimisme à la fois dans les pays de l'aire de répartition du criquet pèlerin et parmi les donateurs. Le passé nous a appris qu'un tel excès d'optimisme débouche souvent sur des recrudescences qui se développent à un niveau tel que les mesures de lutte deviennent très difficiles à mettre en oeuvre. C'était le cas lors de l'invasion acridienne de 1986-1989, pour laquelle il a fallu un financement des donateurs de 300 millions de dollars E.-U. pour contrôler la situation. Les activités d'EMPRES dans la région centrale sont financièrement viables jusqu'à la fin de 2003, mais celles de la région occidentale n'ont pas atteint leur vitesse de croisière, même si des promesses de financement ont été reçues. Comment maintenir l'intérêt des pays de l'aire du criquet et des donateurs pour qu'EMPRES puisse atteindre son objectif ?

2. La FAO cherche à appliquer des méthodes de lutte antiacridienne plus écologiques en utilisant des biopesticides dans toute la mesure possible, avec les avantages que cela suppose pour l'environnement, la santé des agriculteurs et celle des agents de lutte antiacridienne. Des pesticides chimiques classiques devront cependant être utilisés lorsque les cultures sont immédiatement menacées, car les biopesticides ont une action trop lente. On a besoin d'un engagement des donateurs, permettant d'assurer un marché stable des biopesticides ainsi que la disponibilité de stocks en cas de besoin.

 

 

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© FAO, 2002